1200 éoliennes off-shore d’ici 2020 : un projet colossal

Le 11 juillet dernier, le gouvernement a annoncé l’appel d’offres pour un projet de construction de 600 éoliennes off-shore (ou éoliennes en mer). Alors qu’il est utilisé pour la production d’électricité depuis plusieurs années en Europe du Nord, l’éolien en mer n’est pas encore présent en France, bien que notre territoire dispose d’un potentiel très intéressant en la matière. Ce projet d’éolien off-shore a beau être le tout premier, il n’en est pas moins très important. Au terme de la première phase du projet, 600 éoliennes seront installées au large des côtes françaises, et on en attend le double d’ici 2020. Nous détaillerons ici les éléments de la première phase du projet, et nous évoquerons la seconde phase qui contribuera grandement aux objectifs de 23% d’énergie renouvelables pour 2020.

La première phase du projet comprend 600 éoliennes, dont la puissance totale, 3000 MW, devrait être équivalente à celle de deux réacteurs nucléaires de type EPR. Avec un tel parc, la France dépasserait virtuellement la capacité totale de chacun des autres pays européens, mais l’éolien off-shore est également amené à se développer fortement dans ces pays d’ici la mise en service du parc français. Les 600 éoliennes produiront un total de 3GW, soit 1,75 % de la consommation française.

Les éoliennes seront installées dans des eaux peu profondes, entre 20 et 40 mètres de profondeur, à une dizaine de kilomètres de la côte.

Les premières éoliennes seront construites à partir d’avril 2015. Elles auront une hauteur totale de 110 mètres et les hélices devraient avoir un diamètre de 78 mètres. Chaque éolienne produira entre 2 et 5 MW.

Le coût du projet est estimé à 10 milliards d’euros  (20 milliards en incluant la deuxième phase, qui ferra l’objet d’un second appel d’offres).

Cinq sites ont été retenus pour l’installation des éoliennes qui occuperont une surface totale de 533 km2 :  110km2 au large du Tréport (Seine-Maritime-Somme) pour une puissance comprise entre 600 MW et 750 MW, 88 km2 au large de Fécamp (Seine-Maritime) pour une puissance comprise entre 480 et 500 MW,  77 km2 au large de Courseulles-sur-Mer (Calvados) pour une puissance comprise entre 420 MW et 500 MW, 180 km2 au large de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) pour une puissance comprise entre 480 MW et 500 MW, et 78 km2  au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour une puissance comprise entre 420 MW et 750 MW.

Tous les plus grands opérateurs énergétiques européens sont candidats à l’appel d’offres lancé le 11 juillet, dont les français EDF énergies nouvelles, Alstom et GDF Suez.

Les projets seront sélectionnés en fonction de trois facteurs : la qualité du projet industriel et social, le prix d’achat de l’électricité proposée, et le respect de l’environnement maritime et des zones de pêches.

Le prix du KWh produit par ces éoliennes devrait se situé entre 17 et 18 centimes. Elles seront rentables en dix ans, sachant que l’éolien est l’énergie renouvelable la plus compétitive après l’énergie hydraulique.

Les investissements engagés devraient engendrer un surcoût pour le consommateur estimé à 25 euros par ménage par an.

Le gouvernement ambitionne de créer une vraie filière éolienne off-shore en France. Les groupes hexagonaux devront se frotter au savoir-faire de groupes européens (notamment danois ou britanniques) qui possèdent plus d’expérience en la matière.

Selon le Ministre de l’industrie Eric Besson, l’objectif est de créer une filière industrielle compétitive,  afin de positionner la France en tant que leader mondial de l’éolien offshore.

En incluant la deuxième phase du projet, la filière industrielle des éoliennes off-shore aboutira à la création de 10.000 emplois durables, selon la ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet.

La seconde phase du projet ferra l’objet d’un autre appel d’offres sur 600 nouvelles éoliennes, pour un total de 1.200 éoliennes off-shore et une puissance de 6000 MW installés d’ici 2020.

L’éolien offshore contribuera à hauteur de 20% au objectif du Grenelle de l’environnement en terme d’augmentation de la part des énergies renouvelables, qui, pour rappel, est de 23% de la consommation d’énergie en 2020.

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