EPR : à la fois réacteur et technologie nucléaire

L’EPR (Réacteur à Eau Pressurisée) est à la fois un réacteur nucléaire de troisième génération développé par l’industrie nucléaire française (Areva et EDF) et une technologie nouvelle en matière de conception de centrales nucléaires qui pourrait notamment être intégrée à des réacteurs moins puissants.

Le réacteur EPR : +36% de production annuelle

Développé conjointement par EDF et Areva, le réacteur EPR est actuellement en construction en France (Flamanville) et en Finlande (Olkiluoto). Des accords ont également été conclus pour la construction de ce type de réacteur en Chine et en France (Penly), et des négociations sont en cours pour la construction d’EPR en Grande-Bretagne, en Afrique du Sud, en Inde et au Brésil.

Le réacteur EPR est le réacteur nucléaire le plus puissant jamais mis au point. Il a une puissance de 1650 MW, contre 1500 MW pour les réacteurs français les plus récents et autour de 1000 MW pour la majorité des réacteurs construits à travers le monde. Selon l’opérateur (EDF), l’EPR aura « un rendement amélioré ».

Il doit permettre d’atteindre un taux de disponibilité de 91 %, « notamment grâce à une réduction de la durée moyenne des périodes d’arrêt pour rechargement du combustible, à sûreté équivalente. Cette durée sera réduite à 16 jours contre 30 à 45 jours aujourd’hui selon les différents types de centrales du parc. La production annuelle d’électricité sera ainsi augmentée de 36 % par rapport aux réacteurs actuels », précise EDF.

La technologie EPR : l’accent mis sur le renforcement de la sûreté nucléaire

Contrairement à ce qui peut se lire, la technologie EPR ne représente pas d’avancées technologique majeure, mais des évolutions, notamment en matière de sûreté nucléaire et de normes environnementales.

La technologie EPR a été conçue afin de renforcer la sûreté nucléaire, en dotant chaque réacteur de 4 systèmes de sauvegarde (deux fois plus que dans les autres centrales) pouvant  »assurer chacun seul à 100 % l’une des deux fonctions de sûreté essentielles : l’arrêt de la réaction nucléaire et le refroidissement du réacteur ».

Par ailleurs, la technologie EPR prévoit l’installation d’une double enceinte de confinement afin d’éviter les rejets de vapeurs radioactives en cas d’accident nucléaire (comme cela a été le cas à Fukushima) ainsi que d’un récupérateur de corium pour éviter toute contamination des sols en cas de fusion du coeur du réacteur.

Enfin, la technologie d‘EPR doit permettre d’optimiser les performances environnementales du nucléaire en offrant notamment une diminution de 17% de la consommation de combustible par rapport aux réacteurs de 1 300 MW et une baisse de 30% de la production de déchets radioactifs.

La contestation de l’EPR

Les avancées de la technologie et des réacteurs EPR sont toutefois contestés par les associations anti-nucléaires qui déplorent que la mise en service en 2016 de l’EPR de Flamanville repoussera une sortie du nucléaire en France à l’horizon de 2070.

Ces associations dénoncent également le coût du projet EPR, estimé à 6 milliards d’euros.

Une réaction sur EPR : à la fois réacteur et technologie nucléaire

  1. On ne parle pas du prix du kWh ou du MWh en sortie de ce réacteur, s’il est effectivement mis en service en décembre 2016 comme annoncé aux dernières nouvelles, avec son coût de six milliards d’euros.

    Une évaluation a été faite ici : http://energeia.voila.net/nucle/reacteurs_trop_chers.htm

    Cela donne 81 euros/MWh. C’est dans la fourchette supérieure de ce qu’indique la banque UBS pour les réacteurs récents en construction ou en projet.

    Souvent repoussés aux calendes grecques ou abandonnés en Amérique du Nord !

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