Comment développer les énergies renouvelables en Outre-mer ?

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) vient de faire part d’une étude sur le développement des énergies renouvelables en Outre-Mer. Ces territoires, très dépendants de l’importation des énergies fossiles ont réussi à dépasser leur isolement en pariant sur les énergies renouvelables, mais doivent poursuivre leurs efforts.


Les territoires d’Outre-mer dépendent des énergies fossiles à hauteur de 90%. Ils ont développé des solutions énergétiques alternatives pour rompre leur handicap. La Guadeloupe a misé sur la biomasse et la géothermie, la Réunion et la Guyane sur l’énergie hydraulique et Mayotte sur l’énergie photovoltaïque.

 

Les combinaisons énergétiques de ces territoires diffèrent donc de celles de la France métropolitaine. Les besoins en carburant et électricité ne cessent d’augmenter, ce que le Cese analyse comme un effet de « rattrapage » des moyennes de consommations plus soutenues dans les métropoles de l’hexagone.
La loi Grenelle 1 vise à renforcer l’indépendance énergétique de ces territoires. Quelques mesures ont été prises pour atteindre cet objectif mais un travail considérable en termes de pilotage et d’investissement reste à fournir. Le rapport insiste sur le fait que l’Outre-mer est capable de devenir un fer de lance en matière de recherche et d’application industrielle : « Il existe là un enjeu industriel, particulièrement pour le tissu de PME travaillant dans le secteur ».

 

Pour dynamiser la recherche, le Cese recommande de renforcer  la collaboration entre pôles de compétitivité de métropole (pôles Mer en Bretagne et Paca) et centres de recherches ultramarins. Pour contribuer à résoudre le problème du stockage des énergies intermittentes, au cœur des problématiques, le Cese appelle de ses vœux une généralisation des « schémas directeurs de stockage », à l’instar de ce qu’a fait La Réunion.
Le rapport propose quelques solutions, en rappelant par exemple qu’ »à l’instar des lacs de barrage, qui stockent l’énergie hydroélectrique, les lagons artificiels offrent des possibilités de stockage d’énergie ». Autres pistes : encourager la mise en place de démonstrateurs et muscler l’ingénierie locale. « La formation des porteurs de projets locaux constitue un vrai sujet et mérite sans doute que la métropole s’y intéresse davantage ».

 

Il est nécessaire aussi selon le rapport d’informer et de mobiliser le grand public en développant des espaces d’information et de conseils en énergie. Sur le plan financier, l’Outre-mer bénéficie de tarifs d’achat souvent plus élevés qu’en métropole, ce que le rapport ne souhaite pas changer. Ce serait plutôt la gouvernance qui aurait besoin d’accéder à de nouvelles orientations.

 

En effet, les statuts et compétences des collectivités ultra-marines sont très hétérogènes. « Or cette diversité rend plus complexe une meilleure coordination entre les différents exercices programmatiques : européens, nationaux et locaux », conclut le Cese.

 

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