Une nouvelle technologie de solaire à concentration expérimentée au Maroc - L'EnerGeek

Une nouvelle technologie de solaire à concentration expérimentée au Maroc

cimenterie_MyrabellaCiments du Maroc, une des filiales du groupe italien Italcementi, a investi plus de 3 millions d’euros à Aït Baha (dans la région de Souss-Massa-Drâa) en partenariat avec Italgen Maroc (une autre filiale d’Italcementi) dans un projet de centrale solaire thermodynamique à concentration d’un genre nouveau. Ce prototype devrait sera lancé à l’automne. 

 

 

[stextbox id= »info »]Un système qui vient en complément de la cimenterie d’Aït Baha[/stextbox]

Oubliez tous ce que vous pensez savoir sur les centrales solaires thermodynamiques à concentration. Le projet en construction à Aït Baha utilise une nouvelle technologie suisse qui présente des différences majeures avec par exemple Ivanpah aux Etats-Unis.

« C’est un projet pilote dont nous sommes en train de valider les différentes étapes. Il utilise une technologie novatrice qui permettra à terme de diviser à grande échelle le coût du kilowatt heure solaire par deux par rapport aux technologies CSP (Concentrating Solar Power) traditionnelles », a déclaré au site internet de l’Usine Nouvelle, Giuseppe De Beni, directeur d’Italgen Maroc (en fait le fait coût du MWh serait compris entre 110 et 120 euros contre 180 à 200 euros).

En théorie l’énergie solaire thermodynamique vient d’un champ de miroirs qui captent les rayons du soleil et les dirige vers une surface fixe de réception, ce qui génère de la chaleur (jusqu’à plus de 500 degrés Celsius) alimentant une turbine électrique.

Dans le cas du site d’Aït Baha, la centrale est construite aux côtés de l’une des cimenteries les plus modernes du monde. La cimenterie est équipée d’une technologie de cogénération. Un groupe turbo-alternateur créé de l’électricité grâce à la chaleur du four de cuisson. Les modules CSP vont venir en complément de ce système.

[stextbox id= »info »]Une nouvelle technologie[/stextbox]

La société suisse Airlight Energy propose cette nouvelle structure. Au lieu d’un champ de miroirs, le projet sera composé de trois lignes en béton de 11 mètres de large et de 215 mètres de long. Les lignes seront équipées de miroirs souples PET (Mylar) aluminisés (meilleur marché que les miroirs de verre qui équipent les centrales CSP traditionnelles), dont les supports suivent automatiquement la course du soleil.

Les miroirs sont placés sur les poutres en béton et enfermés dans un système de tuyaux pneumatiques en film plastique à la manière de tentacules de calmar. Les rayons du soleil traversent la membrane en plastique. Ils se réfléchissent à l’intérieur de la membrane, chauffant ainsi une surface concave en aluminium placée à l’intérieur du film. Dans cette bulle , la température de l’air ambiante peut monter jusqu’à 600 degrés Celsius selon les estimations. Une chaleur grâce à laquelle les trois lignes de production seront capables de produire 1 million de kWh, en complément du turbo-alternateur.

Un système de stockage est également prévu pour produire de l’énergie une fois la nuit tombée. La chaleur dégagée va réchauffer des pierres, à la manière d’un sauna, contenues dans un réservoir en béton. Le flux d’air chaud accumulé la journée peut ensuite être inversé en vue d’être transformé en électricité.

[stextbox id= »info »]Un projet construit localement[/stextbox]

A la différence des technologies CSP, qui sont le plus souvent fabriquées dans des usines de pointe, la centrale d’Aït Baha  est construite à l’aide de béton, produit en quantité astronomique par la cimenterie.

« Les équipements sont fabriqués en grande partie au Maroc, pour la plupart sur le site de l’usine à ciment en utilisant des matières localement disponibles. C’est la première application d’une machine entièrement construite en béton et intégrant des modules solaires », explique Giuseppe De Beni.

La construction de la centrale solaire thermodynamique à commencé à la fin de l’année 2012. Le projet pilote approche de la phase finale de construction. Si les retours sont bons, Ciments Maroc envisage de coupler d’autres projets CSP à ses usines à ciment.

Crédit photo : Myrabella

 

 

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
jeu 23 Mar 2017
Plus connus pour leurs réserves en hydrocarbures, les Emirats arabes unis anticipent pourtant depuis plusieurs années maintenant l'après pétrole, et investissent massivement dans une nouvelle génération de centrales utilisant différentes technologies solaires. L'Autorité de l'électricité et de l'eau de Dubaï…
sam 1 Juil 2017
La forte mobilisation des villes américaines à la suite de la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’Accord de Paris nous l’avait déjà démontré, les villes ont un rôle déterminant à jouer dans le combat climatique et…
ven 26 Déc 2014
Si les grands lacs helvétiques sont un des principaux attraits touristiques de la Suisse, ils pourrait également à terme être mis à profit pour produire de la chaleur et se substituer ainsi à d'autres sources d'énergies fossiles moins respectueuses de…
ven 13 Mai 2016
Chargée de la construction de trois parcs éoliens en mer, à Fécamp (Seine-Maritime), Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et Courseulles-sur-Mer (Calvados), EDF vient d’annoncer un partenariat avec Enbridge, qui obtient 50 % des parts d’Eolien maritime France (EMF). (suite…)

COMMENTAIRES

  • Cette variante avec du béton d’une centrale solaire thermodynamique en auge pouvait se justifier dans le cas particulier d’une cimenterie lorsque cette construction a commencé fin 2011. Quelques innovations sont intéressantes, comme le fluide utilisé pour le transfert de chaleur (air) et la méthode de stockage de la chaleur sur lit de pierres.

    Cependant, pour simplement produire de l’électricité, un tel projet n’est pas compétitif aujourd’hui face au photovoltaïque.

    En Allemagne déjà, pays bien moins ensoleillé que le sud du Maroc, une centrale photovoltaïque mise en service en février 2014 produit son électricité à 94 €/MWh.

    http://energeia.voila.net/solaire/cout_pv_allemagne.htm

    Par ailleurs, pour l’ensemble des systèmes solaires mis en service au dernier trimestre 2013, depuis la petite installation en toiture à la grande centrale, le coût moyen était inférieur à 120 €/MWh.

    Compte tenu de l’ensoleillement disponible dans la région d’Agadir, une centrale solaire réalisée dans les mêmes conditions qu’en Allemagne aurait un coût de production de seulement 58 €/MWh. Deux fois moins cher.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *