Centrale de Penly : trois enjeux pour la sûreté nucléaire

Les départs de feu qui ont provoqué jeudi l’arrêt automatique du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Penly, puis une fuite d’eau radioactive, posent trois questions en matière de sûreté nucléaire : l’intégrité du réacteur a-t-elle été mise en danger par l’incendie ; quelles sont les conséquences des fuites ; qu’en est-il du refroidissement du réacteur.

Des départs de feu rapidement maîtrisés

Selon les premiers éléments disponibles, des dégagements de fumée dans le bâtiment réacteur ont provoqué en début d’après-midi l’arrêt automatique du réacteur 2, conformément aux procédures prévues. Deux départs de feu ont été rapidement maîtrisés par les pompiers dépêchés sur place.

Le début d’incendie, toujours selon les premiers éléments disponibles, aurait été causé par une avarie sur l’une des quatre pompes de refroidissement du réacteur. Une avarie d’huile a été évoquée.

Pour l’heure, rien ne laisse penser que ces départs de feu aient pu, à un moment ou un autre, mettre en danger la sûreté des installations de la centrale.

Une fuite d’eau radioactive

Conséquence directe de l’avarie probable de l’une des pompes de refroidissement, la centrale a connu une fuite d’eau radioactive. Selon EDF, « un défaut a été identifié sur un joint de l’une des quatre pompes de refroidissement du circuit primaire », qui est en contact direct avec le combustible radioactif, provoquant une fuite d’eau radioactive.

Ce type de fuite est prévu dans les protocoles de sûreté nucléaire et, bien que rate et très sérieux, n’a pas d’impact sur l’environnement car les eaux radioactives sont « collectées dans des réservoirs prévus à cet effet ». La fuite a été maîtrisée dans la nuit de jeudi à vendredi par les équipes de la centrale.

Le refroidissement du réacteur

La question centrale de l’incendie en matière de sûreté nucléaire demeure la capacité des équipes de Penly à maintenir le refroidissement du réacteur, malgré un incendie dans le bâtiment réacteur et la perte de l’une des pompes de refroidissement.

Selon EDF, le refroidissement « n’a pas été perturbé » par ces évènements qui n’ont eu « aucune conséquence sur l’environnement ».

Le réacteur 2 de la centrale de Penly demeure malgré tout à l’arrêt et aucune date de remise en marche n’a été avancée par l’exploitant ou les autorités de sûreté nucléaires.

Un « évènement » classé en niveau 1 de l’échelle INES

« L’évènement » nucléaire (terme générique utilisé pour éviter un emploi inadéquat de termes comme accidents ou incidents nucléaires) de Penly a été classé provisoirement au niveau 1 de l’échelle INES (qui va jusqu’à 7).

Selon la nomenclature de l’INES, un évènement de niveau 1 correspond à une « anomalie » nucléaire, n’ayant pas d’impact direct en matière de sûreté nucléaire mais fragilisant temporairement les systèmes de sûreté d’une installation.

Une réaction sur Centrale de Penly : trois enjeux pour la sûreté nucléaire

  1. D’incidents en accidents, cela peu devenir grave. Et les risques augmentent avec 58 réacteurs nucléaires un peu partout en France.

    http://energeia.voila.net/nucle/france_58_reacteurs.htm

    Un tiers de ces réacteurs ont dépassé la durée de vie pour laquelle ils ont été conçus, trente ans.

    Ceux de Nogent, sur la Seine entre Troyes et Paris, pourraient avoir des conséquences difficiles à évaluer s’il leur arrivait la même chose qu’au Japon il y a un an.

    Si le sens du vent est le plus habituel, c’est Troyes qui prend. Si le sens du vent tourne vers l’ouest, c’est Paris !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>