Prelude : Shell est prêt à lancer son usine flottante de liquéfaction du gaz Prelude : Shell est prêt à lancer son usine flottante de liquéfaction du gaz

Prelude : Shell est prêt à lancer son usine flottante de liquéfaction du gaz

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Il a fallu dix ans à Shell pour mettre à l’eau Prelude, mais le moment de l’inauguration est enfin arrivé. Fin juin 2017, la première usine flottante de liquéfaction du gaz a pris le large pour rejoindre l’Australie et entamer son ultime phase de test. Prelude doit entrer en fonction dès 2018 et l’usine flottante est sensée changer la donne en matière d’exploitation du gaz : capable d’aller directement sur les sites offshore, Prelude permet d’extraire le gaz et de le transformer sous forme liquide pour le stocker et le transporter plus facilement. Ce système présente un avantage certain : plus besoin de gazoduc sous-marin pour cheminer le gaz naturel, ce qui représenterait une économie considérable pour le pétrolier. Avec ce nouvel atout, Shell espère reprendre la main en matière d’exploitation du gaz offshore et imposer un nouveau modèle, plus agile et plus performant.

Une usine flottante pour en finir avec les gazoducs

C’est en 2007 que l’entreprise pétrolière Shell a eu l’idée de se doter d’un FLNG (Floating liquefied natural gas), une usine flottante capable de liquéfier le gaz naturel à son bord pour le transférer dans des méthaniers et ensuite le transporter pour rejoindre les ports. A l’époque, d’autres entreprises pétrolières commencent à s’intéresser à ce nouveau concept d’exploitation. Mais bien vite, la chute du prix du baril de pétrole va fragiliser le marché des énergies fossiles, et notamment celui du gaz naturel qui est indexé sur le prix du pétrole. Les entreprises deviennent alors plus frileuses en matière d’investissements, surtout quand il s’agit de plusieurs milliards de dollars. La mise au point et la construction de Prelude vont coûter près de 6 milliards de dollars à Shell, et les dépenses ne s’arrêtent pas là. Il faut aussi compter le déploiement des puits d’exploitation et les installations sous-marines sur les zones d’extraction du gaz naturel. Au total, l’ensemble de ce projet devrait s’élever à 16 milliards d’euros sans compter l’énorme main d’oeuvre qu’il faudra employer pour faire tourner l’usine flottante.

Mais malgré les caprices du cours du pétrole, Shell tient bon : après dix ans de travail, Prelude touche bientôt au but et devrait entamer la production début 2018. Sa première mission sera de se rendre en Australie pour exploiter un champ de gaz pendant vingt-cinq ans. Et Shell ne semble pas s’inquiéter de la rentabilité de ce bijou d’ingénierie : la durée de vie totale prévue pour Prelude est de cinquante ans. De quoi rendre l’usine flottante rentable sur le long terme.

Pour l’instant, Prelude est le seul FLNG construit. Les phases de test doivent se poursuivre avant sa mise en service en 2018.

Un bijou d’ingénierie unique en son genre

S’il est plus petit qu’une usine de traitement du gaz naturel habituelle, Prelude offre pourtant des dimensions colossales au regard de son statut de « navire ». Conçu comme une usine flottante qui doit pouvoir embarquer toutes les installations nécessaires, il affiche des proportions titanesques : un demi kilomètre de long pour soixante-quinze mètres de large et un poids total de 600 000 tonnes. Pour réaliser le FLNG voulu par Shell, les entreprises responsables du projet, Samsung et TechnipFMC, ont vu les choses en grand et ont accouché de ce monstre six fois plus grand qu’un porte-avions. C’est dans le chantier naval de Samsung Heavy Industries, à Geoje en Corée du Sud, que Prelude a vu le jour. Côté ingénierie, les responsables du projet ont du repenser toutes les installations gazières habituelles pour les faire rentrer dans cette usine flottante. Mais le plus gros défi a été celui de la sécurité des installations : le froid cryogénique utilisé dans le processus de traitement du gaz naturel liquéfié peut fragiliser l’acier en cas de fuite ; toute la structure en métal de Prélude a donc du être recouverte d’un revêtement spécial qui ralentit le refroidissement de l’acier. Les ingénieurs ont également du mettre au point de quoi stabiliser le méthanier pendant le chargement du gaz naturel. Pour cela, il a fallu développer de gigantesques bras articulés fabriqués sur-mesure. Autre défi de taille : inventer un système d’ancrage pour garantir la stabilité de Prelude pendant l’exploitation du gaz. Pour cela, les ingénieurs ont mis au point une tourelle de 93 mètres de long et 50 mètres de diamètre. Elle permet d’ancrer toute la structure dans le fond marin mais aussi de faire pivoter la structure. Enfin, dernier point technique : tous les équipements embarqués à bord ont du être repensés pour être opérationnel en mer, même par forte houle, afin de résister aux tempêtes.

Une fois mis en activité, Prelude nécessitera la présence de 300 personnes pour faire fonctionner l’usine et atteindre l’objectif des 5,3 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié que Shell souhaite obtenir. Afin d’assurer une telle productivité, la cadence de travail sera adaptée avec des rotations de personnel afin que l’usine soit opérationnelle 24 heures sur 24.

Un investissement colossal mais encore beaucoup d’incertitudes

Alors le jeu en vaut-il la chandelle ? Avec une telle mise de départ, la rentabilité de Prelude semble difficilement atteignable à moyen terme. Par ailleurs, sa technologie est complètement innovante et même les experts de Shell ne peuvent pas imaginer de quelle manière la plateforme va évoluer dans les prochaines années ni quels genres de problèmes techniques pourraient survenir à long terme.

Le 29 juin 2017, Prelude a quitté le chantier naval de Corée du sud où il a vu le jour pour effectuer sa première traversée, direction l’Australie. Jusqu’à la fin de l’année 2017, il doit subir la dernière batterie de tests visant à le mettre en service début 2018. Si Shell réussit son pari avec ce premier FLNG, d’autres plateformes similaires pourraient voir le jour dans les prochaines années. Et bonne nouvelle pour les entreprises pétrolières intéressées : les coûts de construction devraient diminuer pour les prochains modèles vu que la technologie est désormais au point.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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