L’EPR est-il le réacteur nucléaire le plus sûr au monde ?

La question du niveau de sûreté de l’EPR (European Pressurized water Reactor), le réacteur de troisième génération, a été beaucoup évoquée depuis l’accident de Fukushima. Si des responsables politiques ont affirmé que la catastrophe japonaise aurait été évitée avec un EPR, qu’en est-il vraiment ?

Sûreté : les principales évolutions de l’EPR

Si le réacteur EPR a un fonctionnement global comparable aux autres réacteurs à eau pressurisés, il compte trois grandes évolutions technologiques par rapport aux centrales de deuxième génération. Ces évolutions concernent avant tout la sûreté nucléaire, qui a été renforcée :

1) Systèmes de sûreté renforcés : l’EPR a été conçu avec quatre voies pour les circuits d’eau (contre deux dans les réacteurs en exploitation). Ces circuits d’eau, qui jouent un rôle primordial en matière de sûreté nucléaire, sont capables de fonctionner de manière indépendante et répartis dans quatre bâtiments différents afin de minimiser les risques d’inopérabilité.

2) Récupérateur de corium : un récupérateur de corium, ou cendrier, est un réceptacle situé sous la cuve et permettant de récupérer le corium en cas d’accident grave et de fusion du coeur du réacteur afin de le faire refroidir plutôt que de le voir pénétrer dans le sol. L’EPR est le premier et seul réacteur doté de cette technologie qui aurait notamment permis à Fukushima de limiter l’impact environnemental et de radioprotection de l’accident.

3) Double coque de protection : l’enveloppe de béton qui recouvre le réacteur sur les réacteurs de deuxième génération a été doublée afin de limiter les risques de fuite en cas d’accident. Ces deux coques, d’une épaisseur de 1,30 mètres chacune (conçue pour résister à un crash d’avion gros-porteur), ont non seulement été prévues pour protéger le réacteur, mais également la salle de commande et la piscine de stockage du combustible. L’ensemble de ces mesures auraient permis aux techniciens de Fukushima d’intervenir dans des conditions de radioprotection beaucoup plus favorables et auraient évité la dégradation de l’état de la piscine de stockage observée au Japon.

 

EPR : des performances améliorées

Si l’EPR ne présente pas de rupture technologique par rapport aux générateurs de deuxième génération, l’amélioration des modes de production permet tout de même d’optimiser de 30% les performances du réacteur avec la même quantité de combustible consommée.

L’EPR est également légèrement plus puissant que les autres réacteurs en activité, avec une puissance de 1600 MW (contre 1450 MW pour les plus puissants à l’heure actuelle).

Enfin, la durée de vie d’une centrale EPR est estimée à 60 ans contre 40 ans pour les réacteurs deuxième génération.

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