Les énergies renouvelables s'invitent dans le mix électrique de Cuba - L'EnerGeek

Les énergies renouvelables s’invitent dans le mix électrique de Cuba

énergies_renouvelables_CubaLe gouvernement cubain a fait état au début de mois de juillet de ses nouvelles ambitions en matière énergétique et s’il est bien envisagé de rénover le parc thermique existant afin d’optimiser la production d’électricité et de diminuer le coût du KWh, le programme exposé présage d’une place prépondérante accordée aux énergies renouvelables. Le gouvernement entend ainsi rééquilibrer ses moyens de production et réduire la dépendance du pays aux ressources pétrolières. 

[stextbox id= »info »]Un mix électrique dépendant des énergies fossiles[/stextbox]

Profitant de ses importantes ressources en hydrocarbures situées dans le golfe du Mexique et dans la province de Mantanzas, le gouvernement cubain a développé un système de production d’électricité largement basé sur les énergies fossiles. En effet, si Cuba produit actuellement 59 % de son électricité à partir de ses ressources pétrolières, l’île en importe également de grandes quantités du Venezuela à des tarifs préférentiels. Les énergies fossiles représentent alors près de 96,3 % du mix électrique cubain, le reste étant partagé entre les filières renouvelables qu’il s’agisse de la biomasse pour 3 %, de l’hydraulique pour 0,6 % et de l’éolien pour 0,1 %.

Avec une production annuelle de 549 GWh en 2012, la biomasse est donc actuellement la première énergie verte du pays. Elle s’appuie notamment sur la valorisation de la bagasse, résidu filandreux issu de l’exploitation de la canne à sucre. La production hydroélectrique était quant à elle de l’ordre de 11 GWh pour la même année. Une capacité qui dépend beaucoup des précipitations et qui ne présente pas de réelles possibilités d’amélioration dans l’avenir. L’énergie éolienne enfin, avec quatre fermes pour 23 GWh d’électricité produite est encore largement minoritaire mais présente des perspectives plus prometteuses. Cuba a dans ce sens réalisé de nombreuses études sur l’ensemble de son territoire afin d’évaluer le potentiel des vents et d’envisager la création de nouvelles installations éoliennes.

Concernant l’énergie nucléaire, la construction de l’unique centrale cubaine située à Juragua, près de Cienfuegos, dans le centre du pays, n’a jamais été terminée et ne le sera sans doute jamais. La reprise du chantier nécessite en effet des investissements conséquents (autour d’un milliard de dollars) et l’équipement en énergie nucléaire de l’île pourrait largement complexifier les relations déjà houleuses avec son voisins américain.

[stextbox id= »info »]Un programme de développement des énergies renouvelables[/stextbox]

Si le gouvernement cubain a bien signé le 11 juillet dernier un accord avec le président russe Vladimir Poutine concernant la construction de quatre centrales thermiques dans le cadre d’un plan de rénovation de son parc électrique, il entend donc surtout concentrer ses efforts sur le développement des énergies renouvelables.

En effet, souhaitant ainsi diminuer sa dépendance au pétrole dont les ressources se raréfient, Cuba se lance pleinement dans les énergies vertes et entend faire passer la part des énergies renouvelables dans sa production d’électricité de 3,7 % aujourd’hui à 16,5 % en 2020 et 24 % à l’horizon 2030. Dans le même sens, la part des énergies fossiles passerait ainsi de 96,3 % à 76 %.

Pour cela, l’île de Cuba prévoit donc d’augmenter de manière significative ses capacités de production avec la construction de 19 unités bioélectriques supplémentaires associées à des centrales sucrières et produisant de l’électricité par la biomasse de la canne à sucre. Elles représenteront une puissance cumulée de 755 MW et un investissement de 40 millions de dollars chacune. S’ajouteront à cela 13 parcs éoliens pour une puissance totale de 633 MW, des centrales photovoltaïques pour 700 MW et des petites unités hydrauliques de 56 MW de puissance.

Un programme de développement qui paraît donc considérable pour les années à venir et qui est estimé, selon le vice-président du conseil des ministres, en charge des réformes économiques, Marino Murillo, à plus de 3,7 milliards de dollars. La Havane a dans cette optique assoupli sa législation en matière d’investissements étrangers et espère bien attirer de gros investisseurs en provenance de Russie et de Chine par exemple, pour financer ces réformes dans le secteur de l’énergie.

En parallèle, 6,2 milliards de dollars doivent être consacrés à la rénovation du système de production électrique classique afin de doubler la production électrique du pays d’ici 2030. Compris dans ce vaste programme de développement, l’accord passé avec la Russie prévoit donc quatre unités de production de 200 MW chacune  pour un investissement global de 1,6 milliards de dollars.

Crédits photo : Hannes Grobe

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Je vous propose une technologie innovée ,économique de production d’énergie électrique à volonté et à petit prix et qui ne demande ni pétrole,ni gaz,rien qu’avec une énergie aérodynamique,,cette énergie naturelle est capable de remplacer toutes les autres énergies y compris les hydrocarbures,et même le nucléaire,(dans le cas de production d’énergie électrique) et ne demande ni soleil,ni plaques photovoltaïque ,ni éolienne.Cette technologie servira les centrales déjà existantes
    et d’un emploie facile et non encombrant,en plus nous permet de produire des mini centrale mobile clé en main qui seront les bien venues pour les habitations individuelles ,les villages et agglomérations les plus éloignés de la centrale mère et ce là sans poteaux ni câble électrique
    je reste à votre disposition pour d’autres renseignements ,dans le cas ou ma technologie attirez votre attention.Merci
    Cette technologie ne vient pas pour faire une concurrence aux hydrocarbures,mais plus tôt lui
    permet de faire des économies pour d’autres utilités industrielles
    on arrive à convertir les centrales chaude et explosives par des centrales douce et froides.
    La valeur réelle de cette technologie est celle de tous les puits de pétrole que la planéte compte et même plus .Cette technologie s’adapte aux quatre coins de la planète.

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    • bonjour, je viens de lire avec curiosité votre suggestion de production électrique aerodynamique.
      J’aurais aimé qu’on échange a ce sujet. est ce possible? je ne sais pas comment fonctionne ces commentaires en ligne, comment on peut être en contact direct..? Peut être pourrez vous me dire
      merci
      cécile

      Répondre
  • Je viens de lire avec intérêt votre article sur l’article sur les énergies renouvelables appelées à intégrer le mix énergétique à Cuba. Il faut désormais compter avec la gazeification non seulement s’agissant de la biomasse mais aussi de tout ce qui contient du carbone (déchets ménagers par exemple. Une petite entité française basée en Bretagne maitrise parfaitement cette filière qui non seulement peut mais doit être confrontée à la méthanisation (très utilisée à Cuba) avec des grandes chances de l’emporter (à la fois en terme de rendement et d’investissement) dés lors que les intrants se présentent avec une humidité inférieure à 80%.
    A la disposition de celui ou ceux qui veulent en savoir davantage. Un détail important: puissances imaginées raisonnables: ce sont les machines qui vont à l’encontre des déchets et des hommes et non l’inverse. On parle bien de production d’energie électrique et thermique décentralisée.

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