Depuis la directive européenne de 1996 lançant la libéralisation de l’électricité, un marché concurrentiel a émergé en Europe. Si le marché européen de l’électricité est un enjeu stratégique, ce n’est pas seulement en terme de structure de marché. L’enjeu pour l’Europe, c’est aussi de se doter d’un réseau électrique européen complet et sécurisé.
L’électricité ouverte à la concurrence
La directive européenne de 1996 supprime les monopoles nationaux dans la production et la vente d’électricité. Chaque fournisseur électrique doit pouvoir bénéficier d’un libre accès au réseau électrique. Réciproquement, chaque consommateur peut librement choisir son fournisseur électrique.
C’est une directive européenne de 2003 qui va organiser cette ouverture du marché : en 2004 pour les clients professionnels (entreprises et collectivités) et en 2007 pour les particuliers. L’interconnexion des réseaux nationaux des pays européens s’est considérablement renforcée depuis, permettant des échanges transfrontaliers à l’occasion de pics de consommation par exemple.
Des infrastructures qui s’ouvrent au réseau européen
Le marché européen de l’électricité repose aussi sur des infrastructures dont le développement est imposé par la demande croissante d’électricité, mais surtout par le renforcement des énergies renouvelables (éolien offshore en Mer du Nord, solaire et éolien dans le sud de l’Europe) dans le mix électrique européen.
Cette tendance s’inscrit dans la stratégie « Europe 2020″ : d’ici 2020, les énergies renouvelables doivent représenter 20 % de la production totale d’énergie. Cette stratégie est renforcée par la nécessité de garantir la présence d’un réseau de transport d’électricité fiable et capable d’alimenter plus de 525 millions d’habitants, conformément au plan European network of transmission system operators for electricity (ENTSO-E) présenté en 2010.
Dans le cadre du programme de la Commission européenne pour développer des réseaux énergétiques transeuropéens, les réseaux électriques CENTREL (Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie) et NORDEL (Scandinavie) ont déjà été raccordés au réseau électrique européen. Et à plus long terme, 500 projets d’investissements ont été adoptés sur dix ans pour un total de 23 et 28 milliards d’euros et 35 000 km de lignes construites.
Enfin en terme d’infrastructure, le marché européen des réseaux électriques intelligents (smart grids) va se développer. En Europe, ce marché devrait atteindre 3,2 milliards d’euros en 2012 et 6,8 milliards d’euros en 2016.
Néanmoins, les projets d’infrastructures énergétiques européens n’avancent pas aussi vite qu’ils le devraient. Des lourdeurs administratives et un déficit de coordination avec les autorités locales limitent encore le développement la mise en place d’un véritable marché électrique européen.