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Munich va construire une ferme éolienne géante en mer du Nord

LillgrundLa ville de Munich a annoncé début août 2014 qu’elle allait construire une ferme éolienne titanesque pour alimenter 400.000 foyers en électricité en partenariat avec Vattenfall, un grand groupe énergétique suédois. Il s’agit d’une première depuis la loi votée cet été au niveau fédéral qui diminue les subventions à la construction d’éoliennes offshore.

C’est donc 72 éoliennes de plus de 100 mètres de haut qui seront construites en mer du Nord pour 1,2 milliard d’euros. Un  choix qui pourrait sembler peu pertinent (la Bavière est plutôt éloignée de la mer) mais qui est en réalité nécessaire pour que la ville la plus riche d’Allemagne puisse tenir ses objectifs en matière d’énergies vertes.

La capitale de la Bavière espère en effet pouvoir produire toute l’électricité dont elle a besoin grâce aux énergies renouvelables (EnR) d’ici 2025, et devenir ainsi la première ville de plus d’un million d’habitants 100% alimentée en électricité produite grâce aux EnR. Pour réaliser ce tour de force, la société munichoise d’électricité (SWM) va investir la bagatelle de 9 milliards d’euros pour construire des centrales solaires, éoliennes, géothermiques et biogaz.

À l’heure d’aujourd’hui, les besoins en électricité de la ville sont déjà assurés pour moitié par les énergies vertes. Ce champ éolien, baptisé Sandbank, devrait permettre d’améliorer ce chiffre en produisant 1,4 térawatt-heures d’électricité annuellement. Réparties sur 60km2, les éoliennes commenceront normalement à produire de l’électricité en 2017. Cela étant, pourquoi fabriquer cette ferme éolienne si loin de la Bavière ? La région n’a-t-elle plus de place ?

Le problème est ailleurs : les Bavarois n’ont pas envie de voir de bruyantes éoliennes géantes sortir du sol tous les 10 mètres, eux qui ont déjà contribué pour beaucoup à l’effort de transition énergétique, comme en témoigne les équipements photovoltaïques omniprésents dans le Land (400.000 installations). Il s’agit plus ici d’un choix politique de ne pas trop déranger les habitants, dans une région historiquement très conservatrice.

Un choix politique qui soulève de nombreux enjeux techniques. Par exemple, pour acheminer l’électricité de la mer du Nord à Munich, de grandes infrastructures seront nécessaires, ce qui ne va pas forcément plaire aux riverains des futures lignes haute tension qui transporteront le courant jusqu’en Bavière.

De plus, le choix du pays de réaliser sa transition énergétique sans nucléaire fait grimper le prix de l’électricité. L’an dernier, les Allemands ont tout de même payé presque deux fois plus chère leur électricité que les Français, selon Eurostat (0,292 contre 0,159 euro le kWh). Enfin, il convient de rappeler que la firme Vattenfall est plus réputée pour ses centrales thermique à la lignite qui comptent parmi les plus polluantes d’Europe que pour ses éoliennes.

Un projet symptomatique de la politique énergétique allemande depuis quelques années qui pousse toujours plus au développement des EnR, qu’elles soient solaires ou éoliennes, tout en s’accommodant du charbon et de la lignite comme énergies de transition qui doivent répondre aux besoins en attendant l’émergence totale des EnR.

Crédits photo : Tomasz Sienicki, Zoesch

Thomas Perard

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • C’est une gageure de la part de Munich de vouloir consommer TOUS les électrons produits en Mer du Nord ! En effet, à l’heure d’un réseau électrique allemand interconnecté, la perspective d’assister à la construction d’une ligne directe Mer du Nord-Munich est complètement aberrante. Ce qui serait moins aberrant, c’est que cette énergie soit directement injectée sur le réseau allemand et que Munich ajuste sa consommation en fonction de la production du champ éolien couplé avec ses autres sites de production d’énergie renouvelable, soit un bilan énergétique 100% renouvelable.

    Cela pose toutefois un dilemme; admettons que la demande soit plus grande que la production d’énergie renouvelable, que fera alors Munich ? Couper le chauffage et/ou l’électricité à certains (via éventuellement des dispositifs d’effacement) ou alors s’alimenter sur le réseau national avec des énergies non renouvelables ?

    Je pense que passer à un système basé sur le renouvelable sous-entend des mesures sociétales fortes, notamment en terme d’éducation, afin de faire comprendre que l’énergie bon marché accessible tout de suite et en grande quantité ne peut pas (encore ?) exister dans ce type de système.

    Réduire la demande avant de penser à augmenter la production.

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    • On peut se demander s’il n’y a pas, sous prétexte d’écologie, un intérêt commercial important pour ces firmes énergétiques. D’ailleurs elles ne semblent pas beaucoup faire de cas des G.E.S. (ni d’autres pollutions) car ils augmentent sans cesse en Allemagne malgré ces énergies renouvelables intermittentes et un prix du KWh imbattable.

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