Valérie Faudon (DG SFEN) : « l’atome reste plus que jamais une solution d’avenir  » Valérie Faudon (DG SFEN) : « l’atome reste plus que jamais une solution d’avenir  »

« L’atome reste plus que jamais une solution d’avenir »

Une fois les principaux candidats à la présidentielle sur la ligne de départ, la Société Française d’Énergie Nucléaire (SFEN) a publié un Livre Blanc à leur intention. Sa déléguée générale, Valérie Faudon, a accepté de nous présenter ce travail qui propose 6 axes de réflexion pour préparer l’avenir de la troisième filière industrielle du pays. 

Pouvez-vous rapidement présenter votre parcours ?

Je suis ingénieure de formation, diplômée de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. J’ai aussi développé mes compétences à Sciences Po et obtenu un Master of Science de l’Université de Stanford, en Californie. Au niveau professionnel, j’ai d’abord commencé à travailler dans l’informatique chez Hewlett Packard et Alcatel-Lucent, avant de rejoindre le nucléaire en 2009, d’abord chez AREVA en tant que directrice marketing, puis à la SFEN en tant que déléguée générale.

Justement, pouvez-vous nous préciser quel est le rôle de la SFEN, ses missions et son organisation ?

La SFEN est une société savante. Elle regroupe tous les ingénieurs et les scientifiques qui travaillent sur l’énergie nucléaire en France, soit plus de 4 000 sociétaires, tous bénévoles. Notre association regroupe des sessions techniques, des groupes régionaux et deux groupes nationaux (Jeune Génération et Women in Nuclear France). A la direction générale, nous sommes une équipe constituée d’une dizaine de permanents, ce qui nous permet d’être une structure agile et proactive. Nous avons principalement 4 missions : fédérer les acteurs du nucléaire, contribuer aux débats, valoriser l’excellence scientifique et la rigueur technique de la filière, mais aussi partager, informer et publier.

Par ailleurs, il est important de préciser que l’ensemble de nos analyses reposent sur des données ouvertes, c’est-à-dire accessibles au public, comme en atteste notamment notre livre blanc…

A ce propos, la publication du livre blanc est une initiative inédite pour la SFEN, qu’en attendez-vous exactement ?

C’est la première fois que la SFEN publie un livre blanc et formule des propositions aux candidats à l’élection présidentielle. Ce travail repose sur la contribution d’une soixantaine de nos membres et l’analyse de nombreux experts du secteur. Ce livre blanc doit permettre de donner une nouvelle ambition à la troisième filière industrielle de France et aux 220 000 salariés du secteur. Le futur gouvernement doit avoir une ambition claire pour ces hommes et ces femmes qui contribuent au rayonnement de la France, à son leadership technologique et à son indépendance énergétique.

Selon vous, que faudrait-il retenir de ce livre blanc ?

Pour nous l’important c’est de faire comprendre que la France dispose de tous les atouts pour devenir le pays où s’invente le nucléaire du futur. L’énergie nucléaire est un atout pour la France. Elle est le socle de notre stratégie économique, industrielle et climatique. Elle permet aux ménages français de bénéficier d’une électricité bon marché et aux entreprises de disposer d’un avantage compétitif.
Pour répondre à nos besoins énergétiques et réussir à atteindre nos objectifs climatiques, le nucléaire est incontournable ! Il faut effectivement arriver à faire comprendre que ce n’est pas en remplaçant une énergie décarbonée (nucléaire) par d’autres énergies décarbonées (ENR), qu’on parviendra à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Au moment où le Royaume-Uni réitère sa confiance à la technologie française, en choisissant l’EPR pour Hinkley Point, la France doit rester la championne des énergies bas carbone – avec ses centrales nucléaires la France peut se targuer d’être le pays du G7 qui émet le moins de CO2 par habitant.

Comment voyez-vous se dessiner la carte nucléaire pour les prochaines décennies ?

Le parc mondial de réacteurs nucléaire va croître considérablement, puisque de grands pays charbonniers comme la Pologne, l’Afrique du Sud, l’Inde ou la Chine, se tournent vers le nucléaire, véritable alternative au charbon. Actuellement, 60 réacteurs sont en construction dans le monde. Pour atteindre nos objectifs climatiques et rester sous la barre des 2°C, l’Agence internationale de l’énergie indique qu’il faudra doubler notre capacité nucléaire. En Inde par exemple, 6 EPR devraient prochainement voir le jour à Jaitapur. [NDLR : dans l’interview croisée de Jean-Bernard Lévy (EDF), Philippe Varin (Areva) et Daniel Verwaerde (CEA), publiée dans la Revue Générale du Nucléaire de novembre/décembre 2016, le patron d’Areva souligne : « l’axe majeur de la croissance du nucléaire est l’Asie »].

Quels sont les prochains projets de la SFEN ?

Depuis 40 ans, nous publions la revue de la filière nucléaire : la revue générale nucléaire. Cela représente un travail assez considérable, d’autant que depuis quelques années nous avons décidé de renforcer notre présence numérique. Avec notre site internet et les réseaux sociaux, nous souhaitons toucher un public toujours plus large tout en conservant une exigence d’excellence pour l’ensemble des contenus proposés. Nous organisons également plus de 200 évènements chaque année, le prochain grand rendez-vous sera le 30 mars prochain sur la transformation numérique de la filière nucléaire. Nous tissons également des liens très étroits avec nos homologues étrangers, en particulier l’European Nuclear Society, l’American Nuclear Society et la Chinese Nuclear Society.

Lire aussi : Nucléaire : quelles perspectives pour la 3ème filière industrielle française ?

Rédigé par : Valérie Faudon

Valérie Faudon
Déléguée générale de la Société Française d'Énergie Nucléaire
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COMMENTAIRES

  • Article moins publicitaire du New York Times qui évoque les difficultés de la filière uranium, une part des raisons et la situation de Westinghouse et Toshiba à l’image d’EDF et d’Areva

    https://www.nytimes.com/2017/02/18/business/energy-environment/nuclear-power-westinghouse-toshiba.html?smid=tw-share&_r=0

    Si l’on en vient à devoir faire de la pub sur les réseaux sociaux, des sons et lumières sur des centrales ou distribuer des bonbons aux enfants dans les pays émergents comme Rosatom et des dessous de table à certains dirigeants plutôt que d’aborder objectivement tous les problèmes avec le plus de transparence et d’objectivité possible, çà ne permettra certainement pas le meilleur avenir énergétique possible.

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