Le chantier de l’EPR de Flamanville mobilise 3.000 personnes. La nouvelle centrale devrait être mise en service en 2016. Retour sur les dernières avancées du chantier réalisées depuis le début de l’année 2012.
Depuis le début de l’année, les toitures des bâtiments de la partie nucléaire du site ont été terminées.
Le bétonnage de la toiture « coque avion » des bâtiments de sauvegarde 2 et 3 et du bâtiment combustible est achevé.
La première partie de cette toiture a été réalisée les 14 et 15 mars, par neuf équipes, composées chacune d’une douzaine d’employés des entreprises Bouygues et EDF.
Ces équipes se sont relayées pendant 30 heures lors du bétonnage des toitures, au cours duquel 1.600 m3 de béton ont été coulés.
La seconde partie du bétonnage a été réalisée mi-mai suite à un mois de préparation : ferraillage de la toiture, préparation des armatures… Ce sont trois équipes de 10 personnes qui se sont relayées pendant 30 heures au cours desquelles 1.200 m3 de béton ont été coulés.
La « coque avion », en béton armé, a pour but de protéger les bâtiments les plus sensibles (réacteur, combustible, salle des commandes) du futur EPR, afin de les protéger d’éventuelles attaques ou accidents. Elle est capable de résister à la chute d’un avion de ligne.
Suite à la réalisation de cette « coque avion », plus de 91% des travaux du génie civil principal ont été terminés.
Quant aux montages électromécaniques, ils sont réalisés à 28%.
Depuis le début de l’année, 7 visites d’inspections de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) ont eu lieu sur le chantier. 4 de ces visites étaient inopinées.
Le 24 février, le pont polaire destinée a été installé dans le bâtiment réacteur a été livré. Constitué de deux poutres, cette pièce pesant 780 tonnes, mesurant 20 mètres long et 45 mètres de large, est un pont roulant circulaire.
Elle a plusieurs fonctions de manutention. Lors de la construction, le pont polaire permet d’introduire dans le bâtiment réacteur des éléments lourds comme le générateur de vapeur (540 tonnes), la cuve (480 tonnes) et le pressuriseur (170 tonnes). Ensuite lors de l’exploitation de la centrale, il sera utilisé pour diverses opérations de manutention durant l’arrêt de tranche. Enfin, pendant la déconstruction de la centrale, le pont solaire permettra de faire sortir les éléments qu’il avait fait rentrer.
L’un des axes des tambours filtrants a été introduit dans la station de pompage le 27 mars, pièce de 45 tonnes et 45 mètres de long, manutention de 15 personnes. Les deux tambours filtrants de la centrale serviront à filtrer l’eau de mer qui alimentera les circuits de refroidissement de Flamanville 3.
Pour rappel, des défauts ont été détectés sur certaines consoles du pont polaire au mois de février. Ces consoles sont destinées à fixer le pont polaire sur l’enceinte interne du bâtiment réacteur. EDF a décidé de changer la totalité des 45 consoles.
La fabrication des nouvelles consoles a débuté au mois de mai et elle devrait être terminée à la fin de l’année. Ce contretemps ne remet cependant pas en cause l’objectif de début de production de Flamanville 3, fixé à 2016.
La construction du bâtiment diesel nord, qui abritera 3 des 6 groupes électrogènes de la centrale, est sur le point de commencer.
La pose du dôme est prévue pour 2013
L’EPR, dont le coût global s’élève à 6 milliards d’euros doit entrer en activité en 2016.
3.000 personnes sont mobilisées par le chantier (50% d’emploi local). 18 millions d’heures ont été travaillées depuis le début du chantier.
En fait, le réacteur sera seulement connecté au réseau fin décembre 2016, mais l’exploitation commerciale commencera quelques mois plus tard, en 2017.
http://energeia.voila.net/nucle/nucle_service_2015.htm
Le réacteur EPR français de Flamanville-3, commencé fin 2007, sera connecté au réseau fin 2016 avec quatre ans de retard, pour un coût de six milliards d’euros (au lieu de 3,3 annoncés au début). Sa mise en service commercial (production effective d’électricité) se fera seulement en 2017. La situation est la même pour le réacteur EPR Olkiluoto-3 en Finlande : retard de quatre ans et coût doublé.
Et comme il est dit dans un autre article sur le coût de construction des réacteurs nucléaires, le prix « sortie usine » de son électricité sera de 81 euros le MWh, plus cher que celui de l’éolien terrestre.
Le tarif de rachat EDF de l’électricité éolienne terrestre est de 82 €/MWh. De plus son intermittence et ses caractéristiques posent toute sorte de problèmes techniques qui diminue son efficacité pour remplacer le CO2 sur le réseau, et obligent à des investissements complémentaires importants pour renforcer le réseau et rajouter des lignes.
Le troisième EPR fabriqué en Chine lui tient le budget, et pourrait être terminé légèrement en avance sur la planning prévu. Ce n’est pas seulement les Chinois qui ont construit plus vite, dans des conditions qu’on peut mettre en cause, les entreprises françaises impliquées ont bénéficié du retour d’expérience des 2 premiers et ont elles aussi réalisées leur partie nettement plus rapidement que pour Flamanville et Olkiluoto.
Et puis éolien et solaire produisent au moment où ils veulent, pas où on a besoin. Par exemple, dimanche dernier le 17, pendant tout le moment où l’éolien et le solaire allemand ont produit, les producteurs ont été payé le tarif garanti à plus de 80€ pour l’éolien, et nettement plus pour le solaire, mais les prix spot de marché pendant ce temps ont varié entre 10 et 20€. Par contre, tard le soir , les deux ont arrêté de produire, et le prix spot est monté à 50€. Ces variations de prix spot matérialisent la conséquence de ne pouvoir choisir à quel moment on produit, et la conséquence en terme de difficulté pour que la production soit rentable même si le coût d’amortissement du MWh produit parait initialement comparable.
Evidemment avec les tarifs d’achat garantis les investisseurs n’ont pas à se poser cette question, c’est les consommateurs qui paient le prix de l’écart sur leur facture électrique.
http://energie-verte.blogspot.fr/2008/06/cout-energie-eolienne.html
En 2008, le prix d’un parc éolien onshore (terrestre) vendu clé en main est facturé entre 1,4 et 1,6 millions d’euros le MW. L’implantation offshore coûte environ 2,6 millions d’euros par MW. Même si le régime des vents plus important en mer permet d’assurer un fonctionnement annuel équivalent à 3400 heures à plein régime, l’exploitation d’éoliennes en mer est plus couteuse en raison des coûts d’installation, de raccordement et de maintenance.
Le prix des centrales nucléaires est d’environ 3 M€ le MW (plus cher pour l’EPR) , et il faut investir 1,7 M€ par Mw pour construire une centrale charbon ou à gaz
Il ne faut pas oublier de tenir compte du coefficient de disponibilité de la source de production (80% pour le nucléaire contre 25% pour l’éolien). On obtient alors le vrai coût de l’énergie, a vos calculette….