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Enercoop : le fournisseur d’électricité 100% renouvelable

Depuis l’ouverture du marché des fournisseurs d’électricité, la donne à changé en matière énergétique, non seulement pour les professionnels mais aussi pour les particuliers. Et si la filière des énergies renouvelables est restée relativement discrète, des opportunités sont pourtant nées sur le réseau. Enercoop l’a bien compris : l’entreprise, fondée il y a onze ans, est devenue l’un des principaux fournisseurs d’électricité verte de France. Sa promesse : une électricité issue à 100% des énergies renouvelables. Et pour séduire les consommateurs, Enercoop ne manque pas d’arguments.

Enercoop : une histoire militante

L’histoire commence en 2006 lorsque Greenpeace, Biocoop, la banque solidaire NEF, le CLER et les Amis de la Terre se rassemblent pour créer Enercoop, une société coopérative d’intérêt collectif qui reçoit par la suite l’agrément « entreprise solidaire ». L’idée est simple : proposer une alternative aux fournisseurs d’électricité classiques dont l’activité repose principalement sur la production nucléaire. Dès sa création, Enercoop affiche la vocation de devenir un électricien 100% vert pour démontrer qu’il est possible d’alimenter le réseau français grâce aux énergies renouvelables. Les premiers clients sont des professionnels engagés dans une démarche eco-responsable, mais dès 2007 Enercoop commence à s’intéresser au marché des particuliers. Aujourd’hui, le nombre d’abonnés reste très modeste (42 000), mais l’entreprise séduit des profils clients variés : entreprises engagées, PME, collectivités locales, particuliers… Autre spécificité d’Enercoop : l’essentiel des bénéfices de l’entreprise est réinvesti dans le développement des énergies vertes sur le territoire français. Et ce modèle économique fait justement partie de la démarche de valorisation des énergies alternatives prônée par l’entreprise.

D’où vient l’électricité d’Enercoop ?

L’entreprise Enercoop ne produit aucune électricité elle-même : elle achète à des coopératives et des producteurs indépendants leur production électrique pour ensuite approvisionner ses clients. L’entreprise joue ainsi la carte de l’approvisionnement local, ce qui renforce la fiabilité de son réseau. Pour les responsables d’Enercoop, cette stratégie s’avère la plus logique : « Notre réseau se dessine sur un modèle décentralisé autour de dix coopératives régionales couvrant l’ensemble de l’hexagone pour être au plus près des enjeux énergétiques de nos territoires. » Mieux encore : Enercoop propose une totale transparence sur ses sources d’approvisionnement grâce à une carte disponible sur son site qui permet de savoir quelle unité de production alimente la zone où on habite. Actuellement, l’entreprise travaille avec dix coopératives régionales réparties dans l’hexagone.

Dans le détail, les partenaires d’Enercoop comptent 93 centrales hydrauliques, 21 installations photovoltaïques, 14 installations éoliennes et 2 centrales de biomasse. Grâce à ces points d’approvisionnement, Enercoop affiche une capacité électrique totale de 86 MW, et un mix énergétique qui fait rêver les adeptes des énergies renouvelables. Surtout, avec 94% d’électricité issue de l’hydraulique, l’entreprise possède encore une belle marge de manœuvre pour développer ses approvisionnements en matière de solaire et d’éolien.

La compétitivité des tarifs : principal frein au développement

Malgré ses nombreux arguments séduisants, Enercoop peine encore à convaincre les foyers français de changer de fournisseur d’électricité pour choisir l’électricité 100% verte. En cause, des tarifs qui ne sont pas encore assez compétitifs. Sur tous les forums et les nombreux sites de comparaison pour les fournisseurs d’électricité, les clients intéressés retiennent la même chose : une démarche très attractive mais un tarif qui décourage. Contrairement aux autres fournisseurs qui proposent de l’électricité verte (notamment Direct Energie), Enercoop travaille directement avec des fournisseurs et veille à les rétribuer au juste prix. Pour les autres distributeurs qui ont une offre verte, l’électricité est achetée via EDF, ce qui permet de faire baisser la facture mais rend l’approvisionnement moins transparent.

