Centrale de Fessenheim : le symbole du nucléaire français Centrale de Fessenheim : le symbole du nucléaire français

Fessenheim : fermeture imminente ?

Fessenheim

Elle est devenue la centrale nucléaire la plus célèbre de France : Fessenheim, située dans le Haut-Rhin, fait l’objet de débats quant à sa fermeture depuis plusieurs années. Mais hier, EDF et le gouvernement français sont enfin parvenus à un accord sur son avenir. L’objectif : lancer une procédure de fermeture pour un arrêt en 2018. Pour y parvenir, l’Etat consent à une indemnisation d’EDF. Mais tout n’est pas joué pour autant : la fermeture de Fessenheim a un coût et pourrait être remise en question dès le mois de mai prochain par le nouveau locataire de l’Elysée.

La plus vieille centrale nucléaire française

Inaugurée en décembre 1977, la centrale nucléaire de Fessenheim possède aujourd’hui le titre de « plus vieille centrale nucléaire française ». Au fil des années, EDF a investi près de 280 millions d’euros pour assurer sa maintenance, mettre sa sécurité à niveau et la rénover. Alors pourquoi sa fiabilité est-elle remise en cause ? Même s’il est envisageable de rénover différentes parties de l’installation d’une centrale, certains éléments (comme la cuve) ne sont pas remplaçables. D’où un risque pour la sécurité de la structure et de la production. Malgré cet argument, la centrale de Fessenheim pourrait encore être exploitée. Son coût de fonctionnement serait plus élevé, mais l’Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN), autorité indépendante compétente en matière de sureté nucléaire dans l’Hexagone, a déjà donné son feu vert.

Mais à travers Fessenheim, c’est bien l’avenir du parc nucléaire français qui est remis en question. Car si Fessenheim est la plus vieille centrale en activité, le reste du parc est à peine plus jeune : sur dix-neuf centrales, dix ont plus de trente ans. Les questions soulevées par le maintien de l’exploitation du site de Fessenheim servent donc de test pour savoir quelle sera la stratégie de l’Etat pour le reste du parc nucléaire. En ouvrant pour la première fois le débat sur la fermeture d’une centrale nucléaire, le gouvernement espère en effet faire jurisprudence en la matière. Un moyen d’avancer ses pions pour défendre la nécessaire transition vers les énergies renouvelables.

Un accord de fermeture à l’arraché

Mardi 24 janvier, le conseil d’administration d’EDF a approuvé le plan d’action proposé par l’Etat français en vue de stopper l’exploitation de Fessenheim.

Promesse du candidat Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012, la fermeture de Fessenheim a été l’objet d’intenses tractations entre EDF et l’Etat. Car même si l’Etat reste l’actionnaire majoritaire de l’électricien, l’entreprise n’est pas encore disposée, principalement pour des raisons de sécurité d’approvisionnement, à dire adieu à l’une de ses dix-neuf centrales. Du moins pas sans une compensation. A quelques mois de la fin du mandat présidentiel, il semble que la promesse soit réalisée… si ce n’est que la fermeture décidée hier ne pourra pas intervenir avant 2018. A cette date, un nouveau Président de la République aura été élu et la stratégie politique en matière de nucléaire aura peut-être évoluée. François Fillon s’est déjà exprimé en faveur d’un maintien en l’état du parc nucléaire français, considérant les centrales comme un « une richesse nationale » à préserver le temps d’amorcer la transition énergétique. Pour les écologistes et les ONG en revanche, le maintien du nucléaire demeure l’obstacle principal face au développement des énergies renouvelables. A leurs yeux, laisser les centrales en activité, c’est retarder encore l’avènement des énergies renouvelables. Vaste débat qui à l’heure actuelle, est loin d’être tranché.

D’autant que l’une des conditions de l’arrêt de Fessenheim est la mise en service d’autres sites de production nucléaires. Dans le compromis passé avec l’Etat français, EDF a obtenu une clause précisant que la fermeture de Fessenheim ne pourrait intervenir avant la mise en service de l’EPR de Flamanville. Dans la foulée, l’Etat autoriserait également EDF à redémarrer le deuxième réacteur de la centrale de Paluel. Autre clause de l’accord : le versement de 490 millions d’euros par l’Etat à EDF au titre d’indemnisation. Cette somme doit couvrir le manque à gagner de l’électricien qui en fermant la centrale, perd une capacité de production de 1 800 MW. Sans compter que le démantèlement de la centrale aura lui aussi un coût élevé.

