Romanche-Gavet : le symbole d’une filière hydroélectrique toujours plus performante - L'EnerGeek

Romanche-Gavet : le symbole d’une filière hydroélectrique toujours plus performante

Déjà fortement exploitée, la filière hydroélectrique française n’est pourtant pas encore arrivée à saturation et présente toujours un potentiel de croissance important. Optimisation et modernisation des équipements existants ou réalisation de nouvelles installations (en petite hydroélectricité notamment), les projets de développement sont nombreux, et laissent présager l’émergence de meilleures performances techniques et environnementales. En région Rhône-Alpes par exemple, le plus grand chantier hydraulique de France en cours sur le site EDF de Romanche-Gavet offre un bon aperçu des nouvelles techniques utilisées et des perspectives de développement pour les années à venir.

L’hydroélectricité, une filière énergétique en développement

Première énergie renouvelable de France, la filière hydraulique représente actuellement 20 % des capacités électriques nationales. Si sa production est variable d’une année sur l’autre en fonction des précipitations, elle s’est rapprochée en 2016 de ses valeurs historiques moyennes avec une production de 63,9 TWh correspondant à environ 12 % de la production électrique nette, dont 42,7 TWh produits par le groupe EDF. Rapidement mobilisable, la production hydroélectrique joue le rôle de variable d’ajustement entre la production et la consommation d’électricité, permettant de pallier les variations de consommation sur l’ensemble du réseau. Elle représente ainsi une énergie déterminante dans le processus de transition énergétique engagé par le gouvernement et continue de se développer dans l’Hexagone.

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Si 95 % du potentiel hydraulique national est déjà exploité en France, la filière poursuit en effet son expansion sur le territoire par la mise en œuvre de nouveaux projets sur le segment de la petite hydraulique, ou l’optimisation des aménagements déjà en service. Le groupe EDF par exemple, premier exploitant hydraulique de France, investit chaque année entre 400 à 450 millions d’euros pour améliorer les performances de son parc de production en augmentant sa puissance, sa disponibilité et sa sûreté d’exploitation. C’est notamment le cas en Isère où l’énergéticien mène depuis 2010 le chantier hydroélectrique de Romanche-Gavet dans le but d’augmenter la production hydroélectrique locale de 30% par rapport aux six centrales et cinq barrages préalablement installés le long de la Romanche.

Un chantier hydroélectrique d’exception

Ce nouvel aménagement entièrement souterrain s’étend sur près de 10 km le long de la vallée de la Romanche sur la commune de Livet et Gavet. Il comprend un barrage de prise d’eau, une centrale logée dans des cavernes (de 70 m de long et de 35 m de haut) creusées à l’explosif, et des tunneliers sur plus de 10 kilomètres destinés à amener l’eau du barrage jusqu’à la centrale.

Construit dans le lit d’origine de la rivière et terminé depuis fin 2016, le barrage de Livet tout d’abord a été inauguré en janvier dernier après plusieurs essais effectués à sec et en eau. Il remplacera les cinq barrages actuels et permettra, au sein de la future installation, de maintenir une hauteur d’eau constante au niveau de la prise d’eau de la galerie, pour assurer le bon fonctionnement de la centrale hydroélectrique. Mené en parallèle, la partie génie civil du chantier arrive elle aussi à son terme avec la fin des opérations de déconstruction de l’usine dans la caverne souterraine. Le bétonnage du dernier étage de l’usine, construite dans une caverne souterraine creusée au cœur de la montagne est terminé, et le tunnelier déjà creusé sur plus de 8,5 km de galerie sur les 10 km au total. Cette galerie d’amenée remplacera quant à elle des kilomètres de canaux et de conduites forcées qui sillonnent aujourd’hui la vallée.

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Au final, plus de 250.000 m3 de roche auront été extraits de la montagne et des techniques de creusement inédites (explosif, aux tunneliers, au raise-drill, etc.) auront été employées afin de mener à bien le projet et d’intégrer près de 75% de l’installation au corps de la montage (seuls le barrage et les ouvrages de restitution de l’eau à la rivière sont visibles depuis la vallée). Une fois terminée, en 2020, la centrale de Romanche-Gavet permettra de produire 560 GWh/an, soit l’équivalent de la consommation de 231.000 habitants, tout en limitant considérablement son impact sur l’environnement et les écosystèmes avoisinants.

Des retombées économiques, sociales et environnementales pour le territoire

Conçu au fil de l’eau (qui ne forme pas de retenue) et en grande partie souterraine, la future centrale de Romanche-Gavet, sera en effet plus respectueuse de l’environnement et mieux intégrée au paysage. Le démantèlement des six anciennes centrales permettra, de « renaturer » une grande partie du cours d’eau et de restaurer la continuité hydraulique et piscicole sur plus de 10 km le long de la Romanche. Pour cela, plusieurs techniques de « génie végétal » et des programmes de plantation de végétaux issus d’un rayon maximal de 25 km aux alentours, ont été mis en œuvre, et une passe à poissons a été installée sur le barrage de Livet.

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Les écosystèmes des vallées de la Romanche et de l’Oisans devaient donc profiter pleinement des atouts de cette nouvelle installation tout comme le territoire dans son ensemble. Les acteurs locaux ont bénéficié durant ces cinq dernières années de retombées positives permettant de redynamiser l’activité économique et sociale d’une région en proie à la désindustrialisation. Dès le début du chantier en 2012, le projet de Romanche-Gavet a accordé une place importante au savoir-faire local, privilégiant la mobilisation de prestataires issus de la région. Au total, le chantier a mobilisé durant les périodes de haute activité, plus de 300 emplois directs et indirects et près de 100 entreprises extérieures. Les appels d’offres lancés par EDF à cette occasion contenaient par ailleurs une clause d’insertion sociale (inédite dans le cadre d’un appel d’offres lancé par une entreprise de droit privé) contraignant les sociétés sélectionnées à embaucher au minimum 5% de leurs employés parmi des personnes en situation d’insertion sociale. A ce jour, 11 personnes en situation de précarité ont été employées à temps complet grâce à cette procédure.

Crédits photo : Christophe Huret – EDF

Rédigé par : La Rédaction

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