Hydrolienne : un marché à 200 milliards d'euros à conquérir Hydrolienne : un marché à 200 milliards d'euros à conquérir

Hydrolienne : un marché à 200 milliards d’euros à conquérir

hydrolien

Si Engie vient d’abandonner le projet de ferme pilote hydrolienne qu’elle menait en partenariat avec General Electric dans le Raz Blanchard, d’autres industriels tricolores se montrent plus ambitieux. Ainsi, la filiale de DCNS s’affiche déjà comme leader des EMR aux côtés d’EDF, alors que le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) propose des mesures concrètes pour dynamiser la filière.

Les hydroliennes un instrument clé de la filière EMR

Interviewé par le magazine Politiques Énergétiques, le Directeur général d’OpenHydro France, Christophe Chabert, explique qu’au large de la Normandie se trouvent « les plus forts courants de France » et que c’est précisément à cet endroit que doit être mis en place le projet Normandie Hydro, que l’entreprise développe. Un projet ambitieux qui doit permettre d’atteindre les objectifs fixés dans la Programmation Pluriannuelle de l’Energie pour les Energies Marines Renouvelables (EMR), soit 9.000 MW en 2023 et 15.000 MW en 2030.

En partenariat avec la filiale de DCNS, EDF Energies Nouvelles est d’ores et déjà parvenue à immerger deux hydroliennes sur le site de Paimpol Bréhat. Le raccordement du parc démonstrateur installé en Bretagne au réseau électrique a pu être effectué en septembre dernier, notamment grâce à l’expérience acquise dès 2006 avec les tests réalisés dans l’European Marine Energy Centre (EMEC), en Écosse.  Un projet concrétisé, qui, aux dires de la Ministre de l’Environnement et de la Mer, Ségolène Royal, « illustre l’excellence de l’industrie française ».

Lire aussi : La France, leader des énergies marines selon Ségolène Royal

OpenHydro relève un défi technique et environnemental

Deux hydroliennes sont donc déjà immergées au large de la Bretagne et bien que le projet Nephtyd conduit par Engie et General Electric ait été abandonné, d’autres suivront bientôt en Normandie. D’après un porte-parole d’Engie interrogé par Ouest-France, c’est le « manque de visibilité » de la part du fournisseur  au sujet du développement de la technologie qui a contraint le groupe a abandonné le projet. L’hydrolienne OCEADE 18 ne verra donc pas le jour en France, malgré les 51 millions d’euros que l’ADEME entendait lui accorder dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir (PIA).

Lire aussi : Lâché par GE, Engie abandonne le projet hydrolien Nepthyd

Quoiqu’il en soit, 7 hydroliennes seront bientôt immergées sur le site du Raz Blanchard. Des machines qui pèsent 1100 tonnes, mesurent 16 mètres pour un rotor de 12 mètres et qui pourront fournir 500 KWh d’électricté par an et par unité. Un projet qui inquiète cependant l’Union Nationale des Associations de Navigateurs (UNAN) et notamment son président, Patrick Claudel pour l’impact qu’il pourrait avoir sur les milieux marins. C’est pourquoi, dans son Livre Blanc le Syndicat des Energies Renouvelables, propose de désigner un délégué interministériel en charge des EMR, d’attribuer des zones clés en main, raccordées et « autorisées », mais également de « de fournir un socle de méthodes et de connaissances sur lesquelles capitaliser pour préparer les projets commerciaux », en lien avec l’Agence Française de la Biodiversité et France Energies Marines.

Une filière nationale qui pourrait se tourner vers l’export

A l’échelle nationale, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie prévoit deux appels d’offres commerciaux dans le secteur de l’hydrogène. Le premier a été lancé comme convenu dans le courant de l’année 2016, le second est prévu pour 2019. Une usine de construction verra le jour à Cherbourg afin de construire les 300 hydroliennes qui seront installées dans le Raz Blanchard et au large des côtes de l’île anglo-normande d’Aurigny. Dans son Livre Blanc, le SER suggère de travailler avec la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) pour trouver de nouveaux sites, mais aussi de soutenir le développement des PME et les ETI grâce, entre autres, aux financements de la Banque Publique d’Investissement (BPI).

Le potentiel de développement à l’international de la filière hydrolienne est significatif. Au Canada, la baie de Fundy dispose par exemple du plus puissant courant de marée au monde, le chiffre de 1000 hydroliennes à installer est évoqué. De même, l’Asie du Sud-Est s’est fixé un rythme de développement ambitieux des énergies renouvelables explique Sylvie Cornot-Gandolphe dans sa dernière note pour l’Ifri Energie ; la région représente également un gisement très important pour les EMR. L’archipel indonésien et son ministère des affaires maritimes ont signé, en 2015, plusieurs mémorandums d’entente avec l’ambassade de France, dont un regroupant l’entreprise Sabella SAS et deux entreprises locales. D’après les estimations de Jean-Christophe Allo, directeur commercial de Sabella SAS, le marché hydrolien indonésien présente un potentiel supérieur à 5 GW.

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Normalement vu le facteur de charge élevé de l’hydrolien, la puissance initiale notamment et la vitesse des courants marins, la production devrait être supérieure ?…

    (A titre de comparaison une éolienne « offshore » de 8 MW avec un facteur de charge de 34% (2,72 MW) produit près de 24 GWh par an.

    Pour un potentiel facilement exploitable en France de seulement 3,4 GW et plus à terme, les systèmes Venturi sont intéressants et la liste des concurrents dans l’hydrolien mondial est impressionnante !

    http://www.emec.org.uk/marine-energy/tidal-developers/

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