Fermer Fessenheim et sortir du nucléaire ?

Certes sensibles et sensibilisés aux arguments de sécurité, les Français restent majoritairement favorables au nucléaire. Avec 75% de la production d’électricité d’origine nucléaire, la France est l’un des pays d’Europe où le prix de l’électricité est le moins cher pour les consommateurs. Et cette électricité ne pollue pratiquement pas puisqu’elle rejette autant de CO2 que l’électricité produite par l’éolien. Reste la question de la sécurité des installations. L’Autorité de Sûreté du Nucléaire a jugé que les deux réacteurs de Fessenheim pouvaient encore être exploités pendant six ans sans risque. Un avis en cohérence avec des situations similaires hors frontières hexagonales. Aux Etats-Unis par exemple, les autorités de sûreté comptent exploiter certaines centrales nucléaires dotées de technologies comparables à elle de la France au moins soixante ans. Il est même question de passer à quatre-vingt ans d’exploitation pour certaines centrales.

Aujourd’hui, le coût de production et de distribution des énergies renouvelables est plus élevé que celui du nucléaire. Mais ce coût est appelé à baisser dans les années à venir, rendant cette énergie verte plus compétitive alors que dans le même temps le coût du nucléaire risque d’augmenter progressivement. Pour assurer une facture à peu près stable aux foyers français et continuer à couvrir les besoins énergétiques du pays, EDF sera probablement contraint de revoir sa stratégie. Une stratégie qui ne pourra nécessairement pas tourner le dos au nucléaire du jour au lendemain, mais qui devra se pencher sur la question de sa complémentarité avec le déploiement des énergies vertes. Loin d’être un événement isolé, la fermeture de Fessenheim, donnera vraisemblablement le coup d’envoi de la sortie du nucléaire français.

Source : @EDF – DIDIER MARC

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • La fermeture, envisagée en 2018, de la centrale de Fessenheim est une erreur industriel car ces 2 réacteurs récemment révisés ont obtenu l’autorisation de fonctionnement pour 10 ans de l’ASN considérée comme l’autorité la plus sévère au monde.
    Cela induira environ 2000 suppression de postes de travail, l’émission supplémentaire d’une dizaine de millions de tonnes de CO2 et l’importation d’électricité à base de gaz ou de combustibles fossiles.
    Quelle incohérence et quel gâchis.

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    • En effet. Et tant qu’il y aura encore des centrales au charbon connectées au réseau électrique européen, fermer Fessenheim ne sera vraiment pas une priorité.

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    • Cela démontre que le nucléaire filière uranium n’a aucune souplesse, un taux de disponibilité souvent de plus en plus déplorable (parfois moins de 60%) et que ce type de situation critique et polluante (et de plus en plus risquée) va se renouveler avec le vieillissement du parc dont une bonne part a été construit en série. On ne peut de plus espérer qu’à force de falsifier les documents par certains acteurs du nucléaire, comme le souligne l’ASN qui a déposé plainte, il n’y aura pas un accident majeur dont le bilan nous impacterait très fortement durablement.

      Il est évident que l’on peut désormais mieux faire au plan énergétique et que l’on a perdu assez de temps à cause d’une poignée de rentiers du nucléaire filière uranium dépassée.

      Pour mémoire le taux de disponibilité de l’éolien ou du solaire sont eux constamment au dessus des 98%.

      Donc un meilleur mix et plus d’efficacité énergétique sont les bienvenus rapidement en France entre autres.

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      • Durant l’épisode de froid qu’a connu notre pays la semaine dernière, le photovoltaïque n’a jamais dépassé les 2,7GW sur 7GW installés à la pointe de midi, avec une production évidemment nulle à la pointe de 19h. L’éolien, lui, n’a pas dépassé les 5GW sur 10,3GW installés. Et tout ça de manière décorrélée de l’évolution de la consommation.

        Le nucléaire, lui, produit en base et en semi-base depuis 30 ans, faisant varier sa puissance et fournissant des services système afin de permettre le fonctionnement du réseau malgré son poids écrasant dans notre mix électrique.

