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Espagne : une centrale hybride combine énergie solaire et biomasse

Central_hybride_EspagneUne centrale hybride unique en son genre, a vu le jour au début de l’année 2013 dans la commune de Les Borges Blanques, en Espagne. Associant la technologie de l’énergie thermo-solaire à la biomasse au sein du même site de production, cette centrale développe une énergie 100 %  verte et fait preuve d’une véritable régularité dans sa production pour une meilleure rentabilité. Des points qui font souvent cruellement défauts aux différentes techniques actuelles d’exploitation des énergies renouvelables intermittentes.

La combinaison de l’énergie solaire et de la biomasse

Si certaines tentatives d’installations hybrides ont déjà été mis en place, associant par exemple l’énergie solaire au gaz naturel afin d’assurer une production d’électricité continue aussi bien le jour que la nuit, la centrale développée dans la province catalane de la Lleida, est à ce jour la seule au monde à proposer une combinaison de l’énergie thermo-solaire et de la biomasse.

Véritable innovation technologique, le site de la Lleida s’étend sur 96 hectares et regroupe près de 2688 collecteurs de soleil paraboliques de 5,5 m et 12 m de diamètre et orientés automatiquement selon l’heure de la journée. Ces collecteurs permettent alors d’utiliser la chaleur du soleil pour chauffer une huile synthétique stockée sous les capteurs. Dès qu’elle atteint 393°C, cette huile chauffée dégage de la vapeur à haute pression et est ensuite transférée dans une turbine produisant de l’électricité.

Si cette technique a fait ses preuves, elle reste néanmoins très insuffisante une fois la nuit tombée ou lorsque le soleil ne se montre pas. Dans ce cas, c’est la biomasse qui prend le relais et alimente la turbine par la chaleur provenant de la combustion du bois. Ce processus se nourrit de plus essentiellement des ressources locales, le bois provenant des forêts avoisinantes, nombreuses dans cette région rurale du  nord-est de l’Espagne.

Précisons ici que ces deux procédés fonctionnent avec une seule et même turbine et qu’ils peuvent être lancés en même temps afin d’augmenter les rendements lors des pics de consommation. Ils permettent à ce jour de fournir 98.000 mégawattheures à l’année, alimentant ainsi plus de 27.000 foyers.

Une production d’énergie propre et constante

Développée dans le but de remplacer une centrale thermique conventionnelle, l’unité de Les Borges Blanques produit par la réunion de ces deux modes de production une électricité propre et sans émission de CO2. Elle permet en effet d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 24.500 tonnes de dioxyde de carbone tout en approvisionnant durablement la région en électricité et cela même lorsque le soleil fait défaut.

Souvent critiquées pour leur manque de stabilité, les productions d’énergies renouvelables intermittentes (solaire, éolien) éprouvent de réelles difficultés à fournir une quantité d’énergie constante et adaptable aux besoins de consommation. En associant l’énergie solaire à la biomasse, cette nouvelle centrale hybride espagnole est donc bien parvenue à contourner cette problématique, mais à quel prix ?!

Financé en majeure partie par les sociétés Abantia et Comsa Ente et  l’Institut gouvernemental catalan de l’énergie, ce projet a bénéficié d’un budget global de 153 millions d’euros. Si l’investissement de départ est conséquent, on ne connait pas à l’heure actuelle le coût exact de l’énergie produite.

Un coût qu’il faudra bien rendre public dans un pays où le sujet est sensible et les Espagnols sont attentifs aux évolutions des prix. Alors que le prix de l’électricité a augmenté de près de 80 % depuis 2006 et que l’Espagne s’est endettée considérablement pour supporter le développement des énergies renouvelables (26 milliards d’euros de dette énergétique en 2013), le gouvernement fait désormais marche arrière et prépare un projet de loi prévoyant  la réduction des subventions aux énergies renouvelables et leur plafonnement en fonction des taux de rentabilité.

Crédits photo : Alan Radecki

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Séduisant sur le plan théorique. Mais l’article pose la (seule et) bonne question : combien ça coûte ? Autrement dit, Est-ce que c’est rentable, éventuellement en postulant des gains de production en série de ce type d’installation ?
    Car ce qui marche en laboratoire ou sur un prototype n’est pas forcément transposable dans la réalité de tous les jours, en raison soit des difficultés technologiques soit du coût final, comparé à des solutions fournissant le même service.
    Par ex, les alchimistes du moyen âge rêvaient de transmuter le plomb en or. Aujourd’hui, on sait faire grâce aux techniques nucléaires, mais on ne fait pas, à cause du coût !!
    Autre ex : EELV et autres idéologues du PS voudraient utiliser exclusivement des énergies renouvelables, essentiellement intermittentes, pour remplacer le charbon (qui pollue et dérègle le climat) ou le nucléaire (qui leur fait peur – disent-ils). C’est techniquement impossible à cause de l’intermittence (soulevé dans cet article) et économiquement non rentable (voir ce qui commence à se passer en Allemagne ou en Espagne qui sont dans une impasse).
    Il est légitime et même nécessaire de poursuivre la recherche, mais nécessaire de laisser l’utopie de côté tant qu’elle n’a pas abouti. Pour l’électricité cela signifie conserver le nucléaire qui marche, et tester à échelle modeste (pour que cela ne coûte pas trop aux consommateurs) d’autres solutions.
    Il faut cependant garder en tête que l’énergie nucléaire offre un ratio production d’énergie par unité de volume largement imbattable ; par ex, un gramme d’uranium produit la même énergie qu’une tonne de charbon ! Vouloir procurer à tous nos concitoyens autant d’énergie qu’ils en ont besoin (sans gaspillage cependant) risque, compte tenu des progrès technologiques actuels et futurs (matériels numériques, voiture électrique) de rendre cet avantage déterminant, sauf dans les endroits reculés (îles) ou déserts où l’éolien et le PV par ex. restent un solution incontournable.

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