Malgré tout, les choses sont en train de changer à mesure que le tarif de l’électricité conventionnelle évolue. Au départ, le tarif proposé par Enercoop à ses clients était 40% plus cher que le prix d’EDF. Mais l’écart se réduit : il n’était plus que de 18% en 2015. Dans les années qui viennent, la hausse prévue pour le tarif de l’électricité nucléaire (qui devra intégrer les coûts réels du nucléaire) devrait jouer en la faveur de l’électricien alternatif dont le tarif deviendra mécaniquement plus compétitif. Enercoop compte bien profiter de cette aubaine pour augmenter son nombre d’abonnés et passer la barre des 150 000 clients d’ici 2020. Avec la hausse de la demande, le fournisseur vert va être confronté à un nouveau défi : augmenter sa capacité de production et trouver de nouveaux fournisseurs.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Tout ce qui est écrit là serait exact si Enercoop était indépendant d’EDF, qui transporte et distribue l’électricité ; de ce fait, la « qualité » de cette électricité est la même pour tous les usagers, qui bénéficient de ce fait d’une garantie de la fourniture, de la tension et de la fréquence, qui ne seraient pas assurées en réseau isolé.
    En fait, pour la France, en dehors des très faibles périodes où elle importe du courant en provenance d’Allemagne, produit une électricité presque totalement décarbonée, donc « verte », parfaitement garantie.

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    • Enercoop ne dépend absolument pas d’EDF.
      EDF est un fournisseur d’électricité comme Enercoop. Vous vouliez sûrement parler d’Enedis, gestionnaire du réseau électrique, qui sont deux entreprises distinctes et qui ne font pas la même chose 😉

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  • ENERCOOP reconnaît ne pas pouvoir fournir, en temps réel, de l’électricité renouvelable. Cette entreprise a effectivement besoin du réseau RTE (et son mix à 72 % environ de nucléaire, ainsi que du thermique) pour approvisionner en continu ses clients, et le pays (par le réseau RTE) exporte en grande partie sa production éolienne et photovoltaïque pour racheter, en consommation de pointe, de l’électricité en provenance de l’étranger, au contenu carbone élevé. Ce qui revient à dire que ENERCOOP a raison au niveau comptable ( solde annuel, je suppose), mais physiquement, il n’y a pas de certitude de fourniture à 100 % de renouvelable pour ses clients. D’ailleurs, ENERCOOP semble aussi oublier, sur son graphique, que le réseau européen est interconnecté, et cela décrédibilise tout son discours.

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    • Bonjour,
      Oui, et non! Sur le principe, vous avez parfaitement raison. Les ENR étant intermittantes, les creux de production sont compensés par des énergies fossiles ou fissiles. Toutefois, dans le cas particulier de Enercoop, ils achetent trés largement a des microcentrales hydrauliques dont la production est beaucoup plus régulière. Donc même si Enercoop ne fournit pas 100% de l’energie verte, ils n’en sont en réalité pas trés loin!

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      • D’où tenez-vous ce que vous avancez ? Moi, je tiens directement de ENERCOOP que ce n’est pas possible. De plus, par le jeu des exportations/importations, je rappelle que l’essentiel des productions éoliennes et solaires produit en France est exporté à l’étranger, et, donc, je soutiens que ENERCOOP est dans l’impossibilité de prouver qu’il fournisse physiquement 100 % d’énergie renouvelable à ses clients. Tout le reste n’est que cuisine comptable et c’est sur cela qu’ils s’appuient.

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  • Plus on injecte sur le réseau Entso-e (qui concerne des pays au delà des 28 européens) d’énergie renouvelable à des tarifs bas par nature (et parfois même négatifs), plus c’est favorable au mix global.

    Quelle que soit leur origine, les électrons circulent en effet sur tout ce réseau même si les interconnexions sont plus ou moins importantes entre tels ou tels pays (voir dernier rapport du CRE sur le sujet).

    Enercoop, comme par ailleurs ekwateur qui propose des tarifs bas et une électricité « 100% renouvelable grâce aux garanties d’origine », offrent l’avantage d’investir dans des sources renouvelables ce qui est positif pour le développement (entretien compris) au meilleur prix de ce marché.