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      • Regardez la réalité. Pendant cette période froide, le nucléaire tournait autour de 56 Gw jour et nuit, le solaire au maximum de la journée à 4 Gw (facteur de charge de 10% par jour) et l’éolien autour de 1,5 Gw (5 GW seulement le 27 janvier, mais 870 Mw le 22, 23, 24, 25). Une production très variable en réalité. Regardez les courbes de production en temps réel sur le site de RTE plutôt que de parler de 98% de disponibilité du solaire et de l’éolien. http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique

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      • Même en Allemagne, le gaz remonte fortement dans le mix énergétique, en compensation du léger recul du Brown coal, du hard coal et du nucléaire. Que peut-on faire de mieux en France ?

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  • @ Bachoubouzouc et CO2 :

    Les facteurs de charge de l’éolien et du solaire à différentes saisons y compris les pires sont connus depuis plusieurs années et même plusieurs décennies en ce qui concerne l’éolien au Danemark notamment.

    Ces facteurs de charge s’améliorent d’ailleurs encore comme on le voit régulièrement avec le repowering dont le coût n’est que de 15 à 20% d’une éolienne neuve, soit moins que les nouveaux investissements dans la rénovation du nucléaire qui n’est pourtant pas complète et le soutien face aux difficultés et à l’endettement désormais chronique et élevé de cette filière, dont les problèmes techniques de la génération 3 comme la dépendance à l’uranium importé ne pourront jamais être réglés sans passer à une autre filière plus coûteuse.

    C’est donc en bonne partie de l’argent évaporé pour rien et dont on aurait pourtant besoin pour investir dans de nouvelles techniques plus optimisées et moins risquées, beaucoup plus créatrices d’emplois et réglant définitivement les problèmes d’énergie et d’importations et le tout sans risques et encore moins de pollution que le nucléaire sur la durée.

    Les épisodes climatiques les pires depuis les relevés météo ont été intégrés dans les modélisations et on sait qu’il est nécessaire de disposer notamment de capacités de stockage (ce qui est aussi le cas du nucléaire mais sous forme unique d’immenses barrages avec tous leurs problèmes notamment à terme comme la Russie y est confrontée) afin d’y répondre, mais que ce n’est pas la seule approche technique (on fait varier par exemple la capacité de telle ou telle énergie en fonction de la région ou du pays et il nous manque notamment plusieurs autres renouvelables encore émergentes en France) et que ces épisodes extrêmes ne sont que de courtes durée sur l’année. Les modélisations prévoient parfois jusqu’à près de 3 mois pour être certain d’y faire face alors que leur durée n’excède le plus souvent pas une quinzaine de jours.

    Dans tous les cas on sait que le solaire comme l’éolien sont en permanence à quasi 100% disponibles et s’ils ont une grande variabilité et intermittence chacun indépendants (ils sont meilleurs en couple), ils sont désormais techniquement très prévisibles, se complètent bien tout au long de l’année comme tous les graphiques en témoignent, les épisodes critiques ne sont pas difficiles à combler notamment par du stockage face aux excédents que l’éolien et le solaire produisent régulièrement à plusieurs périodes de l’année.

    http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/wp-content/uploads/2017/01/ob_85cfd8_ob-dde530-image6.png

    Ce n’est pas pour rien qu’EDF, entre autres, malgré son mix majoritairement nucléaire, investit déjà dans les volants d’inertie puis les batteries et comme d’autres envisage plusieurs formes de stockage plus longue durée (en réseau, souterrain etc). C’est assez génial d’ailleurs à voir fonctionner et l’extrême souplesse et immédiate réactivité que çà apporte, y compris d’autre part sur des véhicules comme Volvo, Ferrari etc.

    Même s’il n’y avait pas de renouvelables, les seuls volants d’inertie pour les durées courtes (comme ensuite le stockage par batteries) optimisent nettement la gestion du réseau face à la variabilité de la demande et aux pics de consommation comme des prix de marché.

    Le réseau actuel a été basé sur une énergie centralisée avec pour défauts beaucoup de gaspillages, une mauvaise efficacité énergétique difficile à traiter, des pics de consommation absurdes avec de multiples grilles-pain au très mauvais rendement pour se chauffer, d’importante capacités de stockage centralisées et dangereuses à terme, face en plus au changement climatique.

