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Innovation : quand l’eau des égouts produit de l’énergie


Après les déchets industriels, agricoles et domestiques, les eaux usées sont elles aussi destinées à participer à la transition énergétique des collectivités locales. Le processus de valorisation énergétique des eaux d’égouts, mis en place dans une piscine municipale parisienne et inauguré le 5 octobre dernier, laisse en effet présager un développement croissant des échangeurs thermiques dans les sous-sols des agglomérations urbaines pour une plus grande efficacité énergétique des installations publiques.

De la géothermie « basse température »

La Mairie de Paris a inauguré mercredi 5 octobre dernier un nouveau dispositif de production d’énergie à la piscine Aspirant-Dunant dans le 14ème arrondissement, qui permet de chauffer les bassins et les douches en récupérant la chaleur de l’eau des égouts dont la température est comprise entre 13 °C et 20 °C toute l’année.

Sur un plan technique, le principe de récupération de cette chaleur est assimilable à une géothermie « basse température ». Les calories sont récupérées par des échangeurs thermiques (sous forme de plaques métalliques) installées dans les égouts situés sous la piscine, sur lesquels circulent les eaux. Des pompes à chaleur permettent ensuite de porter à la température souhaitée les bassins et les douches de la piscine Aspirant-Dunand (respectivement 26 °C et 35 °C). « Chaque Parisien, en prenant sa douche, est un peu producteur d’énergie. Quand votre eau va dans les égouts, elle est aux alentours de 35 °C. Nous, on prend la chaleur, et on laisse l’eau« , a expliqué Jean-François Martins, adjoint à la maire chargé du sport, lors de l’inauguration.

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Ce dispositif innovant devrait permettre à l’établissement municipal de diminuer de moitié ses besoins en électricité pour se chauffer, qui s’élevaient jusqu’à présent à 1 310 mégawattheures (MWh) par an. Il a pour autre conséquence positive d’entraîner une réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’établissement de 46 tonnes équivalent CO2, soit une baisse de 30 %.

Une politique locale dédiée à l’efficacité énergétique

Mis en place dans le cadre du plan « Nager à Paris », ce dispositif devrait rapidement faire des émules dans la capitale, et encourager d’autres initiatives énergétiques plus durables. La Ville de Paris a pris le parti du tout renouvelable pour son approvisionnement en électricité depuis le 1er janvier 2016 et entend désormais développer de manière significative les procédés d’efficacité énergétique.

L’innovation proposée à la piscine Aspirant-Dunant offre ici un bon moyen de valoriser et diversifier les usages du réseau d’assainissement long de 2 400 km, mais n’est pas la seule alternative. A la Butte-aux-Cailles, dans le 13ème arrondissement, par exemple, la célèbre piscine, inaugurée en 1924, dispose d’un bassin nordique extérieur, dont l’eau est chauffée grâce aux serveurs de la start-up Stimergy, installés dans les sous-sols du bâtiment. Une partie de l’énergie est ainsi convertie en chaleur par le biais d’une chaudière spéciale.

Quel que soit le dispositif privilégié, chaque piscine créée ou rénovée à compter d’aujourd’hui devra augmenter sa performance énergétique. « Les piscines sont les équipements publics les plus énergivores, car il faut non seulement chauffer l’air et l’eau, mais aussi ventiler l’atmosphère. La performance énergétique est donc l’un des premiers critères dans les travaux de rénovation des piscines« , a expliqué Jean-François Martins. « D’ici 2020, l’objectif est de réduire de 20 % la consommation d’énergie des 39 piscines de Paris« , a-t-il ajouté.

Cette politique locale devrait à terme se généraliser à l’ensemble des installations sportives et autres bâtiments publics. La Ville de Paris s’est fixée comme objectifs dans le cadre de son Plan climat énergie de réduire les émissions de gaz à effet de serre et atteindre 30 % d’énergies renouvelables dans l’approvisionnement de l’administration d’ici à 2020. Partenaire de la mairie de Paris sur ce projet, le groupe Suez Eau France a déjà développé, depuis 2010, ce type d’installations sur une douzaine de sites en France (piscines, écoles, équipements collectifs, etc).

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Crédits photo : Déborah Lesage / Mairie de Paris

Rédigé par : La Rédaction

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