L’énergie marémotrice : un potentiel difficile à exploiter

L’énergie marémotrice exploite la force des marées. Elle existe sous deux formes : l’énergie potentielle, qui exploite les variations de niveau de la mer et l’énergie cinétique, qui exploite la force des courants liés aux marées.

 

 

 

 

L’énergie marémotrice est l’énergie issue du mouvement des marées. Appelée énergie potentielle, elle est issue des variations du niveau de la mer. Ce principe existe depuis le Moyen-âge, avec l’utilisation de moulins à marée dès le 12ème siècle sur l’Adour.

Les exploitations marémotrices modernes fonctionnent grâce à un barrage, construit dans une baie ou un estuaire. Le barrage forme un bassin, isolé de la mer, qui permet d’utiliser l’énergie des marées grâce au principe des vases communicants.

A marée montantes, les vannes du barrage sont ouvertes, et le bassin se remplit. Le barrage est fermé quand la marée est à son niveau maximal.

A marée descendante, après que la mer soit suffisamment redescendue pour avoir une différence de niveau d’eau significative,  l’eau du bassin est reversée dans la mer à travers des turbines qui fabriquent de l’électricité.

Il existe également un cycle à double effet, dont le fonctionnement diffère du cycle à simple effet décrit précédemment. Dans ce cas, les vannes du barrage sont fermées à marée montante pour créer une différence de niveau d’eau entre le bassin et la mer. Quand la mer est à son niveau le plus haut, les vannes sont ouvertes, et en se déversant dans le bassin, l’eau génère de l’électricité via les turbines.

A marée descendante, le système fonctionne selon le même mode que lors d’un cycle à simple effet, c’est-à-dire que l’eau du bassin se déverse dans la mer en passant à nouveau à travers les turbines.

Contrairement à l’énergie éolienne et solaire, l’énergie marémotrice à l’avantage d’être parfaitement prédictible, puisqu’ on peut connaître l’ampleur des marées précisément et longtemps à l’avance.

De plus il s’agit d’une énergie propre et inépuisable.

Enfin, dans ce type d’installation, le risque de rupture du barrage est proche de nul.

L’exploitation de l’énergie potentielle des marées comportent néanmoins de nombreux inconvénients.

Elle nécessite des aménagements conséquents qui perturbent l’équilibre écologique de la baie ou de l’estuaire. Le barrage provoque une accumulation de vase en amont de l’estuaire qui perturbe la navigation. De plus, le barrage empêche de nombreuses espèces de poissons de circuler entre le fleuve et la mer.

Et même si cette énergie est prédictible en fonction des cycles des marées, la production est limitée à 4 ou 5 heures par jour.

 

 

Compte tenu des nombreux inconvénients liés à ce type d’installations, la plupart des gros projets d’énergie potentielle, exploitant les variations de niveau entre la mer et le bassin, ont été abandonnés. Désormais la recherche se concentre sur l’énergie cinétique, soit l’énergie provenant de la force des courants sous-marins créés par les marées.

Le principe de l’exploitation de l’énergie cinétique consiste à mettre en place une « éolienne sous-marine », appelé hydrolienne, ou une turbine sous-marine. La force du courant des marées actionnent les pales des hydroliennes ou des turbines. Il existe de nombreux projet d’énergie cinétique, notamment au Royaume-Uni ou en Corée. Un prototype est déjà opérationnel en Norvège, à Hammerfest.

Ce système à l’avantage de moins perturber l’environnement. De plus l’énergie des courants marins représente un potentiel énergétique énorme, estimé à 2 Gtep (pour information, la consommation d’énergie de l’humanité entière est de 10 Gtep).

Mais cette énergie devrait être relativement  chère à produire, compte tenu des difficultés de mettre en place ce type d’installations et sachant que l’entretien et la maintenance en milieu sous-marin n’est pas sans poser de problèmes. Il faut également prendre en compte la corrosion.

2 réactions sur L’énergie marémotrice : un potentiel difficile à exploiter

  1. Quels sont les capacités et autonomies de l’énergie marémotrice?

  2. L’énergie potentielle des marées peut être récupérer bien plus facilement, efficacement et économiquement qu’avec le procédé des barrages avec les procédés STSMC et STSMI (ce sont des procédés séquentiels directs et indirects qui ne nécessitent pas l’existence d’une baie). Ceux-ci sont ainsi à même d’être rapidement opérationnels pour couvrir les besoins énergétiques de la France (ainsi que ceux de l’Angleterre et des pays bénéficiant de marnages (mêmes moitié moindre que Baie de la Rance), donc de pouvoir se passer de l’énergie nucléaire et des énergies fossiles. Est-ce pourquoi « on » (l’industrie) ne veut ou n’ose pas s’y intéresser ?
    Pour en savoir plus sur cette « invention » – qui pourrait être l’invention du siècle – voir au site web ci-dessus désigné les articles qui lui sont consacrés, dont certains ont été adresser aux ministères concernés, ou contacter le 06 78 58 96 21.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>