ENR et nucléaire, deux options complémentaires ? ENR et nucléaire, deux options complémentaires ?

EnR et nucléaire, deux options complémentaires ?

Le 8 mars 2017, la Société Française de l’Énergie Nucléaire (SFEN) a organisé une journée de débats afin de s’interroger sur la complémentarité entre les énergies renouvelables et le nucléaire. Plusieurs experts, tels que Manuel Baritaud (AIE) et  Jean-Guy Devezeaux de Lavergne (CEA), ont souligné l’importance de ne pas opposer les énergies bas carbone électriques. Pour répondre à l’urgence climatique aussi bien qu’aux contraintes techniques du réseau électrique continentale, ces deux technologies seront probablement systématiquement associées à l’avenir…

L’alliance des énergies bas carbone face au réchauffement climatique

Du Groupe International d’Experts sur le Climat (GIEC) à l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), plusieurs organisations tentent de prévoir le mix-électrique du futur qui permette de respecter les engagements climatiques internationaux. Or, depuis la COP21 et l’objectif de limiter « bien en-deçà de 2°C » le réchauffement climatique, aucune énergie bas carbone semble pouvoir être écartée.

Et pour cause, alors que les objectifs de la transition énergétique sont calqués sur le facteur 4, le respect des engagements de l’Accord de Paris ne suffirait pas non plus à endiguer la hausse des températures de deux degrés Celsius d’ici 2100. Comme l’explique l’AIE par l’intermédiaire de Manuel Baritaud, pour atteindre simplement l’objectif 2°C il faudrait commencer immédiatement à réduire les émissions de CO², pour qu’en 2100 le secteur de l’énergie ne produise plus du tout de CO2. C’est pourquoi, dans tous les scénarios d’anticipation élaborés par l’AIE et détaillés dans le World Energy Outlook 2016, les capacités de production de l’énergie nucléaire doivent progresser pour permettre la décarbonatation du secteur électrique.

La complémentarité entre les énergies variables et les énergies pilotables

L’énergie hydraulique et l’énergie nucléaire sont considérées comme des énergies pilotables, à l’instar des énergies fossiles. Si la possibilité de contrôler les réserves des lacs de barrage n’étonne guère, l’expert d’EDF Stéphane Fleury indique dans la dernière édition de la Revue Générale du Nucléaire « qu’un réacteur du parc français peut varier de 100 à 20% de sa puissance en une demie heure, et remonter aussi vite après un palier d’au moins deux heures et ce deux fois par jour ».

Dans ces conditions, les énergies pilotables bas carbone apparaissent comme un complément idéal aux énergies variables bas carbone. Du fait de l’intermittence des énergies renouvelables et des capacités de stockage de l’électricité limitées, il importe effectivement de disposer à tout moment d’une puissance de réserve pour garantir le bon fonctionnement du réseau électrique.

Le mix électrique de la France comparé à celui de l’Union Européenne

Pourtant, en France, la loi de transition énergétique prévoit de réduire la part du nucléaire au sein du mix électrique. Comme le soulignait le directeur du parc nucléaire d’EDF lors de la journée technique de la SFEN, Dominique Minière, à l’horizon 2025 l’atome ne devra plus représenter que 50% de la production d’électricité. Dans un même temps, chez nos voisins allemands, première puissance industrielle et démographique du continent, la chancelière Angela Merkel a décidé précipitamment d’abandonner cette technologie tout en promettant d’accélérer l’Energiewende.

Aussi bien qu’aujourd’hui, d’après Eurostats, la production de l’électricité de l’Union Européenne est assurée à seulement 27,4% par le nucléaire et à 13,2% par l’hydraulique. Les énergies renouvelables sont pour leur part très minoritaires, puisque l’éolien représente tout juste 8% de la production continentale et le photovoltaïque à peine 4%. Par conséquent, pour maintenir un semblant d’équilibre entre les énergies variables et les énergies pilotables, tout en réduisant la part des énergies fossiles (charbon, gaz naturel et fioul) estimée à 47,5%, le nucléaire français reste incontournable.

A ce stade, il est aussi intéressant de rappeler les estimations du GIEC sur l’empreinte environnementale des différentes énergies. A en croire ses calculs, le nucléaire présente un bilan carbone qui plaide largement en sa faveur. En effet, sur l’ensemble de son cycle de vie, il émet en moyenne 12g de CO²/KWh, soit autant que l’éolien off-shore et nettement moins que le solaire photovoltaïque, dont le bilan carbone est estimé entre 40 et 45 g de CO²/KWh.

Le nucléaire français, une solution pour le système électrique européen

Sur un plan strictement financier, les controverses sont nombreuses. Ainsi, le président de la section technique économie et stratégie énergétique de la SFEN, Jean-Guy Devezeaux de Lavergne, nuance les résultats de la dernière étude de l’Ademe sur la compétitivité des énergies renouvelables. Pour ce faire, il invite notamment à s’intéresser à la facture globale de chaque source d’approvisionnement énergétique. Il distingue en particuliers « les coûts aux bornes » et « les coûts de système ». Selon lui, même si « ces coûts de système ne sont pas nuls pour les moyens commandables (…) ils sont plus importants pour les énergies variables ». Mais surtout, en plus des impacts financiers à prendre en considération, le directeur scientifique de la Chaire Economie du climat de l’Université Paris Dauphine, Jacques Percebois, se demande « s’il existe ou non un seuil d’électricité variable à ne pas dépasser si l’on veut éviter des difficultés d’approvisionnement sur le réseau interconnecté » ?

Afin de répondre à cette question, on peut se référer aux travaux des équipes recherche et développement d’EDF, présentés par le Vice-Président Energy Management, Alain Burtin. Ce dernier affirme que « la gestion de l’intermittence des productions  éolienne et photovoltaïque constitue un challenge pour l’ensemble du système électrique ». En effet, même si « les modèles de prévision météo couplés à des mesures de production en temps réel permettent de réduire les incertitudes », il précise aussi que « la contribution du nucléaire dans la base est nécessaire pour obtenir la réduction de CO² attendue ». Dans cette perspective, il serait particulièrement intéressant de réaliser une programmation pluriannuelle de l’énergie au niveau européen. On s’apercevrait alors probablement que la part du nucléaire français, rapportée à l’ensemble des moyens de production, serait somme toute à peine suffisante pour trouver un équilibre entre énergie variable et énergie pilotable, dans l’hypothèse où la réduction des hydrocarbures serait vraiment prioritaire.

L’ENTSO-E prépare déjà des investissements

D’ores et déjà, dans le but d’anticiper tous les sénarios, l’agence européenne des gestionnaires de réseau (ENTSO-E) a réalisé quelques calculs. D’après les résultats publiés dans le cadre du Highway 2050 Booklet, des investissements chiffrés entre 10 et 20 milliards d’euros par an seront quoi qu’il arrive nécessaires à l’échelle européenne pour faire face à l’augmentation de la part des EnR. A terme, toujours selon ses estimations, de pareils investissements pourraient néanmoins rapportés aux pays membres entre 14 et 55 milliards, notamment grâce à une réduction des coûts de combustible, ainsi que du fait de la diminution du nombre de moyens de production de pointe.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Quand on lit en détail toutes les études citées on obtient d’autres conclusions que celles de la Société française de l’énergie nucléaire (SFEN) qui prêche évidemment pour sa paroisse ! Point de vue peu partagé dans les autres pays européens.

    A savoir :

    Au plan mondial :

    Les gagnants des 25 prochaines années sont les renouvelables et malheureusement aussi encore un temps le gaz et la nécessité pour les renouvelables d’étendre leurs applications à d’autres secteurs et plus largement à d’autres formes que l’énergie électrique.

    Pour le World Energy Outlook 2016 :

    « Renewables and natural gas are the big winners in the race to meet energy demand growth until 2040. We see clear winners for the next 25 years – natural gas but especially wind and solar – replacing the champion of the previous 25 years, coal,” said Dr Fatih Birol, the IEA’s executive director.

    “Renewables make very large strides in coming decades but their gains remain largely confined to electricity generation,” said Dr Birol. “The next frontier for the renewable story is to expand their use in the industrial, building and transportation sectors where enormous potential for growth exists.”

    Et au plan européen :

    « Europe’s future secure and sustainable electricity infrastructure e-Highway2050 project results »

    Comme on le savait l’approche de l’énergie à ce niveau s’avère excellente sur tous les plans et procure les meilleurs bénéfices (çà ne va pas faire plaisir à Marine le Pen, Asselineau, Mélenchon et Dupont-Aignan qui sont, c’est le cas de le dire à « contre-courant » !)

