Les contraintes environnementales de l’hydroélectricité

L’hydroélectricité est la première source d’électricité renouvelable en France. Mais cette énergie a peu de sens si elle ne soutient pas la durabilité des écosystèmes qui dépendent de l’eau. C’est la raison pour laquelle des contraintes environnementales sont fixées par la loi pour assurer le bon état des cours d’eau et la préservation de la biodiversité.

En France, l’hydroélectricité fait l’objet d’une réglementation spécifique régie par la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 septembre 2006. Cette loi se compose de plusieurs contraintes écologiques et environnementales pour l’hydroélectricité qui sont tout à fait compréhensibles dans un contexte de préservation ou de restauration de l’état des masses d’eaux de surfaces. Cette loi est la transposition en droit français d’un texte européen : la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) d’octobre 2000 qui fixe l’objectif d’atteindre un « bon état écologique » des eaux d’ici 2015.

En application du Grenelle sur l’environnement, la France est engagée depuis 2008 dans un plan de relance de l’hydroélectricité. Ce plan vise à mobiliser le potentiel de cette énergie renouvelable afin d’accroitre ses performances énergétiques. Parallèlement, la modernisation des installations doit se faire selon les normes Haute qualité environnementale (HQE). D’ici 2015, ces installations doivent ainsi mieux s’intégrer dans leur environnement naturel afin d’atteindre l’objectif de la DCE, fixé à 66 % de masses d’eau en bon état d’ici 2015.

Ces textes prévoient un ensemble de mesures destinées à garantir le « bon état écologique » des eaux d’ici 2015. Ils prévoient notamment des tranches d’eau réservées pour les ouvrages hydroélectriques avec l’impératif qu’ils respectent le maintien des équilibres écologiques et la satisfaction des usages prioritaires, en eau potable notamment.

Les ouvrages hydrauliques doivent respecter un débit minimal obligatoire de 10 % du débit moyen du cours d’eau. Ce « débit réservé » permet ainsi d’assurer la pérennité des écosystèmes (espèces animales et végétales) en conservant un débit minimum biologique qui permet en permanence la vie, la circulation et la reproduction des espèces aquatiques ou dépendantes de l’eau.

Pour les poissons migrateurs, les ouvrages hydroélectriques doivent se composer de systèmes de franchissement. Sur ses installations, EDF a ainsi construit une soixantaine de passes, glissières, échelles et ascenseurs à poissons.

En amont du barrage hydroélectrique, dans les lacs de retenue, des opérations de curages permettent d’évacuer une grande partie des sédiments qui s’accumulent devant les barrages et entraînent une réduction des capacités de stockage. Par ces opérations, le lit de la rivière et réalimenter en matières fines et en graviers.

L’hydroélectricité se doit également de concilier la production électrique avec les autres activités dépendent de l’eau : agriculture, industrie, approvisionnement en eau potable, loisirs, autant d’activités qui doivent coexister avec les ouvrages hydroélectriques. Certains aménagements hydroélectriques comportent ainsi dans leur cahier des charges ou dans des conventions signées avec les autres acteurs de la rivière des dispositions en faveur des autres usagers de l’eau.

Enfin, des dispositions spécifiques sont prévues en cas de sécheresse. La gestion des ouvrages hydroélectriques s’adapte et s’ajuste au fil de l’eau, en intégrant l’évolution très régulière des prévisions météorologiques.

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