Le Taurillon décrypte le « Programme Nucléaire Illustratif » - L'EnerGeek

Le Taurillon décrypte le « Programme Nucléaire Illustratif »

nukeUELe magazine eurocitoyen « rassemble les jeunes désireux d’agir en faveur de la construction d’une Europe fédérale ». Parmi eux, l’étudiante de Science Po Sarah Bonnefoix revenait la semaine dernière sur le « Programme Nucléaire Illustratif » (PINC) de la Commission européenne.

Le PINC est un document d’une quarantaine de page sans valeur juridique contraignante, commence par expliquer l’article du Taurillon. Il souligne notamment l’importance de l’industrie nucléaire pour l’Union européenne, un secteur qui recouvre 800 000 emplois, tandis que « le potentiel d’exporter un tel savoir-faire est évalué à 3 milliards d’euros d’ici 2050 » par l’Agence Nucléaire de l’Energie (ANE).

Après avoir rappelé que le parc nucléaire de l’UE se compose actuellement de « 129 réacteurs opérant dans 14 Etats membres et dont l’âge moyen est d’environ 30 ans », la rédactrice évoque également les investissements nécessaires pour renforcer la sécurité et assurer l’allongement de vie de certains réacteurs nucléaires. En citant la direction de l’énergie, elle assure que l’Union européenne devrait consacrer 700 millions d’euros d’ici 2050 pour l’atome civil.

Crédit Photo : @Lexpress

Rédigé par : jacques-mirat

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COMMENTAIRES

  • Quatre réacteurs nucléaires en construction en Europe :
    – Finlande, Olkiluoto-3, EPR 1600 MW : depuis août 2005 = plus de 11 ans, sera peut-être terminé fin 2018
    – France, Flamnaville-3, EPR 1600 MW : depuis décembre 2007 = plus de 9 ans, sera peut-être terminé fin 2018
    – Slovaquie, Mochovce-3 et -4, chacun de 440 MW : depuis janvier 1987 = plus de 29 ans, seront peut-être terminés en 2020 !

    La construction de nouveaux réacteurs est toujours repoussée dans le temps, avec un bon exemple pour les deux EPR de Hinkley-Point pour lesquels EDF court un gros risque s’il se lance dans l’aventure.

    Malgré un tarif d’achat garanti et indexé pendant 35 ans deux fois plus cher que le tarif moyen du marché de l’électricité.

    Plus cher aussi que le tarif d’achat de l’éolien terrestre, de l’éolien en mer et du solaire pour 2023, date à laquelle le premier EPR devrait théoriquement entrer en fonction, s’il est construit et sans retard.

    Et alors que le tarif d’achat du nucléaire sera toujours aussi élevé et indexé sur l’inflation pendant 35 ans, le coût de l’électricité produite par les nouvelles installations éolienne et solaire après 2023 continuera de diminuer.

    En 2030, on pourra avoir de l’électricité renouvelable plus du stockage d’électricité pour un lissage de la production sur plusieurs jours pour moins cher que l’électricité nucléaire (les vieux réacteurs seront arrêtés depuis longtemps).

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  • Lire : Flamanville-3 en France

    Non seulement on ne risque pas de construire beaucoup de réacteurs nucléaires pour remplacer ceux en fin de vie, mais certains vont être arrêtés plus tôt que prévu car non rentables, alors même que leur coût de construction a déjà été amorti.

    Par exemple : Mühleberg en Suisse, Oskarshamn-1, Ringhals-1 et -2 en Suède.

    Mais aussi les arrêts de réacteurs déjà planifiés en Allemagne et en Belgique, probables aussi en France sans remplacement.

    Les énergies renouvelables produisent de l’électricité pour moins cher que le nouveau nucléaire et sont plus rapides à mettre en oeuvre.

    En cinq ans (de 2009 à 2014) la production d’électricité nucléaire a baissé dans le monde, de 2.710 à 2.540 TWh, celle de l’hydraulique a augmenté de 3.260 à 3.880 TWh, celle des autres énergies renouvelables a augmenté de 630 à 1.400 TWh (éolien, solaire, biomasse, géothermie).

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    • « Les énergies renouvelables produisent de l’électricité pour moins cher que le nouveau nucléaire et sont plus rapides à mettre en œuvre. »

      Comparer le nucléaire et le PV ou l’éolien n’a aucun sens :

      La première énergie est pilotable, peut suivre les évolutions de la consommation, participer aux services systèmes (réglage de la fréquence et de la tension), et aider à la reconstitution du réseau en cas de black-out.

      Les deux autres ne le peuvent pas. Elles ne produisent que quand il y a du vent et du soleil, qu’on en ait besoin ou non. Pour assurer la fourniture des clients, elles ne peuvent qu’être minoritaires dans un mix, accompagnées par d’autres énergies pilotables, ou bien par du stockage. Mais les centrales de stockage ou de back-up ont un coût, qui vient en plus de celui des ENR. On ne peut donc pas comparer leur coût à celui du nucléaire, puisque ces énergies ne rendent pas le même service.

      Par ailleurs, aucune technologie de stockage ne peut répondre au problème de l’intermittence des ENR :
      – Les batteries ont une intensité énergétique trop faible, il en faudrait des millions de tonne rien que pour le stockage inter-saisonnier en France.
      – Les STEP nécessitent un relief adapté, quasiment tous les emplacements possibles en France sont déjà équipés et sont insuffisants.
      – La technologie P2G ne pourra jamais dépasser les 50% de rendement environ. Ce qui est évidemment trop faible.

      Bref, le choix ne se fera donc pas entre du nucléaire et des ENR, mais entre nucléaire+ENR et ENR+centrales au gaz ou charbon. Dans les faits, ces deux mix sont d’ailleurs ceux qu’on observe dans tous les pays du monde sans exception.

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  • Comme dit Gaspar : En 2030, on pourra avoir de l’électricité renouvelable plus du stockage d’électricité pour un lissage de la production sur plusieurs jours pour moins cher que l’électricité nucléaire (les vieux réacteurs seront arrêtés depuis longtemps).

    Vu la baisse rapide des coûts des énergies renouvelables et du stockage sur batteries, cela me semble valable.

    De plus, il n’y a pas que l’éolien dans les énergies renouvelables. N’oublions pas l’hydraulique modulable du jour à la semaine pour plus de la moitié et sur des mois pour les réservoirs.

    On a aussi la biomasse solide parfois utilisée seulement l’hiver en cogénération avec la chaleur, le biogaz injecté dans le réseau de gaz (10% en 2030), les énergies de la mer en cycles réguliers qui vont bien se développer d’ici 2030.

    Pas besoin de stockage inter-saisonnier pour l’électricité car les énergies renouvelables sont complémentaires, avec par exemple plus de solaire en été et plus d’éolien en hiver. Mais le stockage inter-saisonnier se fait déjà pour la chaleur dans plusieurs pays et les expériences donnent des retombées favorables.

    La situation a beaucoup évolué depuis 10 ans et va évoluer encore plus dans les 15 prochaines années.

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    • @ Merlin :

      « Vu la baisse rapide des coûts des énergies renouvelables et du stockage sur batteries, cela me semble valable. »

      Prenons l’exemple des batteries Li-ion, la technologie la plus à la mode en ce moment. Les batteries actuelles font de l’ordre de 100Wh/kg, et 250Wh/L.

      Une semaine de consommation française moyenne représente environ 10TWh. Pour stocker cette semaine de conso, il faudrait donc de l’ordre de 100 millions de tonnes de batteries, ou encore de l’ordre de 40 millions de m3. Il y a 28 millions de foyers en France, cela fait donc un peu moins de 4 tonnes de batteries par foyer, ou 1,5 tonnes par français..

      Les batteries actuelles coûtent de l’ordre de 250€/kWh. Ça nous fait donc un investissement d’environ 2500 milliards d’euros pour un stockage d’une semaine de la consommation française moyenne.

      Afin de fixer des ordres de grandeur, rappelons que la construction du parc nucléaire actuel tout entier a nécessité un investissement d’environ 120 milliards d’euros de 2010 selon la Cours des Comptes.

      Enfin, certains anticipent que le prix des batteries Li-ion baisse à environ 180€/kWh en 2025, soit une baisse d’environ 35% en 10 ans. Stocker en 2025 une semaine de consommation moyenne nous coûterait alors 1800 milliards d’euros. Soit un peu moins de 30k€ par français.

      Or une batterie Li-ion ne peut pas faire plus que 5000 cycles (données constructeur, à vérifier dans la réalité), il faudrait renouveller cet investissement tous les 10-15 ans.

      Stocker une semaine de consommation moyenne d’électricité coûterait donc de l’ordre du millier d’euros par français et par an en 2025, et ce rien que pour les batteries (je n’ai pas compté les onduleurs, la ventilation, le raccordement au réseau, etc).

      Et sachant qu’il faudrait bien plus qu’une semaine de stockage : En hiver, on consomme plus que 10TWh par semaine, le photovoltaïque produit très peu, et il arrive qu’il y ait des épisodes de 2 semaines quasiment sans vent.

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    • @ Merlin :

      Nous avons certes à notre disposition de l’hydraulique pilotable, mais le potentiel en France est limité à quelques GW et quasiment tous les sites éligibles sont déjà équipés.

      La biomasse et le biogaz peuvent certes être utilisés, mais :
      – leur bilan carbone n’est pas nul (il est deux à trois fois plus mauvais que celui du nucléaire, exploiter de la biomasse nécessite du pétrole pour la taille de la végétation, son transport, son séchage, etc)
      – leur bilan sanitaire est assez mauvais (la biomasse brûle mal, sa combustion entraine l’émission de pas mal de monoxyde de carbone et de poussières fines)
      – et enfin à force leur utilisation rentrerait en concurrence avec la nourriture pour l’utilisation des terres agricoles.

      Quant aux énergies marines, notamment celles liées à la marée, leur potentiel est limité à une poignée de GW en France, pays favorisé dans ce domaine.

      Il ne faut pas se leurer : S’il était possible à un pays développé densément peuplé de produire son électricité de manière raisonnablement propre sans passer par le nucléaire, on en aurait vu des exemples. Ça n’est pas le cas aujourd’hui.

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