Énergies vertes : le modèle du Costa-Rica à la loupe Énergies vertes : le modèle du Costa-Rica à la loupe

Énergies vertes : gros plan sur le Costa-Rica

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Situé en plein cœur de l’Amérique centrale, le Costa-Rica est un pays discret qui poursuit pourtant avec efficacité sa transition énergétique. Ces dernières années, il est même devenu le seul pays au monde dont l’électricité provient presque à 100 % d’énergies vertes. Un modèle pour d’autres pays plus riches qui peinent à réévaluer leur mix énergétique, mais aussi pour des pays en développement qui refusent parfois de prendre leurs responsabilités face au réchauffement climatique. Pourtant, rien ne prédestinait ce petit Etat à devenir un élève modèle en matière d’énergies durables. Aujourd’hui, tous les regards sont braqués sur le Costa-Rica qui pourrait bien devenir le premier pays neutre en émissions de carbone à l’horizon 2020.

Le mix idéal

En 2016, 98,1 % de l’électricité produite au Costa-Rica provenait des énergies renouvelables. C’est un peu moins bien qu’en 2015 où le pays avait déjà atteint 98,9%, mais compte tenu du développement des besoins électriques du pays, le score reste impressionnant. Et pour maintenir ce niveau exceptionnel, le gouvernement peut tabler sur plusieurs sources d’approvisionnement. Dans un pays où l’eau est loin d’être une denrée rare, le choix de l’hydraulique s’est naturellement imposé aux autorités qui ont de fait construit leur mix énergétique autour de cette ressource ; la géothermie et l’éolien venant compléter le dispositif. Mais le pays ne s’arrête pas là : les autorités ont récemment décidé d’investir dans le développement du solaire et de la biomasse. Le cap est clair : atteindre enfin le seuil tant convoité du 100% d’énergie verte à la fin de 2017.

Mix énergétique du Costa-Rica pour 2016

Pour cela, le Costa-Rica peut compter sur des infrastructures impressionnantes : le barrage d’Arenal et son lac artificiel est la plus grosse réserve d’eau jamais construite en Amérique centrale. Sa capacité maximale de stockage est estimée à 2,5 milliards de mètres cubes. Il alimente trois usines hydrauliques, construites en cascade, qui fournissent une part importante de l’électricité nationale. Mais soucieux de ne pas être dépendant d’une source d’énergie unique et conscient des risques naturels liés au changement climatique, le gouvernement costaricain a décidé de développer d’autres sources d’énergies renouvelables. Et il a jeté son dévolu sur la géothermie et l’éolien.

La géothermie est la deuxième source d’énergie verte du pays, notamment grâce au Miravalles, un volcan situé au nord-ouest du Costa-Rica. Au total, ce sont cinq usines géothermiques qui ont été installées à flanc de volcan pour profiter de son activité thermique. Dans les années à venir, le Costa-Rica souhaiterait d’ailleurs augmenter encore sa capacité de production en géothermie. En construisant notamment d’autres usines sur les flancs des six autres volcans en activité que compte le territoire.

Le Costa-Rica a été l’un des tout premiers pays au monde à s’intéresser au potentiel de l’énergie éolienne. Dès les années 1980, les autorités envisagent de se doter d’éoliennes pour capitaliser sur une autre ressource naturelle disponible en grande quantité sur le territoire : le vent. Dans les hauteurs, la force du vent atteint régulièrement les 100 km/h ; idéal pour bâtir des parcs éoliens et espérer en tirer une forte production électrique. Trente ans après, les résultats sont là : l’énergie verte produite par les éoliennes représente la troisième source de production d’électricité. Le pays compte neuf parcs éoliens et compte encore investir dans cette énergie en construisant huit parcs supplémentaires d’ici 2018.

Pourquoi une telle avance ?

A priori, le Costa-Rica n’avait aucune raison de devenir la figure de proue de la transition énergétique. C’est un pays de petite taille qui tire l’essentiel de sa richesse de son agriculture. La raison à cet extraordinaire développement vert tient en réalité à une faiblesse intrinsèque : le pays ne dispose d’aucune ressource énergétique propre. A la différence de ses voisins d’Amérique du Sud comme le Venezuela et l’Equateur, le Costa-Rica ne compte pas d’importants gisements de pétrole. Il ne peut pas non plus compter, comme la Bolivie, sur d’importantes sources de gaz. Pour éviter la dépendance énergétique, il lui fallait donc trouver une alternative, et les énergies renouvelables ont été la réponse la plus évidente à ses problèmes d’approvisionnements.

La production et le système de distribution d’électricité ont été nationalisés en 1949 par le président José Figueres Ferrer. Le gouvernement a alors eu les mains libres pour mener une politique énergétique ambitieuse et structurée avec une seule obsession : assurer l’autonomie énergétique du pays. Encore aujourd’hui, la participation des entreprises privées au secteur énergétique est limitée à 30 %. Le pari de la nationalisation s’est donc avéré payant puisque le système d’approvisionnement électrique est parfaitement rationalisé et permet de couvrir tous les besoins.

Aujourd’hui, le pays est parvenu à créer une dynamique vertueuse : second pays le plus riche d’Amérique du sud, il est également celui dont le régime politique est le plus stable. Deux arguments qui rassurent particulièrement les investisseurs étrangers. Le gouvernement japonais a récemment fait don aux autorités d’une usine solaire expérimentale : avec ses 4 300 panneaux photovoltaïques, cette dernière est sensée démontrer le potentiel du solaire dans le pays et convaincre le gouvernement d’investir davantage dans cette ressource.

Vers une neutralité en émissions carbone ?

Seule ombre qui pourrait ternir ce beau tableau, le coût d’un tel développement. Le choix de la transition énergétique coûte cher au pays. En effet, les énergies fossiles et le gaz naturels sont bien moins chers à produire, stocker et distribuer que les énergies renouvelables. Pour autant, le modèle économique n’est pas remis en cause par la politique énergétique du gouvernement.

Pour devenir le premier pays neutre en CO2, le Costa-Rica va en revanche devoir s’atteler à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. La première source de pollution du pays est le trafic automobile : le nombre de véhicules a grimpé en flèches ces dix dernières années, et les transports en commun sont loin d’être adaptés aux besoins de la population. Un problème que le gouvernement compte bien régler en tablant une fois encore sur son atout majeur : l’électricité verte. Un grand projet de train électrique interurbain est déjà prévu. Au Costa-Rica, l’énergie verte est devenue le moteur du développement de tout un pays.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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