Sûreté nucléaire : la FARN en action à la centrale de Gravelines     - L'EnerGeek

Sûreté nucléaire : la FARN en action à la centrale de Gravelines    

centrale_gravelinesLe 11 mars dernier, le Japon commémorait le cinquième anniversaire de l’accident de Fukushima. Un événement tragique qui a encouragé depuis une forte remise en question des professionnels du secteur nucléaire en termes de sécurité et de sûreté des installations. La France, qui fait figure ici de référence, est devenue dans ce cadre le premier pays au monde à se doter d’une force spéciale en complément de son dispositif de gestion de crise nucléaire. Baptisée FARN, cette Force d’action rapide nucléaire participait cette semaine à un exercice grandeur nature à la centrale de Gravelines.

La FARN ou le symbole de l’après-Fukushima

Depuis 2011 et l’accident de Fukushima au Japon, EDF a mis en place de nouveaux moyens de secours sur ses différents sites de production nucléaire (implantation de moteurs diesel destinés à pallier une éventuelle rupture de l’alimentation électrique par exemple). Le groupe consacrera également plus de 10 milliards d’euros dans les prochaines années à l’installation de l’ensemble des équipements post-Fukushima. Il prévoit notamment d’ajouter d’ici 2020 des moyens supplémentaires en eau et en électricité, et de renforcer les dispositifs de sécurité actuels via l’installation de systèmes de refroidissement ultime des générateurs de vapeur.

Mais outre ces optimisations techniques, les nouveaux moyens déployés par l’exploitant français pour renforcer la sûreté des centrales depuis plus de cinq ans maintenant, reposent avant tout sur la création de la FARN. Constituée à la suite des événements de Fukushima, cette force spéciale est chargée d’intervenir en moins de 24 heures sur un centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) gravement accidenté, afin de limiter la dégradation de la situation, et d’éviter les rejets radioactifs éventuels à l’extérieur du site ou la fusion du cœur de réacteur. Un scénario très peu probable en France mais dont l’énergéticien devait se prémunir.

Pour cela, la FARN est composée de 300 salariés EDF volontaires et experts du nucléaire, et dispose de moyens importants et autonomes de réalimentation en eau, en air, en électricité et en carburant, afin d’apporter l’appui technique nécessaire aux sites en difficulté. Avec près de 150 millions d’euros de crédits lors de sa création et 50 millions de dotation annuelle, elle dispose des capacités et du matériel nécessaires pour intervenir partout en France dans les 12 heures suivant une alerte et assurer la stabilité des aménagements pour une période de 72 heures au moins, permettant ainsi l’organisation et l’arrivée de moyens supplémentaires.

La FARN dispose d’un état-major à Paris et de quatre centres régionaux de 70 personnes chacun situés au Bugey (Ain), à Dampierre (Loiret), à Civaux (Vienne), et à Paluel (Seine-Maritime). Le centre de Paluel regroupe, depuis l’inauguration en 2015 de ses nouveaux locaux, une part importante des moyens humains et matériels. Ses équipes sont en charge du périmètre nord-est de la France et sont donc susceptibles d’intervenir en priorité sur les sites de Paluel, de Flamanville, de Penly, ou de Gravelines. Ce dernier a d’ailleurs fait l’objet cette semaine d’un nouvel exercice de simulation.

Exercice grandeur nature à la centrale de Gravelines

Si cette force spéciale n’a encore jamais eu à intervenir dans la réalité, plusieurs exercices grandeur nature sont organisés chaque année afin de tester sa rapidité d’intervention, et de permettre à ses équipes de s’approprier les sites.

Dernier en date, l’exercice réalisé en début de semaine au sein de la centrale de Gravelines dans le nord de la France, simulait la submersion des réacteurs par une vague géante de type tsunami. Alimentation coupée, destruction des infrastructures permettant l’accès au site ou risque de fuite radioactive, les équipes de la  FARN ont dû anticiper chaque difficulté et y apporter les réponses adéquates en termes de sûreté, de sécurité et de radioprotection.

Comme l’explique à la Voix du Nord, Pierre Eymond, chef de l’état-major de la FARN, basé à Paris, « cet exercice, qui a mobilisé 60 personnes, permet de nous approprier la topographie des lieux pour avoir une connaissance parfaite du terrain en cas d’intervention. Gravelines étant la plus grosse centrale d’Europe de l’ouest (avec six réacteurs de 900 mégawatts, ndlr), elle est celle qui exige le plus de moyens pour assurer notre mission ».

Ce type de simulation d’ampleur nationale est primordial pour évaluer l’efficacité des moyens d’intervention au niveau du site et des populations en cas de menace de contamination. Attaque terroriste, séisme ou fuite radioactive sur une cuve, plus d’une quinzaine d’exercices ont lieu chaque année en France et permettent ainsi au groupe EDF de tester ses procédures d’urgence et ses systèmes de sécurité. « Toutes ces hypothèses vont bien au-delà de toutes celles envisagées jusqu’à présent, mais ce n’est pas parce qu’elles sont improbables qu’il ne faut pas y songer. Chez EDF, la sûreté restera toujours notre priorité », conclut Pierre Eymond.

Rédigé par : jacques-mirat

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