Quelle forme prendra l'Airbus de l'énergie voulu par François Hollande ? - L'EnerGeek

Quelle forme prendra l’Airbus de l’énergie voulu par François Hollande ?

Drapeaux_Franco-AllemandLe 19 février, un conseil des ministres franco-allemand va se réunir. Il doit avancer une première réponse en ce qui concerne le format que prendra l’Airbus de l’énergie que François Hollande avait évoqué lors de ses vœux à la presse le 14 janvier. Cette déclaration a suscité une légère polémique, autant parmi les politiques que parmi les industriels. 

[stextbox id= »info »]Les réactions à l’annonce de Hollande[/stextbox]

Peu après l’intervention du président, des deux côtés du Rhin, les grandes entreprises et les grands groupes industriels de l’énergie (EDF, GDF Suez, Alstom, Total, Areva et leurs équivalents allemands RWE, EON, Siemens…) ont démenti l’existence d’un tel projet. Les patronats allemands et français se sont pourtant prononcés en faveur d’une politique énergétique européenne.  « Nous avons besoin d’une coordination de la transition énergétique au niveau européen, mais faut-il pour cela créer un Airbus ?  Il faut d’abord étudier la question », a déclaré le président de la fédération des industriels allemands, Ulrich Grillo, lors de son récent passage à l’Élysée et à Matignon.

Côté français les dirigeants d’EDF et de GDF ne soutiennent pas l’émergence d’un géant franco-allemand de l’énergie mais désirent une politique  européenne plus harmonieuse. Luc Oursel, patron d’AREVA propose quant à lui une coopération dans la recherche et dans les accords industriels.

Les réactions des personnalités politiques ont été différentes. La grande « entreprise franco-allemande pour la transition énergétique » voulu par Hollande a reçu l’approbation enthousiaste du vice-chancelier Allemand Sigmar Gabriel qui considère ce projet dans la continuité des réflexions bi-nationales menées jusqu’ici. Pour rappel, déjà en juillet dernier, Philippe Martin alors tout juste nommé à la tête du ministère de l’Ecologie avait déclaré : «  Je souhaite qu’on jette les bases d’un Airbus européen des énergies du futur. Nous avons déjà des contacts avec les Allemands, qui sont très motivés sur ces questions ».

[stextbox id= »info »]Différents projets plutôt qu’un grand Airbus de l’énergie[/stextbox]

Si l’idée de calquer la grande entreprise qu’est Airbus sur le domaine de l’énergie a rapidement été remise en question du côté allemand, il semblerait que le projet prennent la forme d’une multitude d’initiatives spécialisées dans la recherche sur les énergies nouvelles. Le ministre de l’Ecologie Allemand a évoqué la création d’entreprises bi-nationales mais aussi d’une filiale commune des agences de l’énergie française (Ademe) et allemande (Dena). Ces projets seraient en complémentarité avec l’instance européenne (Coreso) qui s’occupe de la coordination de l’action des réseaux de transport de l’électricité d’Europe de l’Ouest mais aussi de l’office franco allemand pour les énergies renouvelables relancé l’an dernier.

Mais ces dernières semaines, des idées concrètes ont émergé. Le stockage et les réseaux d’énergie, dans lesquels la coopération franco-allemande semble s’imposer, avaient été cités par le président Hollande comme l’un des possibles domaines de l’Airbus. L’éolien offshore semble aussi faire partie des projets importants et réalisables. Toujours pour l’éolien, la fusion le mois dernier des activités de l’espagnol Gamesa et du français Areva (qui repose sur un socle industriel allemand) apparaît comme une base solide en vue de nouveaux partenariats. Mais c’est surtout le projet d’une immense usine photovoltaïque qui a retenu l’attention. Basée sur les recherches actuelles d’une équipe composée de Suisses, d’Allemands et de Français ; sa capacité de production serait de cinq gigawatts (soit 1/7e des panneaux installés dans le monde l’an dernier). Ce projet titanesque pourrait apparaître prochainement dans les « 34 plans industriels » d’Arnaud Montebourg, le ministre Français du Redressement productif, qui la verrait bien comme un bouclier face à la domination chinoise du marché.

Mais ces initiatives dispersées et centrées sur le renouvelable seront-elles capables de résoudre la crise de l’énergie en Europe, à l’heure où la majorité des grands énergéticiens du Vieux Continent militent pour une politique européenne plus harmonieuse ? Début de réponse demain…

Crédits photo: Cobber17, Jpbazard

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • En methodologie de projets le plus simple est d apres moi de commencer par un projet, faisable mais qui tienne compte des interets de toutes les parties. Apres Airbus c est l Europe alors le plus simple cela peut etre aussi de reunir a Bruxelles des ingenieurs qui representent l Europe pour travailler sur un projet plus important… Plusieurs projets plus petits cela me semble judicieux dans le domaine culturel non ?

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  • Compte tenu des contextes énergétiques très différents en France et en Allemagne, notamment du fait de l’abandon du nucléaire par l’Allemagne, la démarche la plus efficace est de travailler conjointement sur des projets d’avenir dans lesquels les deux pays pourraient trouver avantage. On pourrait citer :
    – l’éolien offshore
    – le stockage de l’électricité, notamment d’origine nucléaire et éolienne par la charge des batteries de voitures électriques la nuit et en période de faible appel de puissance ( ce qui suppose le développement de la voiture électrique )
    – le captage du CO2 à la sortie des centrales à charbon et à gaz ( le pétrole devant être progressivement abandonné pour la production d’électricité )
    – le développement de réseaux électriques intelligents
    – la recherche pour la mise au point et le développement de panneaux photovoltaïques souples pouvant être posés sur les bâtiments et les véhicules

    Bernard BEAUDONNT
    Ingénieur-Conseil

    Répondre
  • Bonjour,

    Vous écrivez :
    « Ces projets seraient en complémentarité avec l’instance européenne (Coreso) qui s’occupe de la coordination de l’action des réseaux de transport de l’électricité d’Europe de l’Ouest mais aussi de l’office franco allemand pour les énergies renouvelables relancé l’an dernier. »

    Coreso n’est pas « l’instance européenne…. ». Je pense que vous faites références à l’Ensto-E, qui est effectivement l’association européenne des gestionnaires de réseau de transport d’électricité.
    Coreso est une initiative européenne qui met en oeuvre la coordination entre différents gestionnaires de réseaux électriques (Rte, Elia, Terna, NG).

    Vous trouverez plus d’information sur le site web http://www.coreso.eu,

    Bonne journée

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