    On constate en outre la confirmation de la stabilité de l’énergie éolienne à l’échelon européen où sa part dans un scénario maximal 100 % est de l’ordre de 50 % (2 autres quarts pour l’hydro et le solaire).

    Les évolutions dans les technologies de stockage et leur baisse de coûts, récentes et peu prises en compte dans ces études ne font d’ailleurs que renforcer la pertinence de ces conclusions et scénarios.

    Les mix les plus intéressants sont ceux avec un maximum d’énergies renouvelables où l’inconvénient d’un renforcement de réseaux (impératif dans tous les mix) notamment Nord Sud est compensé par les importants bénéfices obtenus.

    The costs of investment in grid expansion depend on the scenarios. The study demonstrates that the benefit for the European economy, resulting from an optimal use of energy sources, would largely exceed these costs in all cases. Indeed, up to 500 TWh of RES curtailment and 200 mega tons of CO2 emissions would be avoided annually.

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    • Vous nous parlez beaucoup et souvent de stockage. Pouvez-vous rentrer dans le détail ? Avec des exemples, leur capacité, leur coût ? Merci d’avance.

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      • @ Bachoubouzouc : j’ai déjà évoqué avec vous et Open-Mind le stockage en mettant beaucoup de liens, capacités et gammes de prix. Je ne vais pas à chaque fois refaire un long texte sur ce sujet qui est très vaste, comporte beaucoup d’approches et évolue en plus de mois en mois tellement de centres de R&D travaillent sur ce sujet au plan international qui comprend aussi tous les transports.

        On a répertorié environ 300 solutions de stockage dans le monde dont une centaine ont été retenues comme ayant un rendement élevé et des prix, soit déjà compétitifs soit proches de l’être.

        Les approches ne sont pas exactement les mêmes selon les pays et régions compte tenu de facteurs de géographie, densité, réseau etc et se situent à plusieurs niveaux : réseaux, villes, quartiers ou individuel.

        Vous estimiez les besoins de stockage pour la France à environ 100 TWh pour une consommation que quelques 425 TWh annuels.

        Toutes les modélisations (plus d’une dizaine d’études de différentes sources) intégrant les pires conditions climatiques sur les pires durées – que l’on n’a jamais connu en près de 2 siècles ! – aboutissent de mémoire en moyenne à environ 18% de stockage maxi pour la France soit moins que cela si l’on raisonne pourtant sur le système centralisé actuel (donc assez inefficient pour l’approche des renouvelables qui interviennent sur de nombreux angles tant en aval qu’en amont alors que le nucléaire n’intervient qu’à partir d’une source en amont donc enregistre une cascade de pertes et d’inefficiences).

        Les différents scénarios sur la plupart des pays maintenant étudiés (environ 150) et confirmés par plusieurs universités et organismes spécialisés sur l’énergie dans le monde donnent toujours un % de stockage majoritairement inférieur à 20%.

        A l’échelon européen on a repéré les améliorations de réseau électrique à effectuer et on aboutit donc à moins de besoins de stockage encore comme les études de l’article plus haut le rappellent également cartes à l’appui.

        D’où ma remarque à l’égard des politiques qui voudraient détruire l’Union européenne, dans ce domaine comme beaucoup d’autres jamais abordés et pour le simple réseau européen ce serait au minimum 500 TWh perdus chaque année, ce qui en prix et pollutions serait très conséquent puisque supérieur à la seule consommation annuelle française.

        Mais c’est sans compter la correction des excès de notre consommation liés à notre modèle centralisé.

        Au départ le lissage des variations de réseau sont parfaitement réglées par les volants d’inertie qui répondent en moins de la minute et pour environ 72 heures maxi (voir EDF et Stornetic entre autres). C’est en plus un avantage dans l’utilisation ensuite de batteries dans la chaîne (meilleure réponse globale et durée de vie augmentée). Leur prix est rapidement amorti, ils durent environ 30 ans et ont encore un potentiel d’amélioration.

        Les batteries de flux sont plus intéressantes que les classiques (type Li-on etc) au plan des prix comme dans l’absence de pertes de charge et la quasi absence de pertes de capacités dans le temps pour les meilleures. On peut citer beaucoup de sociétés sur ce sujet y compris au plan individuel, par exemple Redflow déjà vendu dans plusieurs pays.

        Un système longue durée pas cher du tout de stockage de chaleur d’été pour l’hiver et qui a largement fait ses preuves depuis plus de 10 ans dans l’Alberta au Canada (région pourtant froide) avec les pires années 97% de couverture minimum est développé dans d’autres régions et pays dont Allemagne, Pays-bas etc

        Il peut être très largement généralisé dans le monde et donc tout comme les réseaux de chaleur très en retard en France réduire plus que fortement la demande en aval y compris nos fameux pics de consommation qui nous font faire à prix très élevé des grands écarts chaque hiver. Pour mémoire les danois, dont le pays n’est pourtant pas très ensoleillé, approvisionnent une bonne part de leurs réseaux de chaleur avec du solaire thermique depuis des années

        http://news.stanford.edu/2015/11/23/plan-energy-storage-112315/

        Il existe de multiples systèmes de pompage, les allemand ont validé avec succès économique et technique les tests du projet Stensea par exemple qui va être repris en Suisse etc. Il en existe plein d’autres dans le monde qui ont tous des capacités importantes et des prix compétitifs ou rapidement amortis.

        On est au début de ce développement en série donc les prix sont encore amenés à baisser rapidement comme les graphiques prospectifs le montrent.

        Le stockage d’air comprimé adiabatique (avec récupération de chaleur) offre également des rendements jusqu’à 90% et des coûts modérés vite amortis. Il peut même s’appliquer à l’échelon d’un quartier ou d’un immeuble (Air4power).

        Il y a bien sûr la production d’hydrogène et son stockage jusqu’à 25% grand maxi dans le réseau gaz/biogaz qui est énorme (plusieurs fois notre consommation équivalente électrique).

        Son stockage sous d’autres formes est pour le moment un peu plus cher mais vus les bas prix des énergies renouvelables c’est envisageable relativement rapidement (voir entre autres les programmes européens sur le sujet et beaucoup de sociétés sur le secteur hydrogène dans le monde dont le Japon qui a mis en place un programme d’Etat stratégique depuis pas mal d’années). De même que les différentes combinaisons chimiques de l’hydrogène qui sont également intéressantes pour de plus grands stockages ou la captation de CO2 sur site etc.

        Le stockage par air liquide (laes) permet également des prix compétitifs et des capacités importantes en série comme développé notamment en Grande-Bretagne.

        Le stockage pour une quinzaine de jours dans du silicium fondu comme en Australie (1414degrees) pour un coût 10 fois moins élevé que les batteries a d’importantes capacités pour le réseau et une ressource largement disponible.

        Les stockages à plus petites échelles (quartier, individuel etc) ne sont pas à négliger (les batteries salines ont là également un intérêt pour leur coût modéré et l’absence de dangerosité de même que les batteries de flux qui semblent aussi avoir un intérêt important dans le transport avec plusieurs sociétés sur le sujet). De même les PCM avec Sunamp notamment en Grande Bretagne ou Stiral en France.

        Voilà rapidement quelques stockages pour leur grande majorité de longue durée à des prix déjà compétitifs ou sinon proches de l’être et pouvant être développés en série pour des capacités élevées.

        Je ne vous ai pas indiqué de prix précis pour chaque technologie faute de temps et vus les variantes de procédés et situations mais il faut se référer pour être plus exact à chaque projet dont soit les prix sont déjà connus puisque la technologie est déployée, soit ce sont des projections confirmées par d’autres sociétés ou études. Dans la majorité des cas ce sont des investissements rapidement amortis, confirmés par leur développement déjà commencé pour certaines ou en cours pour d’autres.

        Le développement en série et au plan mondial fait ensuite encore plus vite baisser ces prix d’où la fébrilité des intervenants sur ce secteur depuis déjà quelques années qui ont compris le changement en cours.

        Il y a encore beaucoup de systèmes de stockage que je n’ai pas cité et d’autres technologies qui vont modifier encore nos approches.

        D’où la nécessité si l’on ne veut pas encore rater des marché et opportunités mondiales de ne pas avoir une vision passéiste comme je le lis trop souvent ici.

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    • @ Energie+ Disons que dans les plans européens (très influencés par les pays du nord), la règle est de transférer une bonne partie des consos sur les fossiles (gaz)… car l’industrie de nos voisins nordiques est trés orientée fossiles (fabricants de chaudières,…). Cette approche va certes réduire les émissions par un gain de performances, mais ce concept est limité en terme de diminution des émissions de GES . Si on inclue les fuites de gaz, c’est même probablement contre productif.

      Chercher au contraire à réduire le recours aux fossiles par une augmentation des énergies décarbonnées (et donc par conséquent une vision trés « mix électrique ») n’est concevable que pour un coût de système faible (moyen de production, stockage et transport). C’est actuellement inaccessible aux ENR (et il est vrai difficile même pour le nucléaire).

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      • @ Hervé : çà ne fait pas du tout partie des programmes européens donc de chaque pays de développer les énergies renouvelables avec du gaz ou du charbon que ce soit au Nord ou ailleurs au Sud en Espagne, Italie, Portugal etc ! (en outre les Pays du Nord n’ont plus guère de gaz, seule avec la Pologne, l’Allemagne a encore beaucoup de charbon mais les allemands n’en veulent plus pour la majorité).

        L’objectif est bien de réduire les émissions selon des objectifs précis dans le temps de même que la dépendance.

        Si certains opérateurs profitent du bas prix du charbon ou autre pour l’exploiter c’est parce que le prix du C02 est trop bas, que la distribution de quotas a été généreuse, qu’il y a des questions d’emplois, des aspects politiques régionaux etc !

        Cà n’est nullement une fatalité ou une nécessité d’associer renouvelables et gaz ou autre fossile.

        Au contraire les renouvelables variables et des centrales thermiques ne donnent pas des résultats très efficients (délais de mises en route, rendement pas le meilleur, coûts etc) et çà a en plus coûté cher aux opérateurs d’investir à tort dans ces domaines fossiles thermiques par manque d’anticipation de la baisse du prix des renouvelables, c’est parmi d’autres le président d’EON lui-même qui l’a admis très officiellement dans un discours en 2014.

        Les conclusions des différentes études qui commencent à être très détaillées sur le sujet vus les retours pratiques c’est : améliorer les réseaux européens, développer les renouvelables, l’efficacité énergétique et le stockage.

        Au plan mondial même l’IAE pourtant conservatrice précise dans un rapport de 700 pages :

        « The International Energy Agency, has concluded that wind and solar will become the dominant source of energy in most major economies within two decades, and renewable energy will account for 60 per cent of all generation by 2040 »

        http://reneweconomy.com.au/iea-makes-mockery-of-turnbulls-renewable-energy-scare-campaign-2040/

        Il y a en outre les engagements de la COP 21 et suivante de ces pays.

        On constate d’ailleurs bel et bien que ces pays progressent dans ce sens. Normal vu le prix de plus en plus bas des renouvelables et celui du stockage qui commence à attirer les opérateurs (voir les achats dans ce secteurs et les graphiques de cours comme prospectifs, entre autres preuves de ce mouvement en cours).

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  • Concernant un point dans l’article: dans la troisième partie la rédaction du texte laisse a penser que l’hydraulique ne fait pas partie des renouvelables.

    Sinon je suis en partiel désaccord avec le sens de ce texte.
    Si on cherche à réduire les émissions de CO2, il est clair qu’un Mix nucléarisé est la voie la plus facile et performante pour y parvenir. Le recours à forte dose aux ENR, en tenant compte du cycle de vie de l’ensemble du système et du backup actuel sont au mieux au même niveau qu’un mix 100% gaz optimisé.

    Dans ce contexte, l’article a plutôt raison en disant qu’on doit favoriser l’association ENR / nucléaire qui est le seul moyen actuellement accessible pour réduire considérablement les émissions de CO2.
    Cependant, si on creuse un peu plus, lorsque on a un « backup nucléaire », à quoi servent les ENR???? ça fait un peu cher du Kg de déchet économisé…. Surtout si on démocratise la techno RNR qui n’en produit pas beaucoup.

    Pour raison technico-économique, le nucléaire est complémentaire que des ENR stockable (Bois, hydraulique) et peu l’être que très partiellement avec les ENR fatales imprévisibles (vent, PV, )

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    • @ Hervé : comme je l’indiquais dans mon premier post, c’est un article émanant ou inspiré de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN) et j’ai constaté après avoir lu les liens des études citées en détail que les conclusions ne correspondaient pas.

      C’est d’ailleurs incohérent puisque par exemple les allemands n’ont pas changé d’avis sur le nucléaire et ne vont pas rouvrir des centrales, çà coûterait un maximum et représenterait des délais incompatibles avec l’urgence climatique ! Ils ont en outre toujours un problème majeur de stockage des déchets nucléaire et l’approche décentralisée ne correspond plus.

