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La sûreté du parc nucléaire français a progressé en 2016

EDF

L’Inspecteur Général pour la Sûreté Nucléaire et la Radioprotection (IGSNR), François de Lastic, a présenté dans un rapport officiel publié vendredi 3 mars dernier, ses appréciations concernant l’état de la sûreté et de la radioprotection au sein du groupe EDF, exploitant du parc nucléaire français. L’expert en charge de la surveillance interne y évoque un bilan « encourageant » pour l’année 2016 et formule quelques préconisations sur les améliorations possibles dans l’avenir.

Des audits de sûreté permanents

Seul et unique exploitant du parc nucléaire français, le groupe EDF est le premier responsable de la sûreté des installations nucléaires et doit mettre en œuvre, en accord avec l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), les dispositions qui permettront de garantir leur bon fonctionnement, d’éviter les accidents et de gérer les éventuels incidents de manière à en minimiser les conséquences. De son côté, l’ASN est chargée en tant qu’autorité administrative indépendante, de s’assurer que l’exploitant respecte les exigences de la réglementation en matière de sûreté nucléaire, et de contrôler les installations de manière régulière.

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Dans ce contexte réglementaire très stricte et pour mieux répondre aux exigences de l’ASN, EDF commande chaque année la réalisation d’un audit sur l’état de la sûreté et de la radioprotection du parc nucléaire français. Ce rapport lui permet notamment de mieux mesurer le degré d’efficacité de son dispositif et d’identifier les difficultés, les faiblesses, les forces ou les progrès de telle ou telle procédure mise en place.

Des « progrès notables » en matière de sûreté nucléaire

L’année 2016 semble dans ce cadre avoir répondu aux attentes. François de Lastic, l’inspecteur chargé de présenter le bilan annuel de la sûreté, de la sécurité et de la radioprotection au sein du parc nucléaire français, s’est dit vendredi, satisfait des résultats obtenus lors du dernier exercice. « Après une année 2015 en retrait, 2016 est marquée par une amélioration des résultats de sûreté« , a déclaré François de Lastic, évoquant ici des résultats « encourageants » et en « progrès notables« .

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« Sur les quatre indicateurs clés, trois ont établi un record en 2016« , a-t-il ajouté. L’efficacité des procédures mises en place se traduit ici par l’absence d’événement de sûreté majeur, un taux de fréquence d’accident « le deuxième plus faible jamais obtenu« , et un nombre d’arrêts automatiques de réacteurs tombés à 28 (contre 38 en 2015), soit « le meilleur (niveau) jamais atteint« . Des performances inédites qui résultent selon ce rapport de la mise en place progressive d’un « pilotage rigoureux » associé à « une forte implication managériale« .

Plusieurs pistes d’optimisation possibles

La filière nucléaire française semble donc de plus en plus efficace en matière de sûreté et de radioprotection, même si des améliorations sont toujours possibles. L’inspecteur a pointé du doigt en parallèle quelques efforts à consentir, en matière de maintenance notamment, afin d’optimiser les résultats obtenus et de réduire au minimum les événements de sûreté ou de sécurité.

Compte tenu de la hausse du nombre d’interventions en « non-qualités de maintenance » (interventions nécessitant d’être complétées car le traitement initial n’a pas été suffisamment efficace), l’inspecteur estime en effet comme déterminant pour l’avenir du parc nucléaire, d’optimiser la surveillance et les contrôles sur ce type d’opérations. Ainsi, et même si l’impact de ces insuffisances sur le fonctionnement du parc « continuent de diminuer », une simplification des processus et de la chaîne de responsabilités, ainsi que des « référentiels » qui guident ces opérations, lui semble indispensable pour rendre les dossiers d’intervention « d’une taille assimilable » dans les années à venir.

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Crédits photo : EDF

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • On espère qu’il y aura plus de transparence afin d’éviter les écarts de jugements avec l’ASN.

    La transparence étant pour le moins trop souvent quasi inexistante généralement dans le milieu du nucléaire mondial comme on le constate encore dans des pays d’Europe l’Est et Afrique, entre autres :

    « La Hongrie a décidé d’accepter la proposition de Rosatom, l’entreprise d’État de l’énergie en Russie, pour la construction de deux nouveaux réacteurs sur le site de Paks sans lancer d’appel d’offre » (çà commence fort !)

    « La Russie a ainsi octroyé un prêt de 10 milliards d’euros pour couvrir la majorité des 12,5 milliards d’investissements nécessaires. » (quelle générosité sans arrière pensée !)

    L’eurodéputé hongrois Benedek Javor a souligné le caractère « particulièrement inquiétant » de la situation, au vu des problèmes techniques rencontrés par ce genre de réacteur (VVER), construits par la Russie, en Europe.

    La Hongrie envisage de construire un système d’évacuation des déchets dans les couches géologiques profondes d’ici 2064. Les autorités hongroises n’ont toutefois fourni aucune information concernant une installation de stockage provisoire, que ce soit sur leur territoire ou à l’étranger. Certaines inquiétudes demeurent quant à la perte de pouvoirs de l’autorité de réglementation nucléaire et à la gestion des combustibles irradiés et d’autres déchets radioactifs.

    Bah la dangerosité des déchets de cette énergie « verte » ne dure que plus de 100.000 ans, c’est demain !

    https://www.euractiv.fr/section/energie/news/hungary-wins-final-eu-approval-for-russian-built-nuclear-plant/

    .

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    • Pouvez-vous me citer un seul secteur industriel présentant des dangers équivalents ou supérieurs (chimie, automobile, pharmacie, pétrolier…) où la transparence atteigne le dixième de ce qu’elle est pour le nucléaire ?

      Répondre
    • Un exemple à titre de comparaison :

      La surpollution liée au « VWgate » à un impact sanitaire que les premières estimations situent autour de 1500 morts, rien que pour l’Allemagne.

      Pourtant, ce scandale était détectable par n’importe qui se donnant la peine d’instrumenter sa voiture avec un équipement relativement simple. Et il a fallu des années pour que ça sorte.

      Pour le nucléaire, la presse nationale rapporte très régulièrement (tous les 3 ou 6 mois) des incidents dont l’impact sanitaire est totalement nul et la gravité comparativement négligeable. Problème de transparence du nucléaire dites-vous ?

      Répondre
      • Il me semble que la presse parle encore plus souvent de pollution automobile etc et que par ailleurs les opérateurs du nucléaire on souvent menti et mentent encore dans le monde (Tchernobyl, Fukushima, déchets dans la nature, retraitement, émissions intempestives, coûts etc)

        L’ASN a du déposer plainte auprès du procureur pour documents de sécurité falsifiés il y a quelques mois encore.

        Elle ne peut tout contrôler et surveiller. On est plusieurs fois passé à côté d’accidents graves voire majeurs.

        La transparence varie selon les périodes, les responsables (et par ailleurs les pays). Il faut donc une surveillance constante, objective, indépendante (et çà varie malheureusement selon les pouvoirs politiques en place), même si elle ne peut être complète vu le parc installé et les difficultés à tout contrôler tout le temps.

        Comme partout il y a des gens qui font bien leur travail et d’autres non. Dans le secteur nucléaire une faille ne pardonne pas.

        Concernant par ailleurs les coûts et politiques on peut en dire beaucoup sur Areva pas seulement en Finlande mais concernant Uranim et son prix plus que prohibitif et plus que douteux (au mois un livre est paru sur le sujet qui en dit long), pour EDF le bouclage d’Hinkley Point etc.

        Au plan international on a vu les dérives à Tchernobyl, Fukushima etc et il serait intéressant de se pencher sur Rosatom, son activisme en Europe de l’Est corruption à l’appui et qui est en train de semer des problèmes à moyen et long terme partout où il intervient.

        Essayez d’aller visiter un centre de retraitement du groupe vous m’en direz des nouvelles (enfin ce que l’on aura bien voulu vous montrer). Ce n’est d’ailleurs pas beaucoup plus facile en France.

        Les abus dans les renouvelables sont heureusement moins graves et moins lourds de conséquences pour tout le monde.

        Le nucléaire est par nature un sujet plus sensible et c’est tout son problème qui l’oblige trop souvent à mentir, cacher des faits etc :

        http://www.liberation.fr/planete/2017/02/12/fukushima-la-bataille-de-la-france-au-nom-de-l-atome_1547304

        Cà n’exclut pas que d’autres secteurs sont concernés et qu’il faut être tout autant vigilants voire si nécessaire activistes sinon rien n’évolue favorablement et on fait du sur place.

        Répondre
  • J’invite ceux qui s’intéressent aux accidents nucléaires à consulter la liste très exhaustive des accidents survenus dans les diverses applications de l’énergie nucléaire qui a été établie par Wikipedia:

    Centrales de production d’électricité
    Industrie du combustible nucléaire et des déchets
    Recherche
    Sources radioactives dans le domaine médical
    Usages militaires

    En France, les seuls « accidents » d’un réacteur en fonctionnement sont les deux de St. Laurent des Eaux, qui ont été abandonnés comme les autres réacteur de la filière UNGG (Chinon A et au profit des PWR.
    Pour Brennillis, ce n’est qu’un incendie au cours du démantellement, ce qui n’a rien de nucléaire, et en ce qui concerne le Blayais, la centrale s’est automatiquement arrêtée quand la Gironde a débordé, sans plus de gravité d’aucune sorte.

    J’attire de plus l »attention que ces « accidents », qui ne sont que des incidents, sont éventuels (et d’ailleurs fort rares), alors qu’une centrale électrique au charbon a pour conséquence statistiquement assurée de dizaines de milliers de morts par an depuis l’extraction à la mine? sans compter les pollutions diverses, particules fines, SO², CO², et particules radioactives.

    Répondre
  • Raison de plus pour faire le maximum d’énergies renouvelables qui rejettent à la fois le moins d’émissions, polluent le moins, émettent bien moins d’émissions radioactives que le nucléaire ou le charbon, créent plus d’emplois, sont recyclables, coûtent de moins en moins cher et sont universelles et durables.

    UNSCEAR evaluated radiation exposure per unit of electricity generated, using 2010 as a reference year for comparison. The committee concluded that the values for coal and nuclear are about the same in the short term: 0.7-1.4 man Sv per GWe for coal and 0.43 man Sv/GWe for nuclear.

    It noted over a period of hundreds of years, « an accumulation of very small doses from long-lived radionuclides result in larger collective doses from the nuclear fuel cycle ». However, the total collective dose (to both the public and workers) per unit of electricity generated by the coal cycle was larger than that generated by the nuclear fuel cycle, « even when considering the long-lived globally-circulating radionuclides integrated out to 500 years ».

    http://www.lepoint.fr/monde/fukushima-l-invasion-de-sangliers-radioactifs-10-03-2017-2111009_24.php

    .

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