EDF fait le point sur son « grand carénage »   - L'EnerGeek EDF fait le point sur son « grand carénage »   - L'EnerGeek

EDF fait le point sur son « grand carénage »  

Afin de poursuivre l’exploitation de son parc nucléaire en toute sûreté, EDF a engagé un programme d’investissements baptisé « grand carénage », qu’il présentait à la presse jeudi 19 mai dernier.       

Le groupe EDF souhaite continuer d’exploiter, en toute sûreté, son parc nucléaire au-delà de 40 ans, afin de lisser ses investissements sur le long terme et d’assurer de nouvelles perspectives de développement à la filière. Et selon Dominique Minière, directeur à la production nucléaire et thermique, l’électricien « est en capacité de financer ce programme », qui représente « le meilleur investissement pour continuer de bénéficier d’une électricité compétitive et bas carbone ».

Prescriptions de l’ASN      

Aujourd’hui, l’âge moyen des réacteurs du parc nucléaire approche les 30 ans, et EDF étudie depuis 2008 la faisabilité technique et économique du « grand carénage ». Si les études sur les matériels ont été menées avec des hypothèses retenant une durée d’exploitation de 40 ans,  les centrales EDF ont toutes été conçues et construites sans limite d’âge. Mais avec, toutefois, une contrepartie : améliorer le niveau de sûreté des réacteurs sous contrôle décennal de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). « L’idée est de se rapprocher, le plus possible, du niveau de sûreté des réacteurs de 3ème génération, complète Dominique Minière. Nous avons eu des échanges réguliers avec l’ASN pour améliorer encore la sûreté ».

Le programme industriel du « grand carénage » est donc engagé progressivement de 2014 à 2025, « dans le respect des objectifs de la loi relative à la transition énergétique pour une croissance verte, des programmations pluriannuelles de l’énergie, et des avis et prescriptions de l’ASN », précise Dominique Minière. L’Autorité a d’ailleurs d’ores et déjà rendu un avis positif pour l’exploitation, sur dix années supplémentaires, de neuf réacteurs, tandis que vingt-sept d’entre eux ont reçu une autorisation de redémarrer après leur troisième visite décennale. En 2010, dans sa note d’information générale, l’ASN pointait déjà du doigt l’absence « d’éléments mettant en cause la capacité d’EDF à maîtriser la sûreté des réacteurs de 900 MW jusqu’à 40 ans. »

« Lutter contre le réchauffement climatique »          

Selon les derniers chiffres du groupe, le « grand carénage » implique un engagement financier de 51 milliards d’euros sur douze ans. Soit près de 4,2 milliards d’euros par an d’investissements sur le parc, à comparer aux 3 milliards annuels dédiés habituellement aux investissements de maintenance sur les centrales. Les travaux « grand crénage » sont répartis dans des programmes de rénovation, de remplacement de matériels, d’intégration des mesures post-Fukushima et d’amélioration du niveau de sûreté des centrales. Une manne financière qui devrait être directement injectée dans l’industrie française et contribuera à redynamiser le développement économique de régions souvent en panne d’industries et de débouchés professionnels. D’après Etienne Dutheil, directeur du programme « grand carénage », l’opération nécessite en effet quelque « 110 000 emplois directs et indirects », 3 000 intervenants prestataires par centrale lors des pics d’activité, dont 2 000 salariés d’EDF.

L’aspect financier et économique, s’il est important, n’est pas le seul à prendre en considération. Comme le rappelle Dominique Minière, « le nucléaire est fondamental dans le mix bas carbone d’EDF, pour une production en base aux côtés des énergies renouvelables. » Celles-ci, par définition intermittentes, ne peuvent en effet pas satisfaire la demande globale des Français, même si les capacités de stockage s’améliorent d’années en années. « Le vrai sujet est la lutte contre le réchauffement climatique, il existe un consensus au niveau mondial pour dire que l’essentiel est de réduire les émissions de CO2 et d’augmenter la part de l’électricité dans la production d’énergie, en s’appuyant sur le nucléaire et les EnR » poursuit-il.