      Dans la rubrique nucléaire d’Energeek et pour cet article notamment je vous invite donc à lire en détail les études citées pour vous faire votre propre opinion, çà vaut la peine d’être mieux informé pour mieux comprendre les problématique réelles de l’énergie et pas des conclusions qui là ont été hâtives.

      Vous pourrez d’ailleurs lire notamment dans l’étude : « Europe’s future secure and sustainable electricity infrastructure e-Highway2050 project results » que l’éolien n’est pas aussi intermittent qu’on le croit à l’échelon européen et ce depuis 30 ans que les données précises existent et qui sont publiées entre autres par l’EMHIRES.

      Répondre
  • @ CO2 : Pour rappel l’Allemagne, le Danemark et la France n’ont pas la même histoire industrielle ni les mêmes ressources fossiles. Cela étant le contenu moyen en CO2 du kWh électrique allemand est passé de 761g de CO2/kWh en 1990 à 569g/kWh en 2014, soit une diminution de 25 %, supérieure à la nôtre (moins de 17% dans le même temps avec en plus forte aggravation des émissions des produits importés, nous plaçant à niveau équivalent en terme d’émissions par habitant avec l’Allemagne).

    De plus EDF a aussi profité en France de façon opportuniste de la baisse des prix du charbon.

    C’est donc nous qui n’avons pas fait assez d’efforts en termes d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables, moins émettrices que le nucléaire comme votre lien Wikipédia ou les miens le rappelait, car nous aurions pu avoir de meilleurs résultats. Cà se traduit aussi en terme de différentiel de produits à l’export donc de revenus inférieurs pour nous et en nombres d’emplois où l’Allemagne comme le Danemark font également mieux à la population rapportée.

    Il faut donc regarder les tendances moyen long terme et toutes les données et nous n’avons pas vraiment de quoi faire cocorico.

    http://decrypterlenergie.org/la-sortie-du-nucleaire-en-allemagne-entraine-t-elle-une-hausse-des-emissions-de-co2

    .

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  • Nucléaire et hydraulique fournissent déjà bien plus que la consommation Française. A quoi bon développer sans cesse de nouvelles capacités ?

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  • Le parc nucléaire a un âge moyen de 34 ans et les barrages ont également un âge avancé qui nécessitent des améliorations et contrôles plus fréquents. La prolongation des centrales pose des problèmes techniques imprévus, complexes et coûteux comme on le voit aux Etats-Unis notamment donc il y a lieu d’anticiper, ainsi que la multiplication des problèmes et la hausse des coûts et des risques le démontrent et que l’ASN relève régulièrement.

    Il y a toujours un seuil limite.

    Ce n’est donc pas un simple ajout de capacités c’est une adaptation en fonction des évolutions technologiques, de meilleurs coûts, de plus d’efficacité énergétique, de moins de risques, d’anticipations de la fermeture de réacteurs trop âgés, du marché mondial, de savoir-faire technologique, d’export, d’emplois etc.

    On dépend encore à 53% d’énergies fossiles importées pour quelques 70 milliards d’euros par an. Tous les 10 ans c’est 30% de l’endettement actuel du pays qui pourrait être supprimé, çà mérite de traiter le problème.

    Il n’y a de l’uranium que pour 50 à 70 ans c’est court à l’échelon du monde et d’un pays très dépendant comme la France en particulier.

    A l’échelon européen une meilleure configuration du réseau avec les renouvelables compte tenu des avantages géographiques respectifs c’est plus de 500 TWh par an économisés soit plus que la consommation françaises de quelques 425 TWh. Ne rien faire n’aurait pas de sens.

    A plan français les unités de biogaz mises en place progressent techniquement et bien utilisées en injection sur le réseau ont un très bon bilan et on peut encore faire mieux techniquement. On a également un potentiel plus de 10 fois supérieur en terme de capacités rien qu’avec les sous-produits agricoles, déchets etc donc sans ajouts.

    C’est mieux que les émissions naturelles de méthane et autres gaz plus polluants ou les torchères encore existantes dans les « centre techniques d’enfouissement » plus communément appelées décharges ou centre de retraitement. C’est en outre favorables aux communes, agriculteurs etc. et si le coût en France est plus cher que dans d’autres pays européens il diminue régulièrement et s’amortit assez rapidement.

