Centrale du Blayais : le renforcement des protections depuis la tempête

Avant même la catastrophe japonaise, la France avait renforcé les systèmes de protection de ses installations nucléaires, notamment pour faire face au risque d’inondation. La centrale du Blayais, particulièrement touchée par la tempête de 1999 a depuis vu ses dispositifs réhaussés.

 

 

Lors de la tempête de 1999, la centrale du Blayais a connu une inondation partielle : dans la nuit du 26 au 27 décembre,  les eaux de l’estuaire de la Gironde sont montées, atteignant 4,40 mètres au maximum. Or la digue de protection de la centrale faisait 5,20 mètres de hauteur, et c’est en réalité la force de la houle qui a causé l’inondation partielle. De l’eau a également pu s’infiltrer en sous-sol des bâtiments industriels.

Cette inondation partielle fut sans conséquence pour la sûreté du site : le plan d’urgence à été mis en œuvre normalement, les différents systèmes de sécurité ont fonctionné et les réacteurs ont été arrêtés en raison de la perte du réseau électrique. La perte partielle des stations de pompage a été colmatée grâce aux tambours filtrants.

Cet événement a été classé comme « incident » par l’INES (l’échelle internationale des évènements nucléaires), soit le niveau 2 sur une échelle qui en compte 7.

Bine que sans danger avéré pour les installations du Blayais, cet évènement de nature exceptionnelle n’est pas resté sans suite : EDF a pris trois nouvelles mesures sur le site pour protéger davantage la centrale du risque d’inondation. Ce retour d’expérience a servi aux autres centrales nucléaires françaises.

Suite à la tempête de 1999, les digues ont été rehaussées à 8,50 mètres en front de Gironde et renforcée par un enrochement de blocs de 1,5 à 2,5 tonnes.

Cette digue connaît un tassement naturel qui n’influe par sur la solidité de l’ouvrage. L’altimétrie est vérifiée deux fois par an par la Division Technique Générale d’EDF.

À l’arrière du site, la digue a également été rehaussée, à 5,75 mètre, et le talus a aussi été renforcé par des rochers. En cas de très forte tempête, ces travaux empêcheront la houle de pouvoir franchir les digues autrement qu’à un niveau résiduel.

Le risque de tsunami n’a pas été négligé au Blayais, comme pour toutes les centrales côtières. Mais il s’avère que compte tenu du contexte géologique et géophysique français, la hauteur de vagues d’un tsunami n’excéderait pas celle liée au cumul d’une tempête milléniale et de la plus forte marée atmosphérique. Un risque pris en compte dans la conception de la centrale et des digues de protection.

En sous-sol, les galeries techniques ont été compartimentées pour éviter la propagation de l’eau en cas d’inondation. Elles peuvent résister à une montée des eaux de 50 centimètres de hauteur.

Les stations de pompage et les entrées des bâtiments industriels sont désormais en mesure d’être spécifiquement protégées grâce à des masques à pose rapide.

Et pour éviter le risque d’infiltration lié à une monté de la nappe phréatique, les installations les plus sensibles ont été rendues étanche.

Un dispositif d’alerte météo existe sur le site depuis janvier 2000. Il s’agit d’une surveillance permanente, en partenariat avec Météo France. Dès que la vitesse du vent dépasse les 70 kilomètres/heure, les réacteurs sont arrêtés par prévention et les équipes d’astreinte sont à disposition avant une éventuelle inondation de la route d’accès à la centrale.

Le risque d’inondation est pris en compte dès la construction des centrales : la centrale du Blayais, comme les autres centrales française été construite  à une hauteur supérieure à la côte majorée de sécurité, conformément aux exigences de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Mais EDF s’adapte constamment aux évolutions en termes de sécurité nucléaire. Les normes de construction et de sécurité nucléaire sont revues au moins tous les dix ans, et 100 millions d’euros ont été investis depuis 1999 sur l’ensemble du parc français pour des vérifications et des modifications liées au risque d’inondation, toujours en accord avec l’ASN.

Et comme, aussi exigeant soit-il, le niveau de sécurité d’une centrale nucléaire n’est jamais figé, le site du Blayais a pris en compte d’autres mesures à mettre en œuvre : le renforcement des contrôles  périodiques des équipements et matériels assurant l’étanchéité des bâtiments, le renforcement de la robustesse de l’alimentation électrique des pompes de vidange de la station de pompage et des moyens mobiles de pompage du site.

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