Le projet d’oléoduc Keystone bénéficie du feu vert de Trump Le projet d’oléoduc Keystone bénéficie du feu vert de Trump

Le projet d’oléoduc Keystone bénéficie du feu vert de Trump

C’est un projet qui n’a rien de nouveau : l’oléoduc Keystone XL fait débat depuis presque dix ans aux Etats-Unis. Mais après huit années de blocage par l’administration Obama, le président Trump vient enfin de donner le feu vert pour que le projet de construction d’un grand oléoduc nord-américain commence. Et avec lui, c’est tout le secteur pétrolier qui se félicite car l’oléoduc Keystone devrait changer la donne à long terme en matière d’approvisionnement de pétrole pour les américains. Dans un pays où l’indépendance énergétique est une idée fixe, ce nouveau projet pro-pétrole est aussi une occasion de rappeler la place prépondérante que les hydrocarbures tiennent dans l’économie nord-américaine.

Un projet vieux de 10 ans

C’est en 2007 que l’idée d’un grand oléoduc nord-américain pour relier le Canada aux Etats-Unis a vu le jour. Et la première demande officielle pour lancer les travaux date de 2008. L’idée de l’entreprise pétrolière TransCanada est simple : il faudrait construire un oléoduc de très grande capacité, et long de plus de 2 000 km, pour acheminer le pétrole issu des sites de production de l’Alberta, au Canada, vers le sud des Etats-Unis. De là, le brut pourrait alors être acheminé vers les raffineries du Golfe du Mexique via les oléoducs qui existent déjà. Le projet d’oléoduc Keystone XL permettrait donc de transporter quelques 830 000 barils de pétrole par jour.

Même si l’administration canadienne se montre favorable au projet de construction, l’oléoduc rencontre de nombreuses difficultés aux Etats-Unis où Barack Obama, alors président, se montrait très réfractaire à l’idée de construire un oléoduc sur le territoire du Nebraska. Le projet n’est pas alors jugé de vitale importance pour l’approvisionnement du pays. A cette époque, les représentants écologistes et plusieurs associations pro-environnement reprochent au projet de vouloir saccager des régions protégées au Nebraska. Et le fait que le pétrole dont il est question soit extrait de sables bitumeux particulièrement polluants n’arrange rien à l’image de marque du projet.

Le tracé de l’oléoduc Keystone prévoit plus de 2 000 km depuis la province de l’Alberta, au Canada, jusqu’au Golfe du Mexique, dans l’état américain du Texas.

Surtout, le projet d’oléoduc Keystone est en compétition avec la politique environnementale menée par l’administration Obama. Le président ne veut plus encourager l’industrie de l’énergie fossile à n’importe quel prix. Il souhaite développer les énergies renouvelables, et pendant ses deux mandats, il ne fait donc pas de la construction d’un nouvel oléoduc une priorité.

La priorité énergétique de Trump : défendre les énergies fossiles

La donne change rapidement avec l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Le nouveau président n’a jamais caché pendant la campagne ses sympathies à l’égard de l’industrie pétrolière (plusieurs de ses hauts dirigeants font d’ailleurs partie de son administration, à l’image de l’ex PDG d’Exxon-Mobil Rex Tillerson, devenu chef de la diplomatie américaine). De fait, quelques jours seulement après la prestation de serment de janvier 2017, le dossier de l’oléoduc Keystone se trouvait sur le bureau du nouveau président des Etats-Unis. Et tout s’est finalement concrétisé le 27 mars 2017, lorsque Donald Trump a officiellement donné l’accord pour les travaux du projet Keystone.

Selon la Maison Blanche, ce permis présidentiel vise à soutenir une initiative qui servira l’intérêt national. Le président Trump espère ainsi que l’oléoduc permettra de créer des emplois, de dynamiser l’économie américaine, et surtout d’assurer l’indépendance énergétique des Etats-Unis, un pays dans lequel la question des ressources pétrolières demeure un enjeu énergétique prédominant. Mais c’est aussi l’occasion pour le président d’affirmer plus que jamais son soutien au secteur de l’industrie des énergies fossiles.  Pour lui, les énergies fossiles et leur développement doivent être une priorité pour assurer la couverture des besoins énergétiques de la population américaine. Avec la promesse de plus de 800 000 barils de pétrole brut acheminés chaque jour du Canada vers les Etats-Unis, Trump espère ainsi se dégager d’une partie des approvisionnements issus du Moyen-Orient. Il est donc vital pour lui que le projet de construction se concrétise rapidement.

L’oléoduc Keystone : une aubaine pour le Canada

L’autre grand gagnant de ce feu vert présidentiel, c’est bien sûr le Canada. Placé au cinquième rang mondial dans le classement des pays producteurs d’hydrocarbures, le Canada est depuis des années l’une des principales sources d’approvisionnement de pétrole des Etats-Unis. Mais le pays a été touché de plein fouet par la crise pétrolière et l’effondrement du cours du pétrole. Alors qu’il valait 110 dollars en 2014, le baril est passé sous la barre des 30 dollars en 2016, ce qui a considérablement fragilisé le secteur pétrolier canadien. Depuis trois ans, les principales entreprises pétrolifères du pays réclament au premier ministre, Justin Trudeau, et à son administration de donner leur feu vert à la construction de nouveaux oléoducs afin d’augmenter la capacité d’exportation du pays. D’autant que les capacités de production du Canada sont tout sauf modestes : le pays produit un peu moins de 4 millions de barils de pétrole par jour, et sa capacité de production devrait augmenter dans les années à venir pour atteindre 6 à 7 millions de barils à l’horizon 2040.

Dans un tel contexte, l’oléoduc Keystone représente donc un débouché commercial crucial pour la filière pétrolière canadienne. Les Etats-Unis sont déjà le premier pays importateur de pétrole canadien, et l’oléoduc Keytsone permettrait d’augmenter encore les échanges commerciaux entre les deux voisins. A l’annonce du feu vert accordé par le président Trump, le premier ministre canadien s’est d’ailleurs félicité de la chance qui était donnée au projet Keystone de voir le jour. Mais la route est encore longue avant la construction de l’oléoduc : de nombreuses ONG pro-environnement ont déjà décidé de mener des actions en justice pour empêcher le projet de voir le jour.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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