Coût de l’électricité : l'écart se resserre entre les technologies - L'EnerGeek

Coût de l’électricité : l’écart se resserre entre les technologies

Poteau_electrique_photo_clicgaucheDans sa dernière étude, rendue publique lundi 31 août, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) s’est intéressée aux coûts de la production d’électricité à partir des différentes technologies aujourd’hui disponibles (renouvelables, thermique, nucléaire). À l’heure où les coûts de production de l’électricité issue de sources renouvelables ont nettement diminué, l’organisme international fondé en 1974 estime qu’aucune technologie n’est aujourd’hui plus concurrentielle que les autres.

 

L’électricité renouvelable réduit l’écart…

L’AIE est formelle : les coûts de production de l’électricité renouvelable ont bénéficié aux cours de ces dernières années d’une baisse significative. Une réduction des coûts qui permet à l’énergie électrique issue de sources respectueuses de l’environnement de réduire l’écart qui existe avec le prix de l’électricité issue de centrales thermiques et nucléaires.

Pour les experts de l’IAE, qui se sont basés sur l’activité de quelques 181 centrales électrique à travers 22 pays (dont la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud), cette baisse des coûts s’explique principalement par l’amélioration des technologies et le soutien continu des pouvoirs publics.

Alors que le coût de production médian pour l’énergie électrique produite à l’aide de centrales thermiques et nucléaires se situe aux alentours de 100$ le mégawattheure, le solaire est aujourd’hui estimé à 200$ (coûts de construction et de maintenance inclus). Il s’élevait à 500$ le MWh il y a seulement cinq ans. Les coûts de production des nouveaux systèmes photovoltaïques de taille industrielle pourraient même tomber à une moyenne inférieure à 100$ le MWh d’ici 2025.

 

… avec le nucléaire qui se stabilise

Les auteurs du rapport notent que les coûts de production de l’électricité à partir des technologies nucléaires se sont stabilisés depuis la dernière édition de l’étude, alors que le prix de l’électricité issue des centrales thermiques à charbon et au gaz est en hausse.

« C’est particulièrement remarquable dans le cas des technologies nucléaires, dont les coûts sont à peu près stables par rapport à ceux de l’étude précédente, ce qui contredit le discours que l’on entend de plus en plus selon lequel les coûts du nucléaires continueraient d’augmenter », peut-on lire dans le document de l’AIE.

A contrario, le rapport stipule que le prix médian de l’électricité produite à partir du charbon, l’énergie fossile la plus polluante, pourraient augmenter de 70% en raison de l’usage des nouvelles technologies de capture et de stockage du carbone.

Si bien qu’à l’heure actuelle aucune technologie ne se distingue nettement sur le facteur prix dans le secteur de la production d’électricité. Les conclusions de l’étude sont claires : aucune ressource énergétique ne permet d’obtenir, dans toutes les configurations, une électricité à un coût moindre que les autres ressources. Le coût de l’électricité est en effet déterminé grâce à un ensemble de facteurs (ressources disponibles, contraintes législatives, coûts du travail…) propres à chaque marché et à chaque technologie.

Crédit photo : Clicgauche

Rédigé par : guy-belcourt

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COMMENTAIRES

  • Surprenant que l’AIE oublie, dans sa comparaison entre nucléaire et renouvelables que ces dernières, pour se développer au-delà de quelques %, nécessitent des moyens de compensation de l’intermittence (centrales fossiles de backup, stockages…). Le coût de ces « externalités » doit être ajouté à celui des renouvelables pour que la comparaison au centrales « pilotables » comme le nucléaire, soit équitable. Et si on le fait, on voit que le nucléaire est imbattable ; la preuve : le prix de l’électricité allemande est le double de celui de notre pays.

    Ceci étant, le coût des nouvelles centrales au-delà de Flamanville qui n’est qu’une tête de série, devrait un peu augmenter du fait du choix fait d’accroître encore leur niveau de sûreté, ce qui n’est pas neutre sur les prix.

    Mais si on se lance dans du développement de renouvelable à haute dose, à supposer qu’on sache construire des installations de stockage d’électricité, va se poser (en plus de l’envolée des prix) celui de l’acceptabilité sociale. Les dizaines de milliers d’éoliennes et les milliers de fermes solaires qui envahiront notre paysage, outre le fait de priver les paysans de ressources foncière, constitueront une pollution visuelle et sonore que nos concitoyens pourraient refuser, même avec violence dans un pays Gaulois (cf. les ZADistes).

    Malheureusement, la vision de l’AIE est trop étroite : elle est fausse techniquement (oubli des externalités), économiquement (conséquence d’une mauvaise maîtrise du dimensionnement technique) et inexistante socialement.
    Est-ce la conséquence d’une technocratie involontaire ou d’une idéologie choisie ?

    Répondre
  • « Pour se développer au-delà de quelques %, [les énergies renouvelables] nécessitent des moyens de compensation de l’intermittence (centrales fossiles de backup, stockages…) »
    A partir de combien de % ?
    Et d’ailleurs, ce n’est pas ce qu’on observe… !
    L’Allemagne a développé les Enr de façon très importante en passant de 3 % du mix en 1990 à 26 % en 2014, en fermant ses centrales nucléaires, sans augmenter ses émissions de GES.
    En France aussi, la montée en puissance des Enr électriques s’est accompagné d’une baisse des émissions.
    Peut être parce qu’il existe plein d’alternatives au Backup Fossile :
    – L’hydraulique qui représente le principal Backup en France. Les Enr permettent d’en économiser quand elles produisent, et on peut mobiliser ces gisements quand l’éolien et le PV ne produisent pas.
    – Renforcer les interconnections, parce que ça permet de mieux tirer parti du foisonnement, et parce que le mix européen repose encore beaucoup sur du fossile auquel les Enr viennent se substituer.
    – Le pilotage de la demande, l’effacement de pointe, les smart grid …

    « la preuve : le prix de l’électricité allemande est le double de celui de notre pays »
    On pourrait discuter longtemps des raisons du coût de l’électricité allemande… Et du très faible coût de l’électricité française… En gros, oui les particuliers (les industriels ont des prix très concurrentiels) allemands payent leur énergie plus chère, mais en portant les filières éoliennes et photovoltaïques mondiales, ils ont permis à ces technologies de devenir mature et d’être concurrentielles avec les autres énergies dans le monde entier (les français aussi on payé leur électricité plus chère pendant le lancement du programme nucléaire, même si l’inflation galopante du début des années 80 a participé à effacer la dette !). Il me semble que sur cet aspect l’Allemagne a, bien mieux que la France, pris ses responsabilités vis à vis des pays du sud. Et quoi qu’il en soit, leur économie n’a pas l’air de s’en porter plus mal !

     » l’acceptabilité sociale »
    C’est vrai que le nucléaire a une acceptabilité sociale au top… Elle est encore remontée suite à Fukushima !

    « le coût des nouvelles centrales au-delà de Flamanville qui n’est qu’une tête de série, devrait un peu augmenter du fait du choix fait d’accroître encore leur niveau de sûreté, ce qui n’est pas neutre sur les prix. »
    Tu m’étonnes !!! Alors combien de têtes de série avant des tarifs plus bas ? Parce que là ça fait déjà 3 à prix d’or (Flamanville, Inkley Point et Olkiluoto) !

    « Malheureusement, la vision de l’AIE est trop étroite : elle est fausse techniquement (oubli des externalités), économiquement (conséquence d’une mauvaise maîtrise du dimensionnement technique) et inexistante socialement. »
    Mais oui c’est rien qu’un ramassis de baba-cool complètement déconnectés de réalités à l’AIE… C’est sympa si t’aime le Toffu mais si tu veux parler énergie sérieusement je te conseille plutôt la cantine de Fessenheim, là au moins les gars ils sont objectifs !

    Répondre
    • @Seb
      Ce n’est pas en lisant de la presse people et en faisant confiance à des organismes partisans (et l’AIE l’est totalement) qu’on peut avoir un discours objectif. Et il faut un peu de culture technique pour comprendre.
      Quelques commentaires à l’appui, sur ce que vous écrivez :
      – l’hydraulique, avec 12% de la production nationale, est incapable de faire du backup d’un mix avec un fort taux de renouvelable : on n’est pas en Norvège. Et les interconnexions ne servent à rien quand on ne produit pas des deux côtés de la frontière, ce qui arrive par temps couvert et par manque de vent (le « foisonnement » est une fumisterie, quand on prend le temps d’examiner des courbes sur de longues périodes).
      Il ne reste que le fossile ou le nucléaire pour compenser l’intermittence de l’éolien et du solaire.
      – l’Allemagne n’a pas réduit ses émissions de GES, elles sont même en légère augmentation ces dernières années : preuve que la montée de renouvelables est incapable de réduire les émissions de CO2, alors que ce devrait être l’objectif principal… Quand il n’y aura plus de nucléaire dans ce pays, il y aura toujours autant de centrales au lignite qui crachent leur CO2 et leurs pollution.
      – Seul du stockage industriel, à l’échelle intersaisonnière, pourrait permettre de compenser l’intermittence et donc de développer éolien et solaire au-delà de 30%. Et ce stockage n’existe pas. L’ADEME a bien essayé de nous « vendre » une usine à gaz appelée « méthanation » (ou power to gaz), mais elle a « oublié » de dire que le rendement de ces engins ne dépassera pas 20% ; il faudra stocker 5 kWh pour en déstocker un seul ! Impensable…
      – faites un sondage : nos 20 centrales nucléaires sont discrètes et sont acceptées par les riverains. Les remplacer par plus de 100 000 éoliennes (c’est le calcul de l’ADEME) génèrera des réactions bien avant qu’on atteigne ce chiffre. Quant aux dizaines de STEP (stations de pompage) et à la « méthanation » futuriste de l’ADEME, pensez au seul barrage de Sievens : les ZADistes seront au rendez-vous. C’est ce que j’appelle l’acceptabilité sociale d’un modèle à base de renouvelables qui, techniquement immature et économiquement dispendieux, ne sera pas accepté.. à commencer par les Verts !!
      – l’AIE comme l’ADEME sont hostiles par principe (j’allais dire par idéologie) au nucléaire. Leurs écrits à ce sujet sont édifiants. Cela les empêche d’avoir des avis objectifs et donc nuancés.
      Car les renouvelables, même intermittents, sont parfaitement pertinents dans des pays à fort potentiel hydraulique comme certains pays scandinaves. Dans les autres pays, ceux qui n’ont pas de « culture nucléaire » (pays émergents…) ont intérêt à en développer jusqu’à la limite technique de 30%. Le reste sera malheureusement du fossile, sauf à disposer de renouvelables thermiques.
      Mais dans un grand pays comme le nôtre, le nucléaire reste l’optimum, associé à l’hydraulique (12% environ) et à 20 à 30% de renouvelables. Mais cette dernière option coûtera cher au consommateur sous forme de taxe CSPE, s’il tient à diversifier le mix.
      Cdt

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