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Le secteur de l’énergie tente de s’adapter aux exigences liées à la biodiversité

4403_CENTRALE_BLENOD-8Les nouvelles préoccupations liées à la biodiversité imposent aux producteurs d’énergie, comme EDF ou Engie, de repenser leur politique environnementale, afin d’harmoniser leurs moyens de production avec les territoires d’implantation. Le parc de production thermique français, par exemple, s’inscrit depuis plusieurs années, à force d’innovations, dans une démarche de proximité écoresponsable.

L’écoresponsabilité, en France, a fait son bout de chemin dans les esprits. Il est aujourd’hui difficile de penser « économie » sans mettre dans l’équation le développement durable, dont la biodiversité est une composante fondamentale. Pourtant, la tenue – et la réussite – de la COP21, en décembre dernier à Paris, ne doit pas être un leurre : la préservation du « capital naturel », selon les termes de Pascal Canfin, le directeur général du WWF, a besoin d’actes. Car si la France peut se targuer d’abriter plus d’espèces que toute l’Europe continentale, elle n’en est pas moins responsable de la dégradation des habitats naturels qu’engendrent la surexploitation des ressources, les pollutions en tous genres, ou le réchauffement des températures lié aux émissions de CO2.

Le thermique évolue

Les centrales thermiques françaises, souvent accusées de tous les maux en matière d’environnement et d’écologie, ont adopté depuis plusieurs années maintenant une nouvelle stratégie en la matière. Outre la fermeture des centrales polluantes et les efforts technologiques réalisés pour diminuer les émissions industrielles de gaz à effet de serre, les producteurs d’énergie tentent désormais de protéger la richesse environnementale qui les entoure. Plusieurs installations se sont engagées dans la préservation de la faune et la flore avoisinantes, et les espaces naturels autour des sites de production font le plus souvent l’objet d’une surveillance constante et de programmes de sauvegarde et de réhabilitation.

La centrale à Cycle combiné gaz (CCG) de Blénod (Meurthe-et-Moselle), par exemple, pionnière d’une série de centrales thermiques au gaz naturel, s’engage au-delà du cadre réglementaire dans des actions en faveur de la biodiversité. Implantée en bordure de Moselle, l’installation du groupe EDF a notamment aménagé une friche située à proximité, en un espace paysager composé d’un verger, d’espèces endémiques, de plantes mellifères et de ruches. Les centrales CCG ont la particularité de brûler du gaz naturel pour générer de l’électricité, tout en récupérant les vapeurs émises qui produiront à leur tour de l’énergie électrique, améliorant ainsi de manière significative leur bilan carbone. EDF a mis en service, depuis 2011, quatre CCG pour près de 2 000 MW de puissance. La dernière en date a été mise en activité en juin dernier à Bouchain, dans le Nord de la France, en remplacement d’une ancienne centrale à charbon.

« Train de retard »

Plus largement, ce type d’actions a vocation à préserver la biodiversité, en protégeant ou restaurant les espaces naturels, et à informer, sensibiliser et former les salariés et les riverains en collaboration avec les communautés scientifiques et associatives. La centrale de Porcheville, dans les Yvelines, est par exemple entourée d’un vaste espace naturel de 120 hectares, sur lequel l’exploitant met en place des actions de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes. Un sentier pédagogique a notamment été créé à cette fin sur la presqu’île de la Guidonne, et reçoit des classes chaque année lors de la Fête de la Nature, pour la réalisation d’inventaires, la constitution d’herbiers ou encore la visite de ruches. Un autre géant français de l’énergie, Engie (ex-GDF Suez), a choisi d’intégrer la biodiversité à ses politiques de développement. Fin 2015, 99 % de ses sites classés « prioritaires » en Europe étaient munis d’un plan d’action ; plusieurs études environnementales sont menées en amont de la construction des parcs de l’énergéticien, pour impacter le moins possible la faune, la flore, mais également l’acoustique et le paysage.

Si l’industrie de l’énergie semble prendre en considération la défense du « capital naturel », la situation est plus laborieuse sur les bancs parlementaires. Présentée par Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement, comme le « deuxième pilier » de sa politique – après la loi sur la transition énergétique promulguée en août 2015 –, la loi sur la biodiversité doit servir à « inverser la tendance » du déclin du vivant, selon elle. Sauf que le texte est encore loin d’être arrêté. Une commission mixte paritaire vient d’échouer à trouver une rédaction commune aux deux assemblées, mercredi 25 mai dernier, le principe de « non-régression » de la biodiversité ayant été invalidé par le Sénat. « Sur ce plan, certains ont un train de retard, si ce n’est deux ou même trois », déclarait à ce sujet Barbara Pompili, la secrétaire d’Etat à la biodiversité.

Rédigé par : jacques-mirat

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