    On n’a encore que 6% de réseau de chaleur pourtant très efficient.

    Les finlandais entre autres travaillent depuis longtemps à basse température sur ces réseaux d’où une meilleure efficacité énergétique, on est encore à plus haute température.

    Le prix de l’éolien devient de plus en plus bas alors que la technologie continue d’évoluer et que le marché mondial tout comme son renouvellement est important. On a le 2e gisement européen de vent, difficile d’être à l’écart d’autant plus vue notre position centrale en Europe et vu le marché mondial comme le renouvellement et le potentiel technique encore important.

    Avoir un urbanisme et des bâtiments producteurs d’énergie s’avère très efficient au plan local. Les exemple de stockage de chaleur d’été pour l’hiver avec taux de couverture minimum de 97% durant les pires saisons notamment dans l’Alberta au Canada ont fait leurs preuves et démontré leur très faible coût sans risques ni pollution.

    Intégrer du solaire hybride dans l’habitat dès le départ permet de couvrir la majeure partie des besoins.

    Des villes quartiers etc vont pouvoir de plus en plus se permettre leur propre production d’énergie et autonomie, comme on le constate déjà ailleurs y compris en matière de mobilité. Cà offre beaucoup d’avantages en termes d’économies, de maintient d’activités locales, de financements régionaux etc.

    Bref la liste est très longue et l’évolution des technologies et process nous permettent une toute autre approche plus efficiente qu’une énergie centralisée, risquée, limitée dans le temps et sous dépendance.

    Cà doit permettre de répondre à nos importations d’énergies fossiles qui ne devraient plus avoir lieu, par une meilleure approche d’ensemble et pas seulement à la production électrique.

    Pour mémoire on doit aussi traiter les problèmes de transport par avion, maritime et véhicules lourds qui commencent à peine à être traités.

    Avoir une flotte efficiente et de l’énergie à bas prix çà peut grandement favoriser des compagnies maritimes, aériennes ou de transport et çà fait la différence au niveau des emplois et de la compétitivité.

    C’est également le cas au niveau militaire.

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    • Vous oubliez que le gaz naturel conventionnel ou non devrait prendre dans l’avenir une place très importante dans le monde en remplacement du pétrole et du charbon comme le proclame l’AIE. Déjà en Europe, sa consommation a fortement augmenté et ce n’est pas fini.(voir les bilans électriques nationaux). De nouveaux terminaux méthaniers et gazoducs de construisent pour répondre à une très forte demande dans de nombreux pays, tant pour la production l’électricité que les autres besoins non électriques : chauffage ou autre.

      Répondre
  • Non je suis bien conscient de la force des lobbies et pays producteurs notamment de gaz et immenses financements mais ce dernier a l’inconvénient de son transport, de sa compétitivité en baisse, des prix du C02 qui se mettent en place dans de nombreux endroits, de la dépendance, des facteurs géopolitiques, de la limitation des applications, du rendement global souvent modéré etc. Il y a des sites qui commencent de plus à se tarir et la ressource à ses limites.

    Les évolutions du stockage étant récentes elles risquent comme toujours de surprendre plutôt car elles permettent d’apporter la majorité des solutions et les prix commencent déjà à baisser pour beaucoup d’entre elles dont il existe environ une centaine de technologies à rendement élevé et prix, soit déjà compétitifs, soit qui ne sont pas loin de l’être.

    L’Ukraine s’est par exemple en très peu de temps passée du gaz russe donc il peut y avoir des changements rapides.

    Comme pour le solaire ou l’éolien notamment les études un peu globales comme celles de l’IEA ont toujours quelques années de retard sur les dernières technologies (normal pour les consultants généralistes qui les rédigent) donc il est possible que les scénarios soient un peu plus optimistes (ou un peu moins pessimistes) en réalité.

    On relève la même chose avec les véhicules électriques où l’on constate que les études de BP par exemple sous-estiment régulièrement les réalités alors que d’autres études (souvent hors secteur énergies fossiles) s’avèrent plus réalistes et précises.

    Mais il est vrai que dans tous les cas on va mettre encore du temps à se passer du charbon et surtout ensuite pétrole et gaz.

    Imaginez si par exemple la Russie devait stopper rapidement ses ventes, elle s’effondrerait et elle démarre à peine dans les renouvelables où Rosatom parmi d’autres tente de rattraper son très important retard.

    Rien qu’en France le lobbying pour le gaz est important. Le Club Biogaz a souvent tenté de convaincre de la nécessité d’une offre pour les véhicules légers au gaz (selon ses arguments pour financer le réseau et développement) ce qui est absurde pour ces véhicules légers par exemple, en particulier en terme de rendement et d’appel d’air pour le gaz et merci pour les particuliers mis à contribution !

    On a la même chose avec les agrocarburants où l’Union européenne tente à juste titre de réduire leur utilisation alors que les lobbies producteurs nationaux demandent chaque fois des délais comme encore récemment pour « n » raisons pas vraiment toutes justifiées.

    Je remarque aussi que dans les programmes électoraux le FN supprime l’éolien ce qui est complètement absurde vus les constats qui démontrent l’apport nécessaire d’environ 2/3 d’éolien par rapport au solaire pour une bonne complémentarité et par ailleurs le prix qui ne cesse de baisser de cette technologie entre autres y compris en offshore qui a un facteur de charge et capacités importants et son taux très élevé de recyclage tout comme son potentiel encore assez important d’améliorations sans parler d’export et d’emplois.

    Concernant le nucléaire un reportage sur l’histoire de l’Europe sur Arte hier rappelait que l’on savait déjà dès le départ et au moins dès 1956 que notre nucléaire ne serait pas compétitif et ne pourrait pas s’exporter, pronostic de plus de 60 ans qui s’est avéré pour le moins précis !

    Cà aurait du faire réfléchir et permettre de ne pas rater les nombreuses autres opportunités technologiques énergétiques.

    Je constate aussi que malgré une filière hydrolienne que l’on dit relativement chère au départ, çà n’empêche pas notamment les australiens (Atlantis Resources) d’investir comme ces jours-ci et plus à venir en France et de croire fortement à la ressource française 2e en Europe.

    Certains disaient pourtant le secteur quasiment moribond il y a quelques mois, on pourrait même le lire ici sur d’anciens posts également !

    Bref on ne peut faire comme toujours des pronostics précis qu’en se tenant régulièrement à jour objectivement des avancées technologiques et autres paramètres ce qui demande un certain travail.

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      • @ C02 : les énergies renouvelables sont multiples, récentes, ne correspondent pas à un pays producteur et ne créent pas de dépendance. Leur lobbying n’a donc rien à voir avec celui des fossiles ou de l’uranium avec des groupes où l’Etat est majoritaire comme EDF à 86% de part de l’Etat français, Areva 86,5%, Rosatom en Russie etc

        A l’inverse les énergies fossiles correspondent à des pays producteurs et les marchés du pétrole/gaz comme par ailleurs de l’uranium sont particulièrement dépendants de la géopolitique.

        Les interactions sont donc bien plus profondes dans les négociations entre pays et investissements que vous ne le pensez.

        Vous connaissez malheureusement mal le secteur de l’énergie mais on ne fait pas particulièrement la guerre à cause des énergies renouvelables par contre pour le pétrole gaz et uranium çà n’arrête quasiment jamais.

        Le pétrole, gaz, charbon, uranium, pipelines etc sont une arme, pas les renouvelables.

        Réfléchissez un peu plus sur le sujet et ses conséquences avant de toujours prétendre que les autres ne sont pas sérieux.

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  • Tim Cornelius, PDG d’Atlantis déclare :

    « La France est un nouveau marché fascinant pour le développement d’un projet d’énergie marémotrice à l’échelle commerciale qui devrait connaître une croissance considérable au cours des prochaines années. »

    https://www.atlantisresourcesltd.com/2017/03/16/atlantis-cible-le-marche-francais-de-lenergie-maremotrice/

    Il ne faudra pas s’étonner s’ils nous prennent une bonne part de ce marché (pas seulement en France) et pourtant le potentiel éolien offshore est encore plus important et c’est plus qu’affligeant de voir les déclarations du FN et de Marine le Pen en débat télévisé face à plus de 10 millions de téléspectateurs tirer un trait sur l’éolien pour satisfaire une faible partie de son électorat (alors qu’en plus elle a un % de votants au 1er tour inférieur au facteur de charge moyen de l’éolien français !)

    On relève régulièrement des âneries dans les débats mais là au plan des connaissances technologiques et économiques minimales c’est plus que sidérant !

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