Des datacenters souterrains moins énergivores dans les pays de la Loire Des datacenters souterrains moins énergivores dans les pays de la Loire

Deep Data : des datacenters souterrains moins énergivores dans les pays de la Loire

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Les sous-sols en tuffeau de la région de Saumur dans le Maine-et-Loire accueillent depuis le mois de juin dernier pour expérimentation plusieurs serveurs informatiques dans le cadre du projet Deep Data. L’objectif est de profiter de la fraîcheur ambiante des galeries troglodytes pour y installer des datacenters pour le compte d’administrations ou d’entreprises, et réduire ainsi leur consommation d’énergie.

Des datacenters économes en énergie

A l’heure du Big data et du tout numérique, les serveurs de stockage informatiques (appelés plus communément « datacenters ») sont au centre de toutes les attentions. Les géants du web (Microsoft, Apple et Google pour ne citer que les plus connus) investissent désormais massivement dans les énergies renouvelables afin d’améliorer le bilan carbone de ces installations de stockage très énergivores.

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Très sensibles à la chaleur, elles nécessitent en effet une climatisation constante qui se répercute logiquement sur la facture énergétique des opérateurs. Or, si les énergies solaire ou éolienne permettent bien de réduire les émissions de CO2 liées à la forte consommation d’énergie de ces datacenters, elles ne permettent pas pour autant d’en réduire le coût. Un problème auquel Deep Data pourrait bien avoir trouvé une solution.

« Profiter de la fraicheur des sous-sols pour refroidir de manière naturelle les serveurs informatiques. »

Ce consortium français souhaite profiter de la fraicheur des sous-sols pour refroidir de manière naturelle les serveurs informatiques. Comme l’explique au Figaro Laurent Trescartes, l’un des membres du consortium, l’objectif est avant tout de « développer un nouveau modèle de datacenter non climatisé car refroidi naturellement« . Pour un opérateur, cela représenterait de très grosses économies de fonctionnement et d’investissement lorsque l’on sait que 40% de l’énergie consommée par ces installations est consacrée au refroidissement.

Des milliers de kilomètres de réseaux souterrains inexploités

Galeries souterraines, anciennes carrières de tuffeau dans le Val de Loire
Galeries souterraines, anciennes carrières de tuffeau dans le Val de Loire

Les milliers de kilomètres de galeries qui parcourent le sous-sol de la région des Pays de la Loire présentent dans ce cadre toutes les caractéristiques naturelles requises. Affichant une température stable de jour comme de nuit (11 à 12°C), elles permettraient de réaliser 30 à 40% d’économies d’énergie, pour un gain financier de 120.000 euros par an. Des chiffres qui ne manqueront pas d’attirer les entreprises, d’autant plus que ce dispositif est très rapide d’installation, ajoute Laurent Trescartes. La galerie existante ne nécessite en effet aucun investissement supplémentaire en termes d’infrastructures.

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Creusés afin d’extraire la pierre blanche de tuffeau utilisée entre autres pour la construction des châteaux de la Loire, ces immenses souterrains ont longtemps servi de champignonnières avant d’être abandonnés. Ils pourraient retrouver aujourd’hui une nouvelle fonction pour le plus grand bonheur des pouvoirs publics. Depuis trois ans, le consortium Deep Data formé pour l’occasion, a investi dans l’expérience environ un demi-million d’euros, dont 300.000 fournis par le conseil régional des Pays de Loire, 50.000 par le conseil départemental du Maine et Loire et le reste par les entreprises partenaires.

Une première expérimentation encourageante

Un premier prototype a été mis en place au mois de juin dernier. Un module d’une vingtaine de mètres carrés au sol contenant des serveurs d’une capacité de 3.200 térabits (3,2 millions de gigas) tourne sans arrêt. Des tuyaux circulent dans les galeries inutilisées, ramenant la température de l’eau de refroidissement de 19 à 15°C. Une technique de refroidissement certes simple mais très efficace. Selon les techniciens, des serveurs occupant une surface de 400 mètres carrés pourraient être installés dans la carrière-test, avec des circuits de refroidissement parcourant près de 10 kilomètres de galeries.

« Un premier prototype a été mis en place au mois de juin dernier. »

Au total, « les milliers de kilomètres de souterrains du Val de Loire pourront bientôt abriter à moindre coût des centaines de modules de serveurs« , estiment les concepteurs du projet, soulignant en parallèle la grande souplesse du dispositif offerte notamment par l’utilisation de conteneurs préfabriqués et la parfaite sécurisation des données stockées.

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Forts du succès du premier prototype Deep Data, ses concepteurs espèrent commercialiser leur solution économe en énergie dès le second semestre 2017. Ils sont d’ailleurs très optimistes compte tenu des bonnes perspectives du secteur. Nicolas Aubé, président de Céleste (entreprise spécialisée dans la conception et l’exploitation du premier datacenter écologique et haute-densité au monde) et partenaire du consortium, estime notamment à une centaine le nombre de lieux de stockage de plus d’un mégawatt en service actuellement en France. Ce dernier évalue le chiffre d’affaires annuel de fourniture d’espaces (baies vides) dans les datacenters à 1 milliard d’euros, avec une croissance de 10% par an pour les dix prochaines années.

Crédits photo : Deep Data

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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