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Le réseau allemand fragilisé par la nouvelle fermeture d’une centrale nucléaire

centrale_nucléaire_Grafenrheinfeld_photo_Rainer_LippertLe premier des neuf réacteurs nucléaires encore en activité en Allemagne a été arrêté ce samedi 25 juin, marquant ainsi le début de la dernière phase de retrait engagée en 2011 par le gouvernement d’Angela Merkel. Ce plan prévoit l’abandon progressif du nucléaire en Allemagne d’ici 2022, la mise en service de nouvelles capacités de production renouvelable et le renforcement du réseau. Un renforcement aujourd’hui nécessaire au regard des difficultés rencontrées par les interconnexions existantes qui peinent à supporter ces pertes de production successives et l’afflux de charges supplémentaires.

Soutirant 1.345 MW de puissance au réseau national, la fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Grafenrheinfeld par l’exploitant E.ON le samedi 25 juin dernier entre dans la nouvelle stratégie énergétique allemande. Une stratégie qui prévoit la compensation de l’énergie nucléaire par une forte augmentation des moyens de production renouvelables dans les années à venir.

Cela étant, si les capacités de production renouvelable progressent au rythme voulu en Allemagne, elles seront amenées effectivement à compenser (en plus du charbon) une large part de la production nucléaire. Mais les nouvelles infrastructures de transport d’électricité, indispensables à l’acheminement de l’énergie depuis les nouveaux sites de production décentralisés, ne semblent quant à elles pas tout à fait prêtes. L’opérateur TenneT TSO a exprimé récemment quelques inquiétudes concernant la pression supplémentaire que fait peser sur le réseau la fermeture de la centrale de Grafenrheinfeld.

« La fermeture de Grafenrheinfeld peut être traitée, mais seulement avec une intervention supplémentaire par nos ingénieurs de réseau, et ce cas bien précis montre comment les réseaux vont devenir de plus en plus vulnérables lorsque les centrales nucléaires vont fermer alors que les nouvelles lignes électriques ne seront pas terminées », a déclaré Urban Keussen, président de TenneT TSO, filiale allemande du groupe néerlandais TenneT Holding BV.

La nécessité d’étendre les ramifications de son réseau pour atteindre les nouvelles centrales n’est pas le seul défi auquel est confronté l’Allemagne. Rappelons que la production intermittente des éoliennes et des panneaux solaires n’est pas vraiment adaptée au réseau historique conçu pour recevoir un approvisionnement stable. D’après Urban Keussen, les incidents sur les réseaux liés aux ajustements des flux de charge nécessaires se multiplient et impliquent des interventions et donc des coûts supplémentaires pour le consommateur, et cela sans compter l’augmentation croissante des risques de saturation.

Rappelons que la ligne électrique de 190 km partant de Thuringe ne sera pas terminée avant 2016. Elle vise à apporter l’énergie éolienne produite dans le Nord de l’Allemagne (où la demande est relativement faible) dans des régions fortement consommatrices d’électricité et encore dépendantes de l’énergie nucléaire.

Crédits photo : Rainer Lippert

Rédigé par : livingston-thomas

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COMMENTAIRES

  • L’arrêt échelonné des réacteurs nucléaires ne date pas de 2011, mais de la loi de sortie du nucléaire de février 2002, dont l’élaboration a duré près de deux ans, et qui prévoyait l’arrêt du dernier réacteur en 2022.

    http://energeia.voila.net/electri/allemagne_nucle_renouv.htm

    Malgré la volonté du gouvernement conservateur fin 2010 de vouloir repousser l’échéance, celui-ci a compris qu’il fallait en revenir à la loi initiale.

    Dans chaque pays, le réseau doit être adapté en permanence aux évolutions de la consommation et de la production, en particulier lorsque l’exode rural continue de faire grossir les villes ou que la consommation a augmenté depuis vingt ou trente ans alors que le réseau ne suivait pas le rythme.

    La très mauvaise qualité du réseau électrique des USA, guère mieux que celui d’un pays « en développement », en est une illustration.

    Répondre
  • Bien, on a passé l’hiver et il n’y a pas eu de black-out. Au contraire le prix du kWh n’a cessé de baisser ce qui témoigne de sur-capacités.

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