Quelle sous-traitance après Fukushima ?

Le secteur du nucléaire nécessite une main-d’œuvre hautement qualifiée et très compétente. C’est pour cela que les opérateurs font souvent appels à des prestataires pour s’occuper de la maintenance des centrales. Après l’accident de Fukushima, EDF a décidé de revoir certaines règles de sous-traitance, interdisant notamment la sous-traitance en cascade.

Les opérateurs des centrales nucléaires confient la majeure partie des interventions en arrêt de tranche à des entreprises extérieures. Ce choix industriel leur permet de gérer la pointe d’activité saisonnière. Les arrêts sont déterminés par des contraintes de consommation et non pas de production. Ils sont réalisés pendant les mois d’été où la demande d’électricité est moins forte. Cette sous-traitance permet également de disposer de techniciens très compétents travaillant soit pour les constructeurs dont le savoir-faire et l’expertise sont difficilement remplaçables, soit dans des entreprises très spécialisées qui développent aussi des solutions pour d’autres clients, ce qui leur permet d’entretenir et d’améliorer leur savoir-faire, d’avoir aussi une  très riche ouverture.

Salariés de l’opérateur et sous-traitants sont soumis aux mêmes conditions d’intervention, bénéficient d’une même protection vis-à-vis des risques, de formations identiques et d’un même suivi médical, quel que soit leur statut.

Cependant, après l’accident de Fukushima, EDF a lancé des évaluations complémentaires de sûreté, analysant notamment le recours à la sous-traitance.

L’examen du recours aux entreprises prestataires porte sur 4 volets:
- le périmètre des activités concernées
- les modalités de sélection des entreprises
- les dispositions prises pour permettre des conditions d’intervention satisfaisantes pour les entreprises prestataires ;
- la description des modalités de surveillance des activités sous-traitées.

Le groupe a choisi de renoncer à la sous-traitance en cascade, c’est-à-dire des sous-traitants faisant eux-mêmes appel à d’autres sous-traitants.

A présent, pour les travaux de maintenance, le nombre de niveaux de fournisseurs sera limité à trois, alors que les cascades atteignaient parfois sept niveaux. Chaque titulaire d’un marché signé avec EDF ne pourra ainsi s’autoriser que 2 niveaux de sous-traitance. A présent, un fournisseur comme Bouygues ou Areva pourra faire appel à un prestataire qui ne pourra plus se reposer que sur un autre prestataire. Cela afin de rendre la sous-traitance davantage responsable et d’assurer une plus grande sécurité sur les sites.

Une réaction sur Quelle sous-traitance après Fukushima ?

  1. Avant de tirer à boulet rouge sur la sous traitance, il conviendrait de remettre en question les compétences de l’opérateur historique …
    Non seulement, il n’est que rarement capable mais en plus il préfère laisser les doses pour les prestataires, considérant les entreprises intervenantes comme de la chair à neutron.
    Ce sont les sous traitants qui font tourner les centrales en France et pas EDF.

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