La France est en effet loin d’être la seule à vouloir prolonger la durée de fonctionnement/exploitation de ses centrales. De nombreux pays ont eux aussi engagé des travaux pour ce faire, et garantir ainsi pour l’avenir un mix énergétique à la fois efficient et bas carbone. La Suisse, la Suède, la République tchèque, la Belgique ou encore la Grande-Bretagne ont déjà ouvert de vastes chantiers de rénovation et de modernisation de leurs aménagements nucléaires. Les Etats-Unis, qui exploitent déjà la majorité de leurs réacteurs pendant 60 ans, travailleraient même actuellement sur un prolongement jusqu’à 80 ans.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
lun 23 Fév 2015
Envoyés sur site pour une nouvelle mission de contrôle et de vérification, les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique ont salué, dans un rapport rendu public le lundi 16 février dernier, les efforts réalisés par l'exploitant TEPCO dans les…
jeu 22 Mai 2014
« Je ne pense pas que nous pourrons sortir du nucléaire ». Les mots prononcés par la nouvelle ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie à l’occasion d’une audition devant la commission d’enquête parlementaire sur les coûts de la filière…
ven 6 Nov 2015
L’Australie est le 3ème producteur mondial d’uranium, derrière le Kazakhstan et le Canada. Paradoxalement, le pays est aussi le 1er émetteur de gaz à effet de serre par habitant. C’est pourquoi, l’ancien Premier ministre Tony Abbott proposait de développer le nucléaire civil,…
Grâce à ses unités de production majoritairement décarbonnées (centrales nucléaires et hydrauliques) ainsi qu'à un vaste plan de réhabilitation de son parc thermique, l'électricien français EDF devrait diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre à l'horizon…

COMMENTAIRES

  • Article tres bof, une bonne propangade pro-nuke.
    Fessenheim a 38 ans deja et quels investissements ont ete faits ? On prend bien soin de le cacher, plutot entre 100 et 150 millions pour 2 reacteurs pour rajouter 50 cm de beton sur un radier de 1,50m (celuis de Fukushima fait 7m et a ete attaqué par le corium) et des diesels de secours.
    Et oui elle et ses sister-ship sont vetustes car a 2 niveaux de securite (2 entrees d’eau par ex.) et ca n’est pas modifiable, pas plus que le coeur et la cuve du resacteur.

    Répondre
    • « On prend bien soin de le cacher » et pourtant vous, un non-spécialiste, êtes capable d’en citer spontanément plusieurs éléments.

      La raison en est que de nombreux articles de presse sont rentrés dans le détail par le passé. Avez-vous déjà vu l’équivalent pour d’autres industries comparables, pétrolière ou chimique par exemple ? L’industrie nucléaire est bien la seule à rendre publique ce genre d’informations.

      Quant à l’état de sûreté de la centrale, l’ASN s’est prononcée. Ils ont les compétences, l’expérience, l’expertise, les informations et l’autorité nécessaire pour arbitrer cette question.

      Répondre
  • ben alors ! pas un mot sur Paluel ?
    le chantier vitrine ! le premier 1300 MW !
    alors pour faire court :
    incendie du condenseur en titane lors d’une découpe !
    l’intérimaire devait pas savoir que ça brûle le titane ! 6h pour éteindre, cher !
    chute du palonnier de portique à vide ! 3 mois de réflexions, l’ASN inspecte, tout est ok !
    et Boum, énorme Boum !
    le générateur de vapeur (22 m, 464 tonnes !) se vautre lamentablement dans la piscine !
    le truc qui ne devait pas, qui ne pouvait pas arriver, foi d’EDF !
    Alors depuis, le bruit court qu’il n’y a pas foule pour retourner inspecter tout ça !
    ça crachoterait un peu que ça m’étonnerait même pas !
    dernier »incident »:
    incendie d’un transfo ! les mecs de la centrale arrivent pas à éteindre (bravo!)
    ils font le 18, les pompiers arrivent à fond et hop, se mettent sur le toit au premier rond point !
    sans blague ! j’attends la suite avec une certaine jubilation, mêlée de crainte toutefois !
    Bref avec un peu de chance, et de bon sens, ce réacteur ne remarchera plus jamais !
    Remarquez, vont peut être toucher l’assurance sur ce coup !
    Allez bonne chance à nous tous, on reparle de tout ça après la vraie cata !

