Londres : huit grands projets d’énergie renouvelable et un « contrat pour la différence » - L'EnerGeek

Londres : huit grands projets d’énergie renouvelable et un « contrat pour la différence »

contrat_pour_la_différence_LondresLe gouvernement britannique a validé ce mercredi 23 avril huit projets d’énergie renouvelable destinés à améliorer toujours plus la part des renouvelables dans la production d’électricité en Grande Bretagne. Selon les objectifs fixés, celle-ci devrait atteindre 30 % à l’horizon 2020. Parallèlement, ces projets s’accompagnent d’un nouveau mécanisme de soutien aux énergies vertes basé sur un prix d’achat variable selon le prix du marché, les contrats pour la différence.

Comme l’a annoncé cette semaine  le secrétariat d’Etat à l’énergie et au changement climatique (DECC), le gouvernement s’est déclaré favorable au lancement de huit grands projets d’énergie renouvelable sur le territoire britannique. Ces huit projets d’envergure prévus pour 2020, se composent de cinq parcs éoliens offshore et de trois centrales électriques à biomasse. Ils nécessiteront des investissements privés à hauteur de 12 milliards de livres et devraient assurer la création de 8.500 emplois.

Cumulées, ces différentes unités de production devraient représenter 4,5 gigawatts de capacité installée, soit environ 4% du parc électrique britannique et générer suffisamment d’électricité pour alimenter trois millions de foyers. Elles devraient également réduire les émissions de CO2 de 10 millions de tonnes par an par rapport à une production d’origine fossile.

Ces projets seront l’occasion d’appliquer un nouveau mécanisme de soutien aux énergies renouvelables mis en place par Londres et répondant à l’appellation de « contrat pour la différence ». En effet, alors que la Commission européenne a annoncé récemment sa volonté de mettre un terme  aux tarifs de rachat dans le secteur des renouvelables et cela dès 2017, le gouvernement britannique a quant à lui dévoilé un dispositif inédit de soutien partiel à ce secteur d’activité.

Dans les faits, les exploitants des parcs éoliens et des centrales à biomasse devront vendre l’électricité produite au prix du marché et cela même si ce prix diffère des coûts de production. L’État s’engage alors pour une période de 15 ans, à payer la différence si et seulement si le prix du marché est inférieur au coût de production. Dans le cas inverse, lorsque les prix de marché seront supérieurs au coût de production, ces aides publiques ne s’appliqueront plus.

Désireux d’atteindre ses objectifs en matière d’énergie renouvelable et de réduction des émissions de CO2, ce nouveau système de soutien prévu outre-Manche devrait s’appliquer à l’ensemble des énergies décarbonées, à savoir, l’ensemble des énergies qui n’entraînent pas ou peu d’émission de C02. Dans ce cadre, ce nouveau tarif d’achat évolutif concernerait la production d’énergie nucléaire au même titre que les énergies vertes que sont l’éolien ou le solaire.

Chargé de la construction de deux nouveaux réacteurs EPR sur le site nucléaire d’Hinkley Point, au Sud-ouest de l’Angleterre, le groupe français EDF devrait donc lui aussi bénéficier de ce régime dérogatoire.

Avant d’être appliqué, ce contrat pour la différence devra toutefois recevoir l’approbation de  la Commission européenne.

Crédits photo : Ashley Dace

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • La grande différence entre les énergies renouvelables et le nucléaire, c’est que les contrats (en fait l’équivalent des tarifs d’achat) ne sont valables que pour 15 ans dans le cas des énergies renouvelables, alors que c’est 35 ans pour le nucléaire.

    http://energeia.voila.net/electri2/nucleaire_grande_bretagne.htm

    A y regarder de près, une installation solaire photovoltaïque mise en service en 2016 ou 2017 produira son électricité à un coût inférieur à celui du nucléaire, en moyenne sur 25 ans.

    D’autant plus qu’avec l’indexation du tarif nucléaire depuis 2012, le tarif pour le nucléaire sera bien supérieur d’ici là.

    En Allemagne et dès maintenant, le coût de production de l’électricité solaire est déjà inférieur au coût futur de l’électricité nucléaire de l’EPR.

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    • Si on veut parler objectivement du solaire photovoltaïque en Allemagne, il faut savoir qu’un panneau installé chez un particulier à Hambourg mettra 5,5 ans pour produire autant d’électricité que sa fabrication a coûté, et je n’inclus pas le coût énergétique du transport (les panneaux viennent de Chine ou du Japon en majorité), et pour terminer c’est une valeur optimiste (on considère que ce panneau est installé de manière optimale – bonne inclinaison – et qu’il n’y a pas d’ombrages).

      En France, le solaire photovoltaïque est subventionné massivement puisqu’il est racheté à 250 eur/MWh environ.
      Or le prix moyen du MWh aujourd’hui sur le marché SPOT est dans les 40 eur. Le calcul nous montre que la subvention est de 210 eur/MWh pour le solaire photovoltaïque…
      Une taxe appelée CSPE prélevée sur tous les clients en France permet de régler partiellement la facture.

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  • Avec des panneaux fabriqués avant 2006, donc moins efficaces qu’aujourd’hui, le temps de retour énergétique était de 3,0 ans à Berlin et de 2,6 ans à Munich « to recover their energy content from manufacturing and recycling ».

    http://www.iea-pvps-task10.org/IMG/pdf/report_IEA-PVPS_T10-01-2006.pdf

    C’était 2,9 ans pour Paris, 2,6 ans pour Lyon et 1,9 ans pour Marseille.

    Mais un panneau photovoltaïque conserve plus de 80% de sa capacité de production après 20 ans et sans doute 70% après 30 ans.

    Les grandes centrales au sol, par exemple au Texas pour Austin Energy, ont des contrats d’achat de 25 ans sur le marché libre, compétitifs avec le charbon ou le gaz. Ce qui veut dire que les panneaux sont encore bons au bout de 25 ans.

    En France, il existe une aberration qui s’appelle IAB, l’intégration totale au bâti, alors que la solution ISB (intégration simplifiée) coûte deux fois moins cher. Les tarifs d’achat ont par ailleurs beaucoup baissé depuis 3-4 ans.

    En Allemagne, le tarif d’achat est déjà descendu à 9,2 c€/KWh pour une grande centrale, moins cher qu’avec l’EPR de Flamanville ou ceux en projet en Angleterre.

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