Quel lien entre le nucléaire et la consommation de pétrole ?

Comme la plupart des pays, la France est fortement dépendante du pétrole. Cependant, depuis plusieurs années, la part du pétrole dans le mix énergétique baisse au profit de l’électricité. Ainsi, l’usage de l’électricité, notamment nucléaire, en France permet de faire baisser la consommation de pétrole.

Selon le site du ministère de l’Environnement, la consommation totale d’énergie primaire, corrigée du climat, s’est établie à 259,3 Mtep en 2009, en forte baisse de 5,3 % par rapport à 2008. Les énergies renouvelables (y compris les déchets valorisés) sont la seule forme d’énergie à progresser en 2009 ( + 3,9 %) mais elle ne représente que 6,2 % de la consommation primaire totale.

La consommation de pétrole est toujours en baisse situant à 82,7 Mtep (- 6,3 % par rapport à 2008). La part du pétrole a poursuivi son déclin et représente 31,9 % de la consommation d’énergie primaire en France.

En 1973, la France consommait 122 millions de tonnes de pétrole. En 2009, elle n’en consommait plus que 83 millions de tonnes, soit une baisse de près d’un tiers.

La consommation pétrolière a diminué dans tous les secteurs de l’économie. Des baisses respectives de 10,3 % et 34,7 % ont affecté sensiblement la branche énergie (centrales électriques et raffineries) et la consommation non-énergétique (pétrochimie).

Dans le même temps, entre 1973 et 2009, le parc d’automobiles et de camions a pratiquement doublé, passant de 20 millions à plus de 35 millions entre 1980 et 2009.

Baisse de la consommation de pétrole ne signifie pas baisse de la consommation de carburants. La consommation totale des carburants des voitures et camions (Super, essence sans plomb, gazole, GPL) a quasiment doublé depuis 1973.

Comme le graphique le montre, la consommation de fioul lourd a fortement baissé et le fioul domestique a presque été divisé par deux. Ces baisses se sont notamment produites entre 1979 et 1985, au moment où les centrales nucléaires commandéees en 1974 et 1979 commencent à entrer en service. En 1973, les grosses centrales électriques fonctionnant au fioul, comme celle de Porcheville (4 fois 600 MW pour alimenter Paris), brûlaient des millions de tonnes de pétrole et produisait la majeure partie de l’électricité.

 

 

Dans le même temps, la consommation d’électricité a fortement augmenté en étant multipliée par 3 depuis 1973. En 2009, elle s’est élevée à 479 TWh.

 

 

 

 

 

En 2008, le résidentiel et le tertiaire consomment la majeure partie de cette électricité et ce, avec une progression constante depuis plusieurs années.

Or, ces secteurs ont vu leur consommation de pétrole massivement baisser. Le secteur résidentiel-tertiaire représente 15,2 % du total de la consommation de pétrole avec une  baisse de 4,7 % en 2009.

 

 

 

 

En 1974, le programme électronucléaire est né afin d’améliorer l’indépendance énergétique du pays. Ce taux qui compare la production nationale primaire à la consommation primaire est passé de 23 % en 1974 à plus de 50 % en 1995 et se situe toujours aux alentours selon l’INSEE

L’augmentation de la consommation de gaz (passé de 13 millions de tonnes en 1973 à 39 millions de tonnes en 2008 mais qui a baissé en 2009) oblige à préciser que l’électricité seule ne s’est pas substituée au pétrole, quand dans le même temps la consommation d’énergie totale augmentait de près d’un tiers entre 1973 et 2008.

 

Cependant, même s’il est difficile de chiffrer très exactement les parts respectives du gaz et de l’électricité dans la diminution spectaculaire de la consommation de pétrole, l’électricité -et donc le nucléaire, représentant 75,1% de la production d’électricité- a eu le plus grand rôle puisque c’est l’énergie qui a le plus augmenté de 1973 à nos jours, autrement dit qui a le plus contribué à la substitution au pétrole et au charbon sans que les services auxquels ces ressources participaient (chaleur, production d’électricité, motorisation…) diminuent.

 


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