    Il est évident qu’il n’est donc pas bien adapté au concept qui repose sur des techniques multiples, une optimisation de l’utilisation de l’énergie à chaque étape, des micro-réseaux plus sécurisés voire indépendants etc.

    Il n’y a par ailleurs pas lieu de raisonner sur 2 seuls aspects des énergies renouvelables (solaire et éolien) mais d’une part sur leur ensemble et d’autres part sur les multiples formes d’intégration tant au niveau national, que régional, des villes, tout comme au plan individuel, sans oublier l’efficacité énergétique et le stockage.

    Par exemple on n’a qu’à peine 6% de réseau de chaleur en France alors que si l’on en avait 50% ou plus comme dans certains pays, nos pics de consommation autour de 20h l’hiver seraient nettement moins critiques voire pas du tout, y compris pour le nucléaire et les barrages.

    Si l’on avait intégré depuis près de 10 ans comme il était techniquement possible (mais pas politiquement correct vis à vis du monopole et de ses représentants sénateurs et députés apparentés) du solaire hybride (PV + thermique) (fabriqué en plus notamment en France) sur les constructions neuves et les rénovations, même avec du seul stockage eau sans parler des matériaux à changement de phase qui arrivent, on économiserait déjà beaucoup d’énergie sans pollution en répondant en grande partie voire le cas échéant intégralement à la demande électrique et de chauffage des logements concernés, y compris pour la mobilité électrique dont la croissance va s’accélérer avec la compétitivité prévue dès 2022 au plus tard et une plus grande autonomie des véhicules.

    J’ai cité parmi d’autres l’exemple preuves à l’appui d’un grand ensemble de logements dans l’Alberta au Canada qui fonctionne depuis une dizaine d’années au solaire toute l’année à 100% chauffage compris (98% au pire) via un stockage saisonnier à 36 m de profondeur et qui permet d’obtenir une énergie durable, fiable, au coût plus que compétitif, et sans risques ni pollution. Pourtant le climat de l’Alberta est nettement plus froid qu’en France.

    De même Engie a bien souligné après étude (je les cite) « très approfondie », que toute la région Paca de 5 millions d’habitants pouvait être à 100% d’énergies renouvelables d’ici 2030 avec un coût inférieur de 20% au nucléaire actuel pourtant largement amorti.

    Et je peux continuer la liste d’exemples et de réalisations qui fonctionnent parfaitement toute l’année, évitent de peser sur le réseau et qui sont des solution durables, sans risques ni pollution et de meilleurs investissements que le nucléaire qui reste une gabegie énergétique au rendement de seulement 33% en France avec des milliards de litres d’eau évaporés chaque année, une très mauvaise utilisation de l’uranium (moins de 2% de son énergie potentielle), une dépendance énergétique totale à des pays à risques, des coûts en croissance, des risques élevés, un monopole qui comme tous les monopoles a fini par abuser de sa situation et n’a pas voulu s’adapter aux évolutions techniques assez rapidement et qui est donc désormais à notre charge, des déchets ingérables sur leur durée etc.

    Autant on peut répondre à des épisodes climatiques critiques dans un mix renouvelables correctement établi avec notamment du stockage sachant que l’on n’aura jamais de défaillance de disponibilité de l’éolien et du solaire dont le taux de disponibilité est couramment supérieur à 98% et dont le système multiplie les micro-réseaux et la sécurité, autant il est beaucoup plus difficile de répondre à la défaillance plus soudaine d’une centrale qui alimente par nature beaucoup plus de population que des éoliennes et du solaire, sans compter que plusieurs de nos réacteurs ont été construits en série avec désormais les mêmes défauts critiques et donc conséquences défavorables possibles. La Grande-Bretagne a connu des épisodes de ce type et nous sommes dans une période similaire comme l’ASN ne fait que le souligner.

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    • A signaler que si le solaire et l’éolien ont produit en 2015 28.5 TWh, le solde exportateur a été de 61,7 TWh, dont 7,7 TWh en juillet. Cela relativise l’utilité de la filière solaire +éolien. La production thermique gaz a progressé de 55 % pour la même année, et les émissions de CO2 sérieusement augmentées. Nous verrons qu’il en sera de même en 2016 quand nous aurons les chiffres.

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    • http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique On dirait que vous ne consultez jamais les données en temps réel de consommation et production électrique en France. Vous y verriez que la consommation serait très loin d’être couverte par la production solaire et éolienne en France dont le niveau est encore extrêmement faible, et la nuit, il me semble que le solaire est inexistant.

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      • @ C02 : bien sûr que si j’ai toujours regardé l’adéquation de la production et de la consommation y compris dans les situations les plus critiques et pas seulement en France, çà ne concerne pas que les renouvelables mais aussi le nucléaire qui par exemple manque de souplesse et produit en permanence trop la nuit obligeant à exporter depuis longtemps vers la Suisse à bas prix pour racheter à prix plus élevé avec une perte de rendement au passage.

        Etudiez çà de plus près et vous verrez le résultat en matière de coûts et d’efficacité énergétique, çà fait partie des points faibles qu’il faut savoir regarder et traiter sans esprit partisan.

        Les pics de consommation liés notamment à nos grilles-pain sont un problème à l’échelon quotidien en hiver y compris pour le nucléaire mais ne sont pas du tout insolubles techniquement (volants d’inertie, batteries, modification du parc avec d’autres systèmes etc). (au passage je ne trouve d’ailleurs pas assez pertinente la solution de Lancey Energy mais c’est une des multiples solutions)

        Ces pics quotidiens sont une absurdité en terme d’efficacité énergétique, de gestion et de prix mais ne sont pas techniquement complexes à résoudre.

        Quant aux conditions climatiques extrêmes et durables, croyez bien que çà a été pleinement analysé, modélisé etc depuis pas mal d’années.

        Il existe plus de 10 études très détaillées (NREL, SRU, Neocarboenergy, Stanford, Univ. d’Helsinki, Armines Paris Tech, Ademe, Negawatt, CEA, Engie etc) de spécialistes de l’énergie concernant le mix français avec des scénarii y compris jusqu’à 100% d’énergies renouvelables.

        Ils intègrent bien les périodes climatiques extrêmes.

        Ces intervenants sont d’origines très différentes donc çà paraît difficile de tous les contester. De multiples cas ont été analysés, chaque énergie et mix ont été comparés de manière très poussée sans esprit partisan avant de choisir le meilleur mix possible. EDF lui même a commencé cette transition et le démontre dans ses investissements.

        Dans tous les cas de figure si vous analysez ces études vous constaterez que l’on peut parfaitement répondre à la demande françaises de quelques 425 TWh annuels et que cela nécessite qu’une capacité de stockage de longue durée qui est en moyenne autour de 20% maxi du mix même si l’on voulait passer à 100% d’énergies renouvelables.

        En outre le nucléaire ne fonctionne pas en s’arrêtant aux frontières de la France pas plus que les autres énergies.

        De même plutôt que d’envisager chaque fois beaucoup de capacités supplémentaires ou du stockage on peut se permettre aussi de gérer encore mieux au niveau européen et au delà. Le réseau Entso-e démontre que le champ est particulièrement vaste et que tout le monde est concerné de la Scandinavie, jusqu’à la Russie et au Moyen-Orient, comme c’est le cas actuellement et se fait dans le cadre d’un commerce d’énergie qui a démontré qu’il fonctionnait bien mais peut encore être optimisé.

        Quand il y a trop de vent ou de solaire sur telle ou telle région comme c’est très fréquent en Europe, pourquoi le perdre ou le transformer avec des pertes d’investissements et de rendements quand on peut le vendre à d’autres. On a vu les erreurs dans ce domaine au Danemark et en Allemagne faute de collaborer assez avec les voisins, ce qui est à présent corrigé, de même que la France avec l’Espagne et le Portugal.

        Par ailleurs ce que vous ne voulez pas voir au plan mondial c’est qu’il existe et qu’il arrive de plus en plus de solutions de production et de stockage d’énergie comme d’efficacité énergétique dont les prix sont de plus en plus compétitifs.

        Cà oblige tous les grands opérateurs à changer de stratégie comme on le constate, mais çà permet aux régions, villes, communes et particuliers d’envisager – face à des fournisseurs dont les prix sont en hausse et qui sont de plus endettés – une autonomie partielle voire de plus en plus totale.

        Il ne se passe pas un mois sans que telle ville ou région dans le monde annonce des avancées dans ce sens.

        Il est de plus en plus difficile à ces grands opérateurs de faire des marges dans ce contexte et pourtant ils se battent pour tenter d’éliminer la concurrence, le cas de Trump et les nominations aux Etats-Unis pour tenter de venir en aide au secteur du gaz de schiste ou du charbon en sont un exemple, comme il y a quelques années en Australie ou au Canada ou encore en Pologne voire en Allemagne et les gesticulations en France du secteur nucléaire ne sont pas nouvelles, combien de technologies pertinentes ont été écartées car elle nuisaient à ce monopole, çà été le cas du solaire, des énergies hydrauliques dont il existaient de nombreux opérateurs auparavant (délais de raccordement EDF de parfois 7 ans !) etc.

        Résultat on a peu de produits à exporter et on a pris du retard, nous obligeant comme d’habitude à racheter des concurrents au prix fort.

        Si vous habitez une maison, en utilisant du solaire hybride (PV + thermique) (panneaux Dualsun ou tuiles Nelskamp etc selon la configuration et l’esthétique voulue) + du stockage chaleur sous forme de matériaux à changement de phase type Sunamp, un stockage électrique Na-ion type Aquion Energy ou recyclé type Tesla/Solarcity ou autres dont on connaît les prix, vous êtes déjà actuellement quasiment proche d’amortir ces investissements en une dizaine d’années maxi selon les différents paramètres variables à chaque habitat et selon vos consommations. Mieux encore si vous avez un véhicule électrique que vous utilisez souvent.

        Les prix ont encore un potentiel de baisse et comme on le voit dans de plus en plus de pays ces technologies commencent à se diffuser.

        Il n’y a donc pas lieu de raisonner dans le cadre d’un monopole centralisé classique mais d’énergies et de stockage qui arrivent à la fois en amont par les opérateurs qui y voient un intérêt économique et aussi en aval par les particuliers comme les régions.

        Et çà ne se passe pas qu’en Californie ! Cà touche désormais 170 pays comme l’a recensé encore récemment l’Irena.

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  • Les réalités parlent d’elles-même :

    Union européenne : « Sur la base des données de 2014 la part des sources renouvelables a atteint 16 % de la consommation finale brute d’énergie de l’UE.

    Au cours de la période 1990-2015, le produit intérieur brut (PIB) global de l’UE a augmenté de 50 % tandis que les émissions totales ont diminué de 22 %. »

    https://www.bioenergie-promotion.fr/49326/leurope-va-atteindre-ses-objectifs-denergie-renouvelable-pour-2020/

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    • Vous oubliez, comme tant d’autres personnes ( dont notre ministre de l’énergie et de l’environnement) de préciser que l’essentiel de la production renouvelable se trouve être l’hydraulique (75 %) que vous dénoncez régulièrement.
      Concernant les émissions totales ont diminuées à partir de l’année 1990, mais sont réparties à la hausse en France, Allemagne et Danemark dès 2015 (la crise économique est passée par là).
      D’ailleurs, et vous pouvez le vérifier, les émissions ont baissées un peu partout dans le monde à la même époque grâce à l’efficacité énergétique et à la montée en puissance de la consommation de gaz se substituant au charbon et au pétrole.
      Toutes les solutions que vous préconisez concernant l’habitat sont difficilement applicables à l’ancien (99% de l’habitat), ni aux commerces, ni aux bâtiments administratifs publics ou scolaires.
      Concernant les échanges transfrontaliers, la France exporte le plus souvent son électricité lorsque les cours sont élevés (en cas de baisse importante du solaire et de l’éolien en Europe et une forte consommation) et en importe à l’inverse en général lorsque les cours sont bas (voire négatifs comme le 15 mai 2016 suite aux surproduction solaire et éolienne, et une faible consommation) . Voir étude en format PDF : http://www.sauvonsleclimat.org/production-denergie/electricite/essayer-de-comprendre-les-%C3%A9changes-d-%C3%A9lectricit%C3%A9-franco-allemands.html
      L’objectif de 100% d’énergies renouvelables en 2020 semble bien compromis vu la remontée de la production thermique à flamme ( en valeur absolue) dans la production d’électricité dans bien des pays européens (France, Allemagne, Espagne, Danemark,..)

      Répondre
      • Merci de votre document très intéressant C02 mais çà confirme un excédent de renouvelables en Allemagne, ce qui n’est pas vraiment un problème (export d’énergie décarbonée à bas prix) notamment avec l’arrivée de la mobilité électrique (nous sommes désormais leader en Europe en venant de dépasser la Norvège et Renault, si critiqué au départ tout comme notre ministre de l’environnement Ségolène Royal qui a un plutôt un assez bon bilan global, est également dans les premiers) et du stockage.

        http://www.avere-france.org/Site/Article/?article_id=6847

        Non je n’oublie rien ni ne critique l’hydraulique, je souligne seulement que les multiples technologies actuelles permettent de plus nombreuses solutions de stockage, moins risquées, exactement là où il faut, avec souvent un meilleur rendement, plus adaptées et au coût de plus en plus souvent meilleur marché. C’est l’un des nombreux avantages des renouvelables et de multiples formes de stockage par rapport au nucléaire qui a l’avantage de la densité énergétique mais les inconvénients qui vont avec comme de très lourdes capacités de stockage qui coûtent cher au départ comme à la fin avec à ce moment là de gros risques (ruptures de barrages comme en Russie) et peuvent poser problème avec le réchauffement climatique (parfois beaucoup moins d’eau).

        Cà n’a rien de comparable bien sûr mais par exemple pour des stockages à l’échelon, individuel, d’un quartier, d’une commune ou plus, pour ne citer qu’un seul exemple rapidement, on fait par exemple des batteries de flux qui ont un rendement de 90%, sans toxicité et sans perte de charge (Nanoflowcell et autres). Ce n’est pas la seule technique satisfaisante.

        Toutes les techniques que j’ai évoqué s’adaptent au contraire à l’habitat ancien, aux commerces etc. car comme vous le soulignez l’ancien est le principal marché donc elles ont surtout été étudiées pour cela compte tenu de l’aspect commercial.

        Il y avait encore hier soir un document d’Envoyé Spécial plutôt bien fait sur Areva qui résumait les déboires de ce groupe d’Etat. Ce sont plusieurs milliards partis en fumée car on a voulu pousser une filière sans voir qu’elle était à ses limites techniques et économiques, un peu comme dans votre vision des choses.

        Ce que je remets en cause ce sont les dépenses qui sont désormais bien trop élevées dans la filières « uranium » (qui essaie de survivre) alors que l’on a délaissé la filière « thorium » et les process qui permettaient d’utiliser au mieux nos déchets voire ceux d’autres pays en réduisant les risques, très fortement la durée de vie des déchets et avec un bien meilleur rendement et visibilité dans le temps.

        Et surtout le fait d’avoir délaissé les renouvelables (qui pour bien comprendre leur potentiel à tous les échelons incluent toutes les techniques en amont et en aval et pas juste éolien solaire etc) et l’efficacité énergétique et qu’on les sous estime encore souvent en France comme vous le faîtes car vous ne vous penchez pas sur les avancées les plus intéressantes du secteur dans le monde. Et en plus il y a encore beaucoup de potentiel alors que la filière 3 uranium est techniquement dans une impasse.

        C’est comme la mobilité, on peut l’aborder en parlant des voitures, mais il faut en fait l’aborder avec toutes les formes de mobilité d’une part (sinon on est en difficulté malheureusement comme Autolib avec l’arrivée d’Uber et des robots taxis autonomes) et d’autre part avec toutes les techniques les meilleures pour la motorisation la plus efficiente : solaire directement sur le véhicule comme le fait A2 Solar, abaissement du poids du véhicule, utilisation de toutes les formes d’énergies (au choix récupération au freinage, volants d’inerte, triboélectricité, énergie des suspensions, chaleur des pneumatiques comme le fait Goodyear avec son BH-03, charge par induction dont les rendements sont désormais de 91/94% quasi équivalents avec une charge directe etc

        Là où il fallait des moteurs de plus 50 KW on arrive vers les 10 KW en quelques années, c’est énorme à l’échelon du parc à venir mondial.

        Le groupe danois Vestas est sur le point de sortir des éoliennes offshore de 10 MW, c’est techniquement très avancé et avec un facteur de charge offshore moyen de 34% en France, un taux de disponibilité de plus de 98% (à comparer au rendement de 33% du parc nucléaire français et un taux de disponibilité moyen à peine supérieur à 70%), permet une production pérenne et sans problème très importante (et en plus recyclable).

        Bachoubouzouc pense qu’il faut rénover l’intégralité du parc nucléaire et que le prolonger bien au delà de sa durée initiale ne posera pas de problème et permettra un abaissement du prix de l’énergie fournie.

        Sur le papier çà peut sembler attrayant. En pratique comme on peut le constater notamment aux Etats-Unis de façon détaillée, çà pose de nombreux et importants problèmes techniques imprévus et de coûts (comme de savoir-faire).

        Au final on dépasse comme toujours largement les budgets, on ne peut tout rénover techniquement, on augmente notoirement les risque et on a perdu du temps et de l’argent pour les autres filières et technologies qui elles évoluent favorablement. En plus on en perd les marchés mondiaux et les emplois et là c’est économiquement colossal. On améliore également pas assez la façon d’utiliser au mieux l’énergie donc la gabegie continue et l’uranium a ses limites dans le temps qui ne sont que de 50 à 70 ans. Donc mauvais bilan global et pour rien en définitive puisque l’uranium est limité, il faut donc ensuite à nouveau remettre au pot.

        En réalité c’est une filière qui défend ses intérêts mais n’est pas scientifiquement objective. On peut rénover des réacteurs mais vus les sommes en jeu que l’on peut facilement augmenter de 30% afin d’être plus prévoyant et vus toutes les dépenses déjà faîtes (renflouement d’EDF et d’Areva) qui s’accumulent et qui vont devoir se renouveler dans le temps tout comme de nouvelles rénovations du nucléaire à nouveau 10 ans après, on voit très vite qu’avec seulement une part de ces sommes on peut traiter des problèmes bien plus efficients, durables et urgents dans le domaine de l’énergie et compte tenu de notre dépendance de quelques 50% aux importations qui coûtent elles aussi très cher et dont aurait bien besoin.

        A titre personnel je pense qu’il est préférable de ne rénover que les centrales qui en valent la peine, de ne pas créer d’EPR nouveau dont la technologie est définitivement dépassée comme son coût et de consacrer les importantes sommes restantes à traiter les problèmes énergétiques qui ont le plus d’impact avec toute la gamme de technologies renouvelables et d’efficacité énergétique dont on dispose voire sur le point de disposer, selon.

        C’est à dire avec une plus grande ouverture d’esprit, sans esprit partisan ni de lobby, en analysant chaque technique et en anticipant, ce qui n’est pas assez fait dans les débats sur l’énergie avec des gens pas assez formés ni informés comme on a pu le voir au parlement et au sénat et dont une part défend des intérêts de soutiens à des partis politiques.

        Fillon s’est attribué le développement d’internet, il a seulement participé très partiellement à sa démocratisation déjà avancée. En réalité c’était Hubert Curien ministre de la recherche avant lui qui était un scientifique ancien directeur du CNES et s’est avéré un très bon ministre, discret, mais permettant des avancées notoires dans plusieurs domaines et de hisser la France à un bon niveau tant dans la recherche que dans internet (il y avait déjà 2,5 millions d’abonnées à son départ) que dans beaucoup de domaines dont entre autres les renouvelables où l’on était techniquement parmi les leaders et où l’on aurait pu capter les très importants marchés mondiaux que l’on a vu se développer ensuite et qui continuent.

        Comme quoi lorsque l’on a une vision indépendante et les qualifications on peut obtenir de meilleurs résultats sans être politique et sans faire de casse même si les exemples de ce type ne sont pas si nombreux malheureusement pour nous.

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  • Si Fillon passe (en avril,puis en Mai 2017),et devient le prochain président,la centrale de Fessenheim ne fermera pas.Ou pas avant 2022,si un autre président élu en 2022 veut bien la fermer.
    Finalement,tout est une question d’élection.

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