    Répondre
  • Il faut bien rappeler les enjeux :

    La France est un pays de 65 millions d’habitants, consommant environ 1500TWh d’énergie par an, dont en gros un tiers d’électricité. Elle n’est pas couverte de montagnes comme la Norvège, elle ne peut donc pas s’alimenter uniquement à l’hydroélectricité.

    Or depuis 30 ans, elle réussit à s’alimenter massivement en électricité en émettant très peu de CO2 (20 à 40 fois moins que ses voisins par kWh) tout en maintenant des coûts bas (kWh vendu aux particuliers 2 à 3 fois moins que chez les allemands ou les danois), et en limitant sa dépendance vis-à-vis d’adversaires géopolitiques :

    Les importations de minerai d’uranium représentent une facture d’environ 300 millions d’euros par an contre 30 à 60 milliards d’euros pour les combustibles fossiles, et la France a l’équivalent de 4 ans de consommation d’uranium en stock contre 3 mois pour les combustibles fossiles.

    Est-ce un succès ou un échec ?

    À titre de comparaison, l’Allemagne émet environ 40 fois plus de CO2 que nous par kWh d’électricité produite, paye environ 2 fois plus cher ce kWh pour les particuliers, et a investi à partir de l’an 2000 environ 300 milliards d’euros rien que pour son photovoltaïque sans que cela n’ait un impact perceptible sur ses émissions de CO2.

    Rappel : Quand nous avons investi 118 milliards d’euros (euros à la valeur de 2010) pour construire notre parc nucléaire dans les années 70-80, cela a fait baisser d’environ un tiers les émissions de CO2 par français tout confondu.

    Et là, on parle d’investir 55 milliards d’euros pour garder cette capacité de production pendant environ encore 30 ans.

    Répondre
  • vous pourriez nous rappeler le devis de super phénix ! il doit pas être compris dans votre parc !
    D’où sortez vous la facture d’uranium ? j’ai beau chercher sur internet, je trouve rien !
    sinon ce matin on exportait 30% de la production nucléaire ! sont cools nos voisins !

    Répondre
    • La France produit nombre de rapports sur sa filière électro-nucléaire au travers de son Assemblée Nationale, de son Sénat, de sa Cours des Comptes ou pour le compte de son gouvernement. Ils sont tous disponibles au public sur internet.

      Page 46 du rapport de la Cours des Comptes de janvier 2012, vous trouverez le coût de construction et de fonctionnement de Superphénix pendant 23 ans : 12 milliards d’euros à la valeur de 2010.

      Page 28 du rapport sénatorial de décembre 2011 sur l' »Avenir de la filière nucléaire en France », vous trouverez notre coût d’importation d’uranium pour l’année 2010 : 200 millions d’euros.

      Et puisque vous parlez des exportations d’électricité, sachez que nos excédents dans ce domaine nous rapportent de l’ordre de 2 milliards d’euros par an. Nos exportations d’électricité nous rapportent donc en gros l’équivalent du coût d’un EPR tous les 5 ans.

      2 milliards d’euros par an, c’est aussi ce que EDF a versé à l’Etat au travers de son dividende pendant une décennie.

      Répondre
  • rassurez moi, vous confondez pas chiffre d’affaire et bénéfice ! parce que à 30 neuros le MW, chuis pas sûr que ça paye les frais !
    Au fait pour Hinkley , on fait quoi ?
    on double la mise EPR ou pas?
    Sacré poker le nuke !
    On en reparle après la prochaine cata !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *