Le nucléaire et l’emploi

« La sortie du nucléaire menace 1 million d’emplois » affirme Henri Proglio. « Faux », lui répond Eva Joly, qui cite le chiffre de 125 000 emplois seulement. D’où viennent ces chiffres? Explications.

 

125 000 emplois directs…

Les grands acteurs du secteur, comme EDF, Areva ou encore le Commissariat à l’Energie Atomique, ont chacun recours à plus d’un millier de fournisseurs. Parmi ces fournisseurs, 454 entreprises ont développé un savoir-faire spécifique. En termes d’emplois directs, 125 000 (soit le chiffre d’Eva Joly) sont spécifiquement dédiés au nucléaire en France, soit environ 4% de l’emploi industriel français et à peu près l’équivalent du secteur aéronautique. Le secteur automobile génère, lui, 229 000 emplois mais en a déjà perdu 70 000 depuis 2005.

 

… mais 410 000 emplois en comptant les emplois indirects et induits

La filière électronucléaire porte au total 2% des 25,7 millions d’emplois en France, soit 410 000 emplois. Les emplois indirects sont les emplois soutenus par les commandes aux entreprises fournisseurs en dehors de la filière. Les emplois induits sont les emplois alimentés par les dépenses des employés. Une sortie du nucléaire ne concernerait pas que les entreprises du nucléaire mais également les entreprises dépendantes économiquement des entreprises du secteur nucléaire.

 

Quelles perspectives de développement ?

Pour la période allant de 2009 à 2030, on estime à une fourchette comprise entre 70 000 et 115 000 emplois supplémentaires qui pourraient être créés en France, dont environ 30 000 emplois directs. A l’échelle européenne, de 107 000 à 150 000 emplois pourraient être créés, dont 40 000 emplois directs. La capacité d’activité à l’export de la filière représente une capacité de 100 000 emplois supplémentaires en se basant sur un scénario d’ambition raisonnable de ventes de 4 EPR au Royaume-Uni, 4 en Chine et 4 en Pologne ou en Turquie.

 

Jusqu’à un million d’emplois concernés 

L’Union des industries utilisatrices d’énergie (Uniden), qui réunit  37 membres, dont les géants industriels de l’automobile (Renault, Peugeot Citroën), de la chimie (Air Liquide, Arkema, Total…) de la métallurgie (ArcelorMittal, Vallourec…), ou encore la SNCF et Areva, estime qu’une « sortie du nucléaire en France entraînerait de nouvelles délocalisations en faisant fuir les industries fortement consommatrices d’électricité ». L’atout compétitivité du prix de l’électricité nucléaire contribue en effet à la pérennité de près de 500 000 emplois dans les autres secteurs qui seraient directement menacés si le prix de l’électricité devait être aligné sur la moyenne européenne. Ajoutés aux 410 000 emplois directs, indirects et induits et aux emplois pouvant être créés en France d’ici 2030, on obtient le chiffre d’un million.

On peut donc dire que la question du nucléaire concerne et menace jusqu’à un million d’emplois. Cela peut paraître surprenant… mais Eva Joly et Henri Proglio ont tous les deux raison. Les calculs sont juste différents.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>