2016, une année record pour l'énergie éolienne en France 2016, une année record pour l'énergie éolienne en France

2016, une année record pour l’énergie éolienne en France

éolienne

La stabilisation progressive du cadre réglementaire et économique de la filière éolienne en France continue de porter ses fruits. Après deux années 2014 et 2015 très positives, les professionnels du secteur ont enregistré l’année passée un taux de croissance record des nouvelles capacités raccordées au réseau national, laissant présager un avenir florissant répondant aux attentes de la transition énergétique. Le développement de la filière éolienne s’inscrit en effet désormais sur la trajectoire des objectifs nationaux en termes de capacités installées à l’horizon 2018 (15 GW).

Une croissance de 45 % sur un an

Si les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont fortement chuté en 2016 selon le dernier bilan du cabinet d’étude BNEF (Bloomberg New Energy Finance), le secteur éolien fait figure d’exception. La filière a su tirer son épingle du jeu et bénéficier d’investissements en hausse de 40 % à l’échelle internationale pour atteindre 29,9 milliards de dollars. Cet engouement est en partie lié à une meilleure rentabilité du secteur grâce à des turbines plus grandes et une meilleure maîtrise des techniques de construction.

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En France, le rythme de croissance de l’éolien a véritablement repris en 2014 (avec 1173 MW raccordés cette année-là, soit un niveau proche du précédent record de 2010), grâce à une simplification des démarches administratives et à une sécurisation du tarif d’achat éolien. La deuxième édition de l’Observatoire de l’éolien publiée par France Energie Eolienne (FEE) fait en effet état d’une nette augmentation de la construction et du raccordement de nouveaux parcs éoliens onshore sur ces deux dernières années, et salue aujourd’hui les performances d’une année 2016 exceptionnelle.

Selon Olivier Pérot, président de FEE, l’énergie éolienne aurait battu l’année dernière un nouveau record de développement dans l’Hexagone, avec près de 1560 MW de nouvelles capacités installées pour une capacité totale dépassant désormais les 12.000 MW (répartis dans 102 parcs composés de 686 turbines). « C’est une croissance de pratiquement 45 % (sur un an) et pour l’instant une année record » depuis les débuts de l’éolien en France, a déclaré M. Pérot.

Un cadre réglementaire simplifié pour plus de visibilité

Puissance éolienne raccordée en 2016 (MW)
(Répartition par constructeur)

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, venue renforcer l’effort de simplification du cadre juridique, explique en partie ces bons résultats, mais pas seulement. « Un certain nombre d’éléments favorables, la relative stabilité de la réglementation et une simplification » du cadre réglementaire, ont favorisé le dynamisme retrouvé de la filière, explique M. Pérot.

Les professionnels du secteur ont en effet bénéficié depuis 2013 de la suppression des zones de développement de l’éolien (ZDE), et de la règle dite « des 5 mâts » qui interdisait les parcs de moins de cinq turbines. Mais également de l’expérimentation du permis unique, des investissements réalisés ces dernières années sur le réseau électrique pour intégrer les énergies renouvelables et du mécanisme de soutien public à la production d’électricité éolienne.

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Tous ces éléments « ont permis aux acteurs de la filière d’investir car ils avaient une visibilité », et devront être maintenus à plus long terme si la France veut parvenir à réaliser les objectifs de raccordements fixés pour l’éolien terrestre à 12.000 MW installés en 2018, et entre 21.800 et 26.000 MW en 2023.

De nouveaux défis à relever pour 2017

Si le président de France Energie Eolienne paraît confiant pour les mois à venir, 2017 sera toutefois synonyme de nombreux défis pour les acteurs de la filière. « On a franchi un cap qui devrait être confirmé en 2017, mais maintenir le même rythme suppose de continuer à simplifier et un meilleur traitement des recours » contre les projets, prévient-il.

En outre, la transition des tarifs d’achat bonifiés de l’électricité (que les opérateurs vendaient à EDF) fixés à 82 euros le MWh à la vente de l’électricité produite directement sur le marché, s’annonce moins confortable que prévu pour les professionnels de la filière éolienne. Le niveau de soutien public accordé aux petits projets éoliens terrestres (moins de six éoliennes) à partir de 2017 permettra une rémunération de seulement 72 euros par mégawattheure produit, quand les professionnels en espéraient au moins 76 euros. « Ce niveau d’aide sera atteint grâce au versement d’un complément de rémunération accordé par l’Etat qui s’ajoute au prix de vente de l’électricité produite sur le marché », précise le projet d’arrêté.

Lire aussi : Éolien : le mécanisme de soutien 2017 n’est pas à la hauteur des attentes des professionnels

Les industriels devront donc s’adapter à ce nouveau mécanisme de soutien et n’auront finalement d’autres choix que de diminuer progressivement leurs coûts de production via l’installation de machines plus puissantes. Pour les plus grandes exploitations enfin, les opérateurs devront désormais se confronter au système des appels d’offres dont le premier doit être lancé cette année.

Crédits photo : FEE

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Errata : les 29 Mds € d’investissements en hausse de 40% concernent l’offshore, pas l’onshore qui, au contraire, a décru.
    Les 686 turbines correspondent probablement uniquement aux nouvelles installations de 2016.
    L’objectif 2018 et à 15 GW et non 12 (dans le texte).

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    • Le taux de disponibilité du nucléaire qui tombe de plus en plus souvent à moins de 60% et dont le rendement n’est que de 33% est en effet de plus en plus aléatoire et risqué avec un bilan énergétique de plus en plus médiocre alors que nos voisins danois et allemands, entre autres, n’ont pas ces problèmes avec les renouvelables y compris intermittentes dont le taux de disponibilité est maximal, c’est une autre approche d’ensemble mais c’est plus fiable, indépendant en terme de ressources, sans risques ni déchets à risques élevés d’ultra-longue durée et moins coûteux à terme, on va le constater après la Suède au Danemark avec la réduction de la taxe sur l’efficacité énergétique pour le tarif des particuliers (celui des entreprises étant déjà équivalent au nôtre), compte tenu des résultats déjà obtenus, alors qu’en ce qui nous concerne nous sommes en retard en France également sur ce thème de l’efficacité énergétique à cause du monopole de la filière nucléaire uranium et de ses quelques privilégiés rentiers encore récemment soutenus à coup de milliards vus leurs déficits chroniques (Areva, EDF en France, Toshiba au Japon etc)

      C’est d’autant plus important avec l’arrivée des véhicules électriques dont la compétitivité et une autonomie augmentée seront 2 problèmes réglés avant 2022 au plus tard comme le prouve entre autres les dernières annonces de Samsung et d’autres.

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  • L’AIE, entre autres Ademe, Engie, Mines Paris Tech etc qui sont pourtant très différents les uns des autres, aboutissent exactement au même bilan que je précisais :

    « Si les objectifs français en matière d’énergies renouvelables sont ambitieux, l’AIE déplore qu’il faille 7 ans en moyenne en France pour élever une éolienne. Conséquence : les ENR ne fournissent que 16% de l’électricité tricolore, contre 24%, en moyenne, dans les pays de l’AIE. «Le rythme actuel ne permettra pas à la France d’atteindre son objectif à 2030. Pour ce faire, la croissance requise, ces 5 prochaines années, devra être deux fois supérieure à celle des 9 dernières années».

    L’Hexagone est aussi à la traîne de ses objectifs de réduction de la demande. Comment, en effet, passer d’une consommation de 147,7 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep/an), en 2014, aux 131 Mtep/an requis par la LTECV dès 2020, s’interroge l’AIE. «La réussite de la transition énergétique dépendra de la capacité de la France à mobiliser les investissements en faveur des énergies renouvelables, de la maîtrise de la demande et de la gestion du parc nucléaire». Pour y parvenir, les rapporteurs suggèrent d’affiner la PPE. Par exemple, en fixant clairement des signaux-prix sur le carbone sur une longue durée; en définissant les actions visant à accroître la production de chaleur renouvelable. »

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  • Un autre pays 100% énergies renouvelables sous peu et pourtant il y fait plus froid qu’en France, le soleil s’y couche plus tôt l’hiver, l’industrie lourde consomme plus d’énergie par habitant et le potentiel de variétés de renouvelables est moindre qu’en France :

    Suède 100% d’énergies renouvelables en 2040 :

    « L’énergie nucléaire est très coûteuse en raison des règlements de sécurité et du financement de la gestion à long terme des déchets nucléaires, entre autres » a déclaré Anne Vadasz Nilsson, directrice générale du Swedish Energy Markets Inspectorate.

    «Les énergies renouvelables sont moins coûteuses tout comme moins chères à mettre en service et à faire fonctionner, ce qui lié à de faibles prix de gros rend désormais moins probable que les nouvelles centrales nucléaires remplacent les autres qui seront supprimées au fil du temps »

    http://uk.reuters.com/article/uk-sweden-renewables-idUKKCN12P0E8

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    • 2040 Nous n’y sommes pas.
      En Suède, nucléaire et hydraulique sont majoritaires. En France, nous n’avons pas les mêmes atouts. Par habitant, nous consommons 4 fois moins l’électricité. Cela fait que les Suédois font appel, par kwh, à deux fois plus de nucléaire qu’un Français. Le nucléaire en Suède (40% du mix électrique) n’est pas près non plus de disparaître . https://lenergeek.com/2016/07/07/la-suede-renforce-la-place-du-nucleaire-dans-son-mix-energetique/

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      • 2040 c’est assez proche en terme de politique énergétique car il faut 8 à 10 ans en Suède également pour l’implantation de nouvelles centrales et 2044 est la date limite en âge de leur parc actuel démarré au début des années 70, sauf à vraiment le prolonger très au-delà des normes et donc de prendre des risques élevés et d’augmenter les coûts ce qui est peu probable. Leur population pourrait également être autour de 11 millions d’habitants en 2025 avec notamment une consommation internet non négligeable et accueil de serveurs, ainsi qu’une mutation de la mobilité vers principalement l’électrique.

        Nous avons au contraire plus d’atouts qu’eux car toutes les formes d’énergies renouvelables, dont le 2e gisement venteux d’Europe, et le solaire qui en hybride (rendement de plus de 80% avec PV + thermique) appliqué ne serait-ce qu’aux immeubles/entreprises dans les meilleures zones donne un potentiel d’énergie considérable, et plus de biomasse/biogaz facilement exploitable et meilleur taux de renouvellement également notamment. Nous avons également beaucoup d’habitants près des zones de production solaire, vent, hydrolien etc.

        Nous sommes également au centre du réseau électrique européen ce qui est favorable tant à l’import qu’à l’export alors que la Suède est en bout de chaîne avec donc des limites très importantes.

        Leur industrie lourde (bois, papier, acier) consomme également beaucoup plus comparativement à notre industrie et leur climat est beaucoup plus froid.

        Leur consommation est centrée au Sud comme en Allemagne ce qui pose aussi des problèmes de centralisation et de transport que nous n’avons pas – et de très loin – au même niveau.

        En terme d’hydraulique ils sont en effet comparativement mieux lotis que nous mais nous avons beaucoup de possibilités de stockage à tous les niveaux avec les technologies actuelles et à venir car les grandes formes de stockage sont au final très coûteuses et peuvent à terme être très dangereuses avec l’âge des barrages, donc ce n’est plus nécessairement un handicap.

        Dans tous les scénarii récents que le gouvernement suédois a étudié au delà de 2020, 2 sur 4 sont à 100% renouvelables, 1 à 75% renouvelables et 1 seul à 50% de renouvelables mais il donne une énergie plus chère pour les particuliers et une moindre efficacité énergétique dans les entreprises comme chez les particuliers donc au final un moins bon bilan général.

        Voir page 66 le bilan (il faut cliquer sur « ladda ner » = télécharger, pour avoir le document en pdf)

        https://energimyndigheten.a-w2m.se/Home.mvc?ResourceId=5603

        Je ne suis pas devin mais compte tenu de la baisse des prix des renouvelables et des évolutions techniques comme de la baisse des prix du stockage il y a fort à parier comme l’évoque l’Académie des Sciences suédoise et plusieurs universités que le mix le plus intéressant soit à minima nucléaire à l’horizon 2040/2050 comme 3 scénarii sur 4 le concluent déjà.

        Ils n’estiment pas non plus intéressante la filière uranium et son faible rendement d’où leur coopération avec notamment les Indiens sur la 4e génération.

        Cà me paraît plus intelligent d’avoir si nécessaire et selon les coûts à venir une part nucléaire à minima compte tenu de leur situation mais de nouvelle génération qui utilise mieux l’énergie avec moins de risques que la filière 3 uranium actuelle dépassée et c’est aussi un scénario plus satisfaisant pour la France plutôt que de stocker des déchets sur plus de cent-mille ans et qui ont encore du potentiel.

        Mais c’est dans tous les cas un scénario à minima compte tenu des coûts et du fait que l’on utilise encore très mal l’énergie dans l’urbanisme, la conception des bâtiments, dans également encore beaucoup trop de produits et également dans la mobilité et ce pour entretenir quelques lobbies et rentiers de certains secteurs comme l’énergie.

        De plus c’est bien vers une décentralisation que l’on s’oriente grâce aux différentes technologies donc le modèle centralisé nucléaire a un triple handicap :

        – de devoir passer à une technologie plus sécurisée pas encore prête
        – d’offrir des prix compétitifs ce qui est déjà devenu impossible mais l’est encore plus pour une technique de génération 4
        – d’affronter le fait que les technologies permettent à chacun comme aux régions d’être de plus en plus y compris totalement autonome avec le solaire hybride, le stockage, les véhicules et toute mobilité électrique et donc une meilleure efficacité énergétique d’ensemble.

        La réalité est déjà comprise par différents groupes y compris importants comme Engie, Bouygues, Total etc qui commencent à s’adapter et les multiples start-up que souvent ils soutiennent.

        Il n’y a que chez Rosatom, groupe des oligarques proches de Poutine que l’on distribue des bonbons dans les écoles et des financements à certains partis politiques pour faire croire à l’avenir de la filière uranium !

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