Mise en service en 1971, la centrale de Martigues est la première centrale au fioul de France à être transformée en centrale à cycle combinée. La centrale ainsi modernisée sera à la fois moins polluante et plus performante.
Le 3 mars dernier, la tranche 1 de la centrale de Martigues, n’est plus en fonctionnement. Depuis cette date, la production d’électricité à partir de la combustion de fioul a cessé sur ce site.
Mais l’arrêt des tranches fioul ne signifie pas la fin d’activité de la centrale. Des investissements ont été réalisés pour moderniser la centrale : les nouvelles installations, deux cycles combiné gaz, seront plus puissantes et moins polluantes.
Le 28 mai, les deux turbo-alternateurs du premier cycle combiné gaz de la centrale de Martigues ont été couplés au réseau. Cette date marque le début d’une phase de test avant la mise en service définitive prévue cet été.
Le second cycle combiné gaz sera couplé au réseau début 2013.
Cette reconversion est donc une première en France. Elle entre dans la cadre de la modernisation du parc thermique à flamme d’EDF : un programme d’investissements a été lancé en 2007 afin de rendre les centrales thermiques, qui constituent toujours un élément indispensable du mix électrique français pour répondre aux pics de consommation et autres aléas de production, plus respectueuses de l’environnement.
Le site de Martigues présentait de nombreuses caractéristiques favorables à une telle transformation appelée « repowering » : source de refroidissement disponible (la centrale est située en bord de mer), existence de lignes électriques pour transporter l’énergie, présence de certains équipements réutilisables (turbo-alternateur, turbine à vapeur…).
De plus, la modernisation de la centrale permet de pérenniser plus de cinquante emplois sur place.
Le coût des travaux, qui ont mobilisé 900 personnes, est de 400 millions d’euros.
L’un des principaux buts du programme de modernisation du parc thermique français est de réduire les émissions polluantes des centrales.
Le gaz naturel, qui plus est combiné à la vapeur, est un combustible beaucoup moins polluant que le fioul.
Suite à la transformation de Martigues, les émissions de dioxyde d’azote seront divisées par 8, celles de dioxyde de carbone divisées par deux, alors que les émissions de dioxyde de soufre et de poussières seront presque totalement supprimées.
De plus la technologie du cycle combiné permet d’améliorer le rendement de la centrale, de 35 à 56%, car dans un cyclé combiné, la turbine à vapeur permet de produire de l’électricité supplémentaire à partir de la chaleur issue des gaz sortant de la turbine à combustion.
Pour plus d’informations sur le fonctionnement des centrales thermiques à cycle combiné voir notre article sur le sujet.
Chacun des deux cycles combinés de Martigues est composé d’une turbine à vapeur TAV Rateau Schneider Alstom 181 MW et d’une turbine à combustion TAC General Electric 284 MW.
La centrale sera plus puissante dans sa nouvelle configuration, avec un total de 930 MW (465 MW par cycle combiné) contre 750 MW auparavant (les trois anciennes unités de production fioul, d’une puissance unitaire de 250 MW).
Cette modernisation va bénéficier à la région : sachant que la PACA ne couvre que 40% de ses besoins, la centrale reconvertie et plus performante permettra de sécuriser davantage l’alimentation en électricité de la région.
La centrale de Martigues gardera sa vocation initiale. Elle sera utilisée pour un fonctionnement en semi-base, environ 4.000 heures par an, notamment pour répondre aux pics de consommation.
Alors que Martigues a été sollicité 140 fois en 2010, soit 6% de la production annuelle de la région, la centrale reconvertie devrait être utilisée entre 200 et 220 fois.
Cela sera possible grâce à une bonne réactivité du matériel : la centrale mettra 4 à 5 h pour attendre sa pleine puissance, contre 8 heures dans l’ancienne configuration.
Les deux cycles combinés de la centrale de Martigues devraient être exploitée pendant 25 ans