Fermeture de sept centrales nucléaires : quel manque à gagner pour la production électrique allemande ?

Suite à l’accident de Fuskushima, l’Allemagne a décidé de fermer ses dix-sept centrales à fission nucléaire d’ici 2022. Dès le mois de mars, les sept plus vieux réacteurs ont été fermés, puis la centrale de Krümmel. A combien s’élève la perte pour la production électrique allemande ?

 

 

 

Quelles centrales sont concernées ? 
Huit réacteurs nucléaires ont été mis en service en Allemagne avant la fin 1980 et ont été fermés par le gouvernement d’Angela Merkel : l’un dans le Schleswig-Holstein (nord), l’un en Basse-Saxe (nord-ouest), deux en Hesse (ouest), deux au Bade-Wurtemberg (sud-ouest), une à Hambourg et un en Bavière (sud).
Les fermetures affectent les quatre opérateurs de centrales nucléaires en Allemagne: une filiale du groupe suédois Vattenfall, les groupes privés allemands EON et RWE, et enfin le groupe public régional allemand EnBW.
Quelle production d’électricité en moins ?
La puissance de base totale de l’année 2010, c’est-à-dire la production fiable d’électricité sur l’ensemble de l’année pendant au moins 7 500 heures a été de 40 500 MW, dont 19 400 MW par les centrales au lignite et 2 400 MW par les centrales hydrauliques au fil de l’eau.

Comme l’explique Günther Keil, porte-parole de l’AGEU, groupement d’ingénieurs et physiciens allemands actifs dans le domaine du nucléaire, les 17 centrales disposent d’une puissance totale de 20 480 MW. Les 8 centrales arrêtées totalisaient 8 422 MW.

Après la fermeture de ces centrales, la production a chuté à 32 000 MW. Le secteur de l’électricité estime le besoin à 57 000 MW en base pour l’hiver en Allemagne. En été, c’est 34 000 MW.

Il faut donc produire en hiver 25 000 MW qu’il faut produire par d’autres sources en plus de la production de base restante (auparavant, c’était seulement 16 500).

Les surcoûts dus à l’arrêt des exportations et aux importations de courant se montent à 7 millions d’euros par jour.

Avant la mi-mars, les exportations quotidiennes de courant de l’Allemagne se chiffraient entre 100 000 et 180 000 MWh, ce qui correspond en moyenne à une puissance exportée de 5 800 MW.

Depuis le 15 mars, l’Allemagne importe 60 000 à 70 000 MWh par jour, principalement de France ou de République Tchèque, ce qui correspond à une puissance de 2 700 MW.

Si on fait la somme du courant que l’Allemagne n’exporte plus et du courant importé, on obtient à peu près la puissance supprimée : 8 000 MW. 8 000 MW sont donc manquants dans la production électrique allemande depuis la fermeture des 8 centrales.

 

 

Une réaction sur Fermeture de sept centrales nucléaires : quel manque à gagner pour la production électrique allemande ?

  1.  » Si l’on compare les échanges d’électricité entre la France et l’Allemagne, avant et après l’arrêt des huit réacteurs allemands, pour des périodes identiques d’une année à l’autre, on constate que les exportations d’électricité de la France vers l’Allemagne n’ont pas augmenté. Seules les importations de la France depuis l’Allemagne ont diminué.  »

    Statistiques ici : http://energeia.voila.net/electri/france_allemagne.htm

    Cette réalité statistique change des discours entendus en France depuis six mois.

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