    Pour mémoire les renouvelables sont moins émettrices que le nucléaire (qui n’a rien de vert comme toute énergie) sur tout leur cycle et sans les inconvénients techniquement insolubles de la filière uranium (hauts risques, démantèlements, déchets d’ultra-longue durée, insécurité en cas de terrorisme, conflits, coûts actuels etc).

    RTE est pour le moment filiale à 100% d’EDF mais va ouvrir son capital à 50%, c’est d’autant plus nécessaire vu l’endettement d’EDF et l’état du réseau (on a encore battu des records de coupures lors de la tempête récente) et la nécessité de s’adapter à des réseaux plus efficients, plus locaux et plus sécurisés.

    Il va falloir s’habituer à raisonner de façon plus précise pour aborder les réalités du secteur de l’énergie surtout à l’échelon européen qui est le plus efficient avant le stockage.

    https://ekwateur.fr/electricite-locale

    .

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    • Non , hors hydraulique qui tourne dans les 4gr en moyenne, les émissions de filière nucléaire sont de loin les plus basses avec 6gr/kwh, plus basses que l’eolien (15gr), carrement plus basses que le solaire PV (60 à 100gr). Et en ajoutant des emissions du backup forcemment necessaire, se serait bien pire! Le nucléaire a plein de défauts mais pas celui ci!

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      • @ Hervé : pas exact. Les énergies renouvelables sont moins émissives que le nucléaire sur tout leur cycle. Voir Table 3 de l’article ci-dessous avec références :

        http://www.ecowatch.com/mark-jacobson-to-james-hansen-nukes-are-not-needed-to-solve-worlds-cli-1882141790.html

        @ C02 : beaucoup d’opérateurs énergétiques ont été touchés par les bas prix des énergies fossiles en particulier et reconnaissent avoir mal anticipé le développement et la baisse des prix des renouvelables, c’est notamment le cas d’EON dont le président précisait ce point dans un discours qui sauf erreur date de 2014 (çà ne les empêche pas de continuer à bien se payer pour autant d’ailleurs !)

        Le problème d’EDF c’est qu’il est à 86% public, qu’il est opérateur du nucléaire pourtant largement amorti et dont c’est la part principale en France et où ses clients sont majoritaires. Si le prix réel du nucléaire était si compétitif il n’aurait donc pas dû être autant impacté, il aurait eu des marges. Il est régulièrement renfloué par nous (donc n’est pas toujours très responsable alors que nous aurions notamment la charge principale d’un accident nucléaire) et à dû prolonger la durée de ses centrales pour afficher des pertes moindres donc via cet artifice comptable pour cacher une réalité assez critique. Il a de plus des investissements majeurs à venir à faire. Il a signé un contrat qui pourrait lui être défavorable en Angleterre (Hinkley Point). Il y a eu des erreurs d’investissements.

        Il ne devrait donc pas être dans une situation aussi difficile.

        Il y avait pourtant des précédents aux Etats-Unis où le débat était clair depuis de nombreuses années et où le nucléaire était à l’arrêt pour raisons notamment économiques et plusieurs personnes en France comme François Levêque qui tiraient le signal d’alarme depuis des années.

        Je ne parle même pas d’Areva, d’Uranim etc

        Engie a sans doute mieux anticipé ce virage.

        On alerte notamment au plan scientifique que des changements sont en cours comme notamment dans le cas des technologies de stockage et de leur prix en baisse mais il y a toujours des esprits conservateurs qui ne suivent rien et qui vous rabâchent à longueur de temps que ce n’est pas pour demain.

        Donc encore une fois c’est faux, il y a bien lieu de prendre le virage du stockage notamment et de se positionner avant d’autres.

        Concernant les opérateurs qui injectent des énergies renouvelables sur le réseau Entso-e, comme Enercoop, ekwateur etc je ne vois pas bien où est le problème dès lors qu’ils financent bien le développement de ces énergies peu polluantes et qu’ils injectent bien les quantités achetées par les clients sur ce même réseau en remplacement de son mix qui est globalement moins « propre ».

        Le bilan reste favorable et grâce à ces opérateurs on aide par ailleurs au développement des énergies renouvelables avec maîtrise des prix car ils sont obligés de faire attention à leurs achats et résultats s’ils veulent se développer. Cà ne me semble donc pas une mauvaise démarche ou un simple artifice comptable.

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          • @ C02 : c’est sûr que si dans votre échelle de valeur vous prenez Wikipédia qui est une encyclopédie « généraliste » où tout le monde peut intervenir y compris des lobbyistes avec de nombreuses manipulations rapportées, comme étant beaucoup plus fiable que les plus récentes études d’universités réputées comme Stanford et autres (que ne fait que reprendre et citer Ecowatch précisément), alors vous pouvez raconter n’importe quoi comme vous le faîtes trop souvent, surtout quand vous êtes à court d’arguments.

            Wikipédia est toujours par nature en aval des études scientifiques et les reprend forcément toujours avec retard, ce n’est pas pour rien qu’il demande régulièrement des rédacteurs et des fonds. Si c’est çà votre seule base de connaissance il est normal que vous vous plantiez souvent dans vos analyses.

  • Ce n’est pas EDF qui gère le réseau, puis transporte et distribue l’électricité, mais RTE et Enedis (certes des filiales). Ces entités restent détachées d’EDF et sont spécifiquement rémunérées par la ligne TURPE sur vos factures (que vous soyez chez EDF, ekWateur ou Enercoop).

    A propos du développement des énergies renouvelables. Enercoop est ajd le seul fournisseur qui soit réellement impliqué dans une démarche de développement des énergies renouvelables. Contrairement à ekWateur, Enercoop a un objectif de 100% contrats directs avec ses producteurs. C’est à dire que l’entreprise s’engage à s’approvisionner le moins possible sur les marchés de l’énergie (où est revendue de l’électricité de toutes origines, nucléaire, fossile ou renouvelable), contrairement à ekWateur, qui s’approvisionne exclusivement sur ces marchés. Comme c’est la garantie d’origine qui détermine la valeur verte, et qu’elle peut être découplée de l’achat d’électricité, alors ekWateur peut se déclarer 100% renouvelable, sans pour autant acheter de l’électricité renouvelable.

    Concernant l’électricité « décarbonée » dont bénéficierait la France, aujourd’hui les coûts du nucléaire n’intègrent ni le traitement des déchets nucléaires, ni le risque d’accidents, ni le coût environnemental et social de l’extraction de l’uranium. A l’inverse, cet article montre que la sortie du nucléaire en Allemagne n’a pas nécessairement fait augmenter les émissions de CO2 http://decrypterlenergie.org/la-sortie-du-nucleaire-en-allemagne-entraine-t-elle-une-hausse-des-emissions-de-co2
    Et au passage, la France importe beaucoup plus d’électricité que son voisin allemand . Niveau indépendance énergétique promise par le tout nucléaire, on pourra repasser.

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    • L’Allemagne exporte beaucoup, mais de l’électricité excédentaire et à bas cout lors de surproduction de ses éoliennes et panneaux photovoltaïques et d’une faible demande. En revanche, la France importe en majorité justement lorsque les cours sont faibles, mais pas forcément parce qu’elle en a besoin (cette énergie est souvent stockée dans les STEP). Le contenu carbone moyen du KWh est globalement largement favorable à la France dans un rapport de quatre au moins. Observez l’importance des énergies fossiles en Allemagne et vous comprendrez pourquoi.

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  • En France , le plus gros producteur d’énergies renouvelables reste EDF. Chaque abonné à l’électricité (dont le fournisseur est EDF) est assuré d’avoir dans son électricité une bonne proportion de renouvelable. De toute façon, quel que soit l’opérateur, tout est mélangé sur le réseau électrique : il n’y a pas de traçabilité physique possible, seulement comptable.

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  • Sauf erreur c’est Engie qui en France a la plus grande part de renouvelables.

    Le prix de ces dernières étant toujours à la baisse et comme çà commence à se passer à l’étranger il y a fort à parier que les opérateurs qui financent les énergies renouvelables et permettent une maîtrise des prix, soient en mesure d’offrir les tarifs les plus bas, sans parler de la fourniture directe d’électricité entre particuliers via des opérateurs comme Bouygues qui s’y intéresse.

    Enercoop a déjà fortement baissé ses tarifs et ceux d’ekwateur sont plutôt bas. Donc à suivre.

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