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Gaz vert : une filière française toujours à la traîne

biogaz_méthanisation_photo_Dirk_SchmidtSelon le deuxième observatoire européen réalisé par le cabinet Sia Partners pour le think tank France Biométhane, la France ne compte actuellement que vingt sites de production de biométhane et affiche un retard conséquent sur ses voisins européens. Le gouvernement entend pourtant encourager cette filière renouvelable et s’est fixé pour objectif d’atteindre plus de 10 % de gaz vert dans les réseaux d’ici à 2030.

L’Allemagne et le Royaume-Uni, leaders européens de la filière biogaz

L’observatoire du biométhane se positionne comme le guide de référence de la filière en France. Il a pour but de décrire et de mesurer l’évolution de la filière au travers d’indicateurs pédagogiques et fiables. Selon ses derniers résultats, l’Hexagone ne comptait fin 2015 que 20 unités produisant du biométhane, c’est-à-dire du biogaz issu d’un processus de méthanisation puis purifié afin de pouvoir être injecté dans les réseaux.

Lire aussi : Biogaz : croissance stable pour une filière énergétique d’avenir

Avec 82 gigawattheures (GWh) injectés en 2015 (mais 279 GWh de capacité annuelle installée), la France se situe à l’avant-dernier rang des neuf pays européens étudiés dans l’observatoire. L’Allemagne arrive largement en tête, avec 10.000 GWh injectés pour 190 unités, suivie par le Royaume-Uni avec 2.000 GWh et 51 unités.

Ces deux pays sont aujourd’hui très avancés dans la filière du gaz vert du fait de véritables politiques incitatives et d’une orientation des cultures vers un objectif de méthanisation. L’Allemagne, par exemple, produit des cultures dédiées à la production de biogaz, ce qui lui permet d’industrialiser ses processus de production. Au Royaume-Uni, « le gouvernement britannique a introduit un tarif de rachat garanti pour le biométhane en 2011, tout comme en France », explique dans les Echos Cédric de Saint-Jouan, président de France Biométhane. Mais « le succès du biométhane dans ce pays s’explique par un tarif légèrement supérieur au tarif français, mais surtout par l’autorisation, là aussi, des cultures énergétiques », ajoute-t-il.

Une filière française limitée à la valorisation des déchets

En France, le gouvernement mène lui aussi une politique favorable au développement de la filière via l’instauration d’un tarif d’achat depuis 2011 et l’octroi de subventions par l’Ademe. Pourtant, le secteur de la méthanisation progresse lentement et souffre encore d’une limitation trop stricte à la seule exploitation des déchets, rendant les projets particulièrement complexes à réaliser. Selon l’observatoire, 67 % des unités de l’Hexagone utilisent des déchets agricoles.

Autre obstacle au développement croissant de la filière dans l’Hexagone, le financement très irrégulier des banques pour ce type de projets qui craignent, entre autres, le retour des difficultés rencontrées dans le passé par de nombreuses installations de méthanisation agricoles. « Pour lever ces réticences, il faudrait prolonger le tarif garanti, aujourd’hui prévu sur quinze ans, sur une durée de vingt ans », estime Cédric de Saint-Jouan.

Lire aussi : France Biométhane : un laboratoire d’idées pour l’après-transition énergétique 

En attendant, plus de 200 projets étaient toujours en liste d’attente au début du mois d’avril selon GRDF, représentant une production annuelle de 5.200 GWh à l’horizon 2019. Selon un décompte du distributeur de gaz, 16 projets devraient entrer en service cette année et 46 en 2017.

Crédits photo : Dirk Schmidt

Rédigé par : lucas-goal

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COMMENTAIRES

  • Le kwheure de gaz « vert » injecté dans le réseau est il subventionné en France par rapport à celui du gaz qui provient de l’étranger par gazoduc ou par bateau ? Si oui de combien ?
    Qui paie cette subvention ? Est ce comme pour le solaire avec la taxe CSPE ?

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