Bâtiments à énergie positive : l’habitat producteur d’énergie

Les bâtiments à énergie positive sont des bâtiments qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Encore peu répandus, en raison de leur coût et du manque de retour d’expérience, ils pourraient se généraliser dans le futur, sachant que le logement et le tertiaire représentent environ 40% de la consommation totale d’énergie.

Un bâtiment à énergie positive est un bâtiment qui produit plus d’énergie (électricité, chauffage, eau chaude) qu’il n’en consomme. Cette différence est généralement calculée sur un an.

Si la différence de consommation est constatée sur des délais courts, on utilise alors le terme de bâtiment autonome.

Le développement des bâtiments à énergie positive constitue un enjeu important sachant que les bâtiments consomment environ 40% de la consommation d’énergie totale en France et en Europe, et qu’ils sont à l’origine d’environ 40% des émissions de co2.

Un bâtiment à énergie positive est nécessairement un bâtiment à très faible consommation énergétique : l’habitat passif en Allemagne (les dépenses de chauffage d’un habitat passif sont réduites de 80% par rapport à une maison neuve répondant aux normes d’isolation de 1995) ou la Haute Qualité Environnementale en France.

Les principes de l’habitat passif :  

- isolation thermique très performante (triple vitrage), et suppression des ponts thermiques

- étanchéité de l’air très performante

- système de ventilation double-flux avec récupération de chaleur pour restreindre les déperditions thermiques

- utilisation d’appareils ménagers économes, de moyens d’éclairage économiques (LED)

-une architecture adaptée, dite bioclimatique : orientation optimale pour bénéficier au mieux des rayons solaires, vitres à qualité isolante qui sont plus grandes sur la face sud, et plus petites au nord, protection solaire pour éviter les chaleurs excessives en été et le recours à la climatisation.

La production d’énergie :

En plus de disposer des caractéristiques de l’habitat passif, un bâtiment à énergie positive est équipé de moyens de production énergétique verts : cellules photovoltaïques, micro-éolien, géothermie, panneaux solaires thermiques…

Le bâtiment à énergie positive peut aussi être équipé d’un système de récupération et d’utilisation des eaux de pluies, voir d’un système d’épuration naturelle par lagunage.

Le surplus d’énergie est soit stocké pour une utilisation ultérieure, soit fourni aux bâtiments avoisinants, soit injecté dans le réseau d’électricité.

Les bâtiments à énergie positive pourront être reliés aux smart grids, les réseaux électriques intelligents qui vont se développer.

En France :

L’habitat passif et les bâtiments à énergie positive sont le plus développés en Allemagne et en Europe du Nord. En France, le développement des bâtiments a énergie positive et des diverses technologies liées est assuré par deux entités : la fondation « bâtiment énergie » qui regroupe Arcelor, EDF, GDF et Lafarge, et le programme PREBAT, lancé en 2005 et piloté par cinq ministères (logement, équipement, écologie, recherche, industrie) et cinq agences nationales (ADEME, ANAH, ANR, ANRU et OSEA Anvar).

Le premier bâtiment à énergie positive a été construit en France en 2000. Les technologies n’étant pas encore toutes optimisées, des retours d’expérience sont encore nécessaire. De plus le coût d’un bâtiment de ce type est encore élevé. La France ne compte donc pas encore beaucoup de bâtiments à énergie positive : on peut citer le projet Solaris de Clamart ou le Green Office réalisé par Bouygues Immobilier à Meudon.

Mais cela pourrait rapidement changer : la réglementation évolue, et les critères d’un bâtiment à énergie positive pourraient être obligatoires pour toutes les constructions neuves à partir de 2020, dans le cadre de la réglementation thermique 2020 (